‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 300 sur 380 · Blaisp, L'impulsion. Tlièse, Paris, 188G · texte numérisé non relu

Blaisp, L'impulsion. Tlièse, Paris, 188G

3. Philip Coombs Knupp, Tho insanity of doiibt. Ainvricun Journal of psychnlogy, 1890. Ann. méd. psych., 1891, II, 343. ,

LA REPRÉSENTATION ANATOMlnUE DES THÉORIES 613

parce qu'il y a déséquilibration, déshannonie entre les différents territoires nerveux, prépondérance de l'un d'entre eux aux dépens des autres ' ».

Enfin MM. Vallon et Marie, en interprétant quelques obsessions, font les remarques suivantes : « d'une façon générale les obsessions peuvent être considérées comme des excitations non diflusées à l'ensemble des centres nerveux, mais irradiées parliellement en un sens particulier. Les phénomènes secondaires sont d'autant plus intenses que l'irradiation est plus limitée à telle sphère déterminée. S'agit-il de la sphère cœnesthésique on aura les obsessions émotionnelles ; s'agit-il de la sphère sensitivo-sensorielle, on aura les obsessions hallucinatoires ; s'agit-il de la sphère motrice, on aura les obsessions impulsives ; s'agit-il de la sphèrâ psychique, on aura les obsessions intellectuelles ^. »

Ce langage en apparence anatomique ajoute-t-il quelque chose aux descriptions et aux classifications cliniques des obsessions ? J'avoue que je n'en suis pas convaincu. Je ne vois pas bien quel avantage on trouve à exprimer les conclusions psychologiques dérivées d'une observation qui n'est encore et qui ne peut être que psychologique en un autre langage bien plus hypothétique. Pourquoi mêler le problème de la nature des centre corticaux, de leur rôle dans la pensée avec l'interprétation des obsessions ? Sait-on bien s'il y a un centre spécial pour chaque idée, et chaque fonction psychologique? Sait-on s'ils ne collaborent pas tous dans chaque pensée ? Que de problèmes on ajoute inutilement à celui que l'on étudiait.

Pour moi, je ne puis croire qu'il soit possible d'expliquer aucune des obsessions ou des impulsions que j'ai décrites dans cet ouvrage par l'irritation localisée d'un centre cortical, à moins que l'on ne transforme complètement le sens que les physiologistes donnent à ce mot, centre cortical, et que l'on n'entre complètement dans le domaine de la fantaisie. Pour prendre un exemple parmi les plus simplets, l'éreutophobie ne peut aucunement être présentée comme une maladie du centre de la rougeur du visage. Imaginez le trouble vaso-moteur de la face le plus

1. Bourdin. L'impulsion spécialement dans ses rapports avec le crime. Thèse, Paris,

2. ^^:^llon et Marie, Contribution à rélnde de cpielcjues obsessions. XIl^ Congres

de médecine de Moscou, iSy^,

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énorme, se prodiiisiml par suite rriiiie lésion centrale comme une épilejisie .lacksonienne, ce ne sera aucunement de l'éreuti.phobie. L'obsession de la rougeur est une pensée qui vient dans l'esprit du sujet pour expliquer au moyen d'un trouble plus ou moins réel de la face, d'innombrables sentiments de gône, de difiiculté, d'arrêt, de honte, qui surviennent en lui depuis longtemps à propos des actes sociaux.

Ce qui serait peut-être le plus troublé chez l'éreutophobe ce serait le centre des mouvements, puisqu'il y a une aboulie au point de départ. Mais il ne peut s'agir du centre des mouvements quelconques, car le trouble n'existe que dans les mouvements sociaux. Il va falloir revenir comme Gall au centre de la sociabilité et il va falloir combiner ce centre avec tous les autres, car non seulement les mouvements, mais les sensations, les souvenirs, les attentions, les pensées sont gênées, quand le malade est en public. Il en résulte que ce centre malade devra contenir une partie de tous les autres et s'étendra à toute l'écorce. De telles explications doivent être repoussées, car, au milieu de beaucoup d'autres inconvénients, elles présentent surtout ce grand danger, c'est qu'elles ont l'air de fournir une explication et qu'elles essaient de masquer notre ignorance.

Un dernier groupe de conceptions anatomiques me paraît plus intéressant, ce sont celles qui admettent une lésion générale du cerveau, soit une malformation qui réduirait les centres supérieurs, soit plutôt un an'aiblissement général de toute l'écorce. Laycock parlait déjà en i84d d'un trouble chimique qui prédisposait à la fixité des phénomènes cérébraux'. H. Jackson admet une dissolution des centres les plus élevés, avec prédominance des moins hautement organisés^. M. Féré parle souvent d'une atténuation générale des fonctions du cerveau. M., de Flcury admet dans la neurasthénie un épuisement nerveux général qui ne s'adresse pas à tel ou tel territoire en particulier.

J'ai déjà indiqué que si l'on ne craint pas les hypothèses prématurées on pouvait essayer d'imaginer une diminution de la tension neiveuse en la rapprochant de phénomènes analogues, présentés par le courant électrique ou par la chaleur. On peut ajouter peutêtre que cette diminution de tension est relative à l'étendue des

I. Citô par Hack-Tuke, Brain, 189/I, p. 19a. a. Jackson, Brain, i8yii, p. ig^-

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