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mômes idées. Précisément parce qu'il est toujours très disposé à ■ céder à l'habitude ; il y obéit plus que jamais dans les dérivations et quand il a commencé une fois une crise d'une manière il y a bien des chances po'ur qu'il fusse toutes les autres sur le même modèle.
Le troisième principe sera celui de la meilleure adaptation possible : il est nécessaire de l'expliquer davantage. Le point de départ de la crise est une action insuffisante et cette adaptation incomplète s'accompagne de sentiments d'incomplétude extrêmement pénibles. Il y a là un état d'inquiétude très douloureux, qui pousse le sujet à chercher par tous les moyens possibles à en sortir. Cette douleur ne nous a pas paru être suffisante pour déterminer à elle toute seule toute la dérivation ; mais l'agitation mentale et physique existant réellement, cette douleur que ressent le sujet doit jouer un rôle pour la diriger en tel ou tel sens. L^ sujet est mal à son aise et en même temps son esprit est agité, se remplit de pansées de toutes espèces. Dans quel sens vont se diriger ses pensées? Les pensées vont être orientées vers la considération de ce malaise et vers la recherche des moyens pour en sortir ; les agitations vont être dans la mesure du possible, un effort pour parvenir à l'adaptation complète. Elles n'arrivent pas au résultat à cause de l'insufTisance mais elles vont être aussi près que possible de cette adaptation.
Il en résulte que, sauf dans les cas de grande confusion, les dérivations vont toujours avoir un certain rapport avec le phénomène primaire qui n'a pas pu être achevé. Si le point de départ est un acte insuffisant, il y aura dans la dérivation des efforts intellectuels et physiques en rapport avec l'acte. S'il s'agit d'une idée sur laquelle la certitude a été impossible, il v aura un travail en rapport avec la recherche de la certitude ; c'est là ce qui donne naissance à des tics et à des manies particulières.
Le premier de ces principes semble déterminer d'une manière générale la disposition aux grandes catégories de réaction. Il est bien difficile d'expliquer autrement que par des dispositions individuelles la manière dont un homme réagit à l'inquiétude, soit par des agitations physiques, soit par des angoisses viscérales, soit par des ruminations mentales. Nous retrouverons davantage l'application des deux autres principes dans les formes particulières que prennent chacune des réactions.
INTEHFHKTATIOX DES TROUBLES SYSTÉMATISÉS M»l
Les angoisses présentent peu de systématisation, les difterences qu'elles présentent tiennent plutôt à la différence des objets qui sei'vent de point de départ à la crise, différence que nous avons étudiée sous le nom de spécialisation de l'insuffisance. Ainsi, les algies forment un groupe de phénomènes assez distinct, leur caractère distinctif n'est pas dû à une modification de l'angoisse fondamentale, mais à 1 association de cette angoisse avec les sensations provenant d'une partie déterminée du corps. Il en résulte que les algies sont ou peuvent être plus continues que les autres phobies, puisque leur cause est toujours présente. On^peut dire aussi que cette intervention d'une partie du corps détermine quelque modification du phénomène : les angoisses liées avec des sensations cutanées comme dans les diverses derinatophobies contiennent plutôt du'prurit, celles qui sont liées avec les sensations tournies parla poitrine ou par le cœur donnent une place plus importante aux étoufiements, celles qui sont en rapport avec les organes sexuels renferment souvent des sensations spéciales d'excitation, comme on l'a vu. dans la maladie de Jean. La svstématisation ici se rapproche beaucoup de la spécialisation.
Dans les diverses phobies intervient aussi beaucoup la pensée de l'acte qui sert de point de départ. Quelquefois il y a au début un sentiment particulier d'incomplétude qui donne à l'angoisse une nuance spéciale, les agoraphobes ont souvent avec leurs angoisses le sentiment d'être isolés, d'être absolument seuls au monde, d'être en dehors de l'univers (Cas...). D'autres sentiments d'humiliation (Vof. ..), de crainte, de colère, peuvent modifier l'angoisse tondamentale. Je remarque en effet que chez quehjues personnes, comme Cos... (177), femme de ^/i ans et Yod..., probablement à cause d'un caractère irritable antérieur, l'angoisse donne au sujet l'impression qu'il est en colère. Ce fait est loin d'être insignifiant à cause des obsessions que le sujet ne va pas tarder à en tirer.
Enfin dans certains cas, le malade prétend éprouver une émotion tout àfait spéciale. Nous avons vu la description singulière de ce que Lae... appelle « l'émotion du chien enragé », émotion qui vient remplacer tous les sentiments en rapport avec la réalite. L'analyse de cette émotion du chien enragé nous montre cepen- <lant les mêmes troubles de la respiration et du cœur « une crisj)ation des nerfs, un petit tournoiement du ventre et le sentiment qu'un chien lèche le bout des doigts ». Il n'v a guère en réalité que cette dernière sensation qui soit bien spéciale. C est une
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interprétation intellectuelle, comme on en verni clans l'étude des obsessions, qui vient systématiser l'angoisse.
Les manies mentales sont le phénomène de dérivation le mieux systématisé et qui semble présenter la plus, grande variété. Cette systématisation. me paraît dépendre du troisième principe: l'cilort vers la meilleure adaptation possible. Si au point de départ de la crise il s'agit d'une action à accomplir le sujet gardera l'habitude d'avoir un certain nombre de ruminations qui concernent les actes, il présentera la manie de la délibération, toutes les manies qui ont rapport aux précautions et aux procédés, la manie de la lenteur, la manie de la répétition, du rctom- en arrière, la manie de la perfection, de surveillance de soi-même, la manie des serments, etc.,
S-il s'agit d'un acte négatif, cest-à-dire d'une action à repousser, ces mêmes manies présenteront une légère variante : ce seront surtout les manies de compensation, les manies de réparation, les pactes pour se menacer de quelque danger si on se laisse aller à l'action, les manies d'expiation et dé conjuration.
Si au début de la maladie il s'agit surtout d'idées, de croyances, d'efibrts d'attention qui n'aboutissent pas, nous rentrerons dans le groupe des manies de précision ; ce seront les manies de la répétition, de l'ordre, du contraste, du svmbole, qui joueront le plus grand rôle. Dans ces manies à point de départ intellectuel il faut encore tenir compte de ce fait que l'esprit se préoccupe davantage du passé, du présent ou de l'avenir. S'il s'agit du passé, nous aurons des interrogations, des recherches indéfinies du souvenir, des manies de remémoration ; s'il s'agit du présent, nous aurons les manies d'interrogation du sort. S'il s'agit de l'avenir, surviendra la manie des présages, des pressentiments etc. Une inquiétude plus grave au point de départ, chez un esprit plus cultivé, donnera lieu aux manies des explications et aux manies de l'infini.
Or, les malades sont plus ou moins disposés h penser de telle ou telle manière : nous avons déjà remarqué comme un fait singulier que Xyb... vit toujours dans le passé et ]Mw... dans l'avenir. 11 en résulte tout naturellement que la forme de leurs manies sera un peu diilerente et se systématisera dans tel ou tel sens. Bien entendu le même sujet peut passer par la plupart des manies et, suivant qu il s'agit d une hésitation sur un acte ou d'une absence de croyance, il aura la mnnie d<'s procédés ou la manie des interrogations ; mais