INTERPRÉTATION DES TROURLES SYSTÉMATISÉS
il arrive très souvent que les premières crises établissent d'une manière à peu près définitive la forme des manies et que plus tard les crises nouvelles, même déterminées dans d'autres conditions, conservent sous l'influence de 1 habitude la forme des premières.
Les tics sont des dérivations motrices systématisées, ce sont de petits mouvements qui reproduisent en les réduisant certains actes. La raison principale de cette systématisation me paraît être dans les manies mentales précédentes qui accompagnent toujours au moins en germe le développement des tics. Le premier groupe, le plus simple, est celui des efforts, ce sont des crises de grande agitation qui ne sont que légèrement systématisées par une idée directrice, celle de faire un effort. On voit là ce travail pour parvenir à l'adaptation sur lequel j'ai insisté. Nous trouvons ensuite les tics de perfectionnements qui sont tous inspirés par les manies de précision, comme on le voit dans les tics de se tàter, de se toucher le corps, de remuer les yeux pour savoir s'ils sont égarés (Ul...), de secouer la tête pour savoir si on y a du mal.
D'autres sont en rapport avec la manie du symbole « fermer le poing c'est comme si je disais : je ne crois pas en Dieu » (Lod...), c( se gratter le nez, c'est comme si on se laissait aller au plaisir génital » (Jean). Un très grand nombre de tics sont en rapport avec la manie des procédés comme les éructations de Rai... qui veut ainsi mieux respirer.
Nous avons vu ensuite les tics de défense, les mouvements pour repousser, le petit v hem, hem », pour cracher une épingle de la gorge, l'écartement des jambes de Jean pour lutter ■ contre la masturbation, les manies de compensation et de réparation y jouent un grand rôle.
On pourra facilement appliquer ces quelques principes à la description des nombreuses manies et des tics que nous avons cités. On verra toujours comment l'effort du sujet, pour échapper aux sentiments d'incomplétude, se combine avec la situation donnée pour former cette systématisation.
Pour terminer l'étude de ces théories pathogéniques, il ne
• LES OBSESSIO.NS. 1. 38
39i THÈOHIKS l'ATHOGÉNIQUES
nous reste plus qu'un dernier prol)lème, c'est celui de l'idée même qui est obsédante, du contenu de l'obsession proprement dite. Ce n'est plus une opération mentale qui se répète, une agitation motrice ou viscérale, c'est une idée bien précise, représentant dans l'esprit du sujet un objet ou un fait déterminé. Comment les malades en arrivent-ils à concevoir cette idée et comment prend-elle dans leur esprit les caractères qui en font une obsession psychasthénique.