Interprétation des troubles systématisés
Qiiellp que soit l'imporlance qu'on accorde à ces grands phénomènes généraux qui remplissent les crises de psycholepsie, les sentiments d'incomplétudc, et les agitations forcées, îl est évident que l'interprétation de ces faits nous laisse assez loin de l'obsédé et du phobique, tel qu'il se présente le plus couramment quand la maladie est avancép.
Les phénomènes précédents ont le grand caractère d'être vagues et diffus, ce sont des affaiblissements de toute la pensée, une faiblesse générale de la volonté et des sentiments, des mouvements exagérés et désordonnés, des rêveries continues et innombrables, des émotions de tout l'organisme. Or, en pratique un très grand nombre de sujets protestent quand on interprète ainsi leur maladie : « ils ne sont pas, disent-ils, incapables de toute volonté, ils savent agir dans beaucoup de cas et actuellement encore ils exercent une profession et dirigent leur ménage, ils n'ont pas dans leurs crises des agitations physiques ou morales diffuses. C'est une certaine action qui leur est devenue impossible, un certain mouvement qui se transforme en tic, une certaine opération mentale qui les tourmente par sa répétition, un certain objet qui provoque leurs angoisses et rien que lui. » En un mot à la forme diffuse de la maladie se surajoute la forme précise et systématique. Bien des auteurs sentent parfaitement que la forme systématisée sort de la forme diffuse. MM. Pitres et Régis ont beaucoup insisté sur ce point, mais la plupart se bornent à constater la transformation et ne cherchent guère à l'expliquer.
Dans cette svstématisation de la maladie il y a deux aspects et deux formes différentes à considérer. Ce qui se précise d'abord c'est le phénomène primaire, point de départ de la^ crise de psycholepsie. Ce ne sont plus tous les actes, mais un acte