‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 285 sur 380 · I.' Harlcnbcrg, Les tlmlilcs cl la timidité, p. i8i · texte numérisé non relu

I.' Harlcnbcrg, Les tlmlilcs cl la timidité, p. i8i

576 THÉORIES PATHOfiÈNIQUES

je fais ; je me demande pourquoi les descendants d'Adam et d'Eve ont une nature si diflerente de celle de leurs premiers parents? Pourquoi dégénérons-nous puisque nos premiers parents étaient bons? Que sera-ce alors dans les temps futurs? Pourquoi Dieu nous a-t-il rendus responsables des fautes d'Adam et d'Eve? J'ai limpression que je tombe dans le fatalisme, qu'un destin pèse sur moi et m'empêche de penser comme je le veux. Et moi qui voulais simplement faire une petite prière et me sentir confiante ! » On a remarqué, avec raison qu'il y a dans ces phénomènes une exagération de l'association par contraste'. Mais l'exagération de cette association est déjà une marque d'activité mentale inférieure qui se substitue à une activité de tension plus élevée.

Enfin je rappelle seulement ce qui a déjà été longuement démontré, c'est que l'émotion qui s'arrête se transforme en rumination. Lise raconte très bien comment toute émotion, un ennui ou même un plaisir, détermine ses rechutes. « Cela commence par une petite émotion, on dii'^it qu'elle va grandir mais tout d'un coup ^le s'arrête, elle ne va pas jusqu'à moi, il me semble qu'elle disparaît et je reste plongée dans mes idées. » C'est cette même malade qui, dans les douleurs de l'accouchement, ne trouvait qu'une seule chose de terrible, les interminables idées que ces douleurs amènent avec elles.

Pour montrer que dans ces cas, la rumination mentale est la conséquence de l'arrêt des phénomènes primaires, attention ou émotion réelle, il faudrait répéter les mêmes arguments que précédemment. Cette rumination ne survient que si le phénomène primaire s'arrête et on peut toujours constater avant qu'elle ne survienne des signes de cet arrêt. Nous avons montré que le sentiment de « déjà-vu » est un signr Ae cette absence de réalité dans la perception, on a souvent noté que ce sentiment est suivi par de l'agitation mentale : « Pendant un moment, dit M. Lalande, j'ai eu l'impression que j'avais déjà vu tout cela et il se produisit dans mon esprit un tel tourbillon de souvenirs et d'images que je crus devenir fou^ » On note toujours ce tourbillon de pensées à la suite des doutes, des sentiments de dépersonnalisation ^.

Au contraire, si le phénomène primaire arrive à se développer,

1. Paulhan, L'activité mentale et les éléments de l'esprit, p. 8/42 (Paris, F. Alcan).

2. Bernard-Leroy, L'illusion de fausse reconnaissance, p. 126 (Paris, F. Alcan).

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