‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 315 sur 380 · Pitres cl Régis, op. cit.. p · texte numérisé non relu

Pitres cl Régis, op. cit.. p

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rMiMin'sics et piieumoriies. 3

Tuljerculoso 2

bariole n

Typhoïde i r

Accidents nerveux rjt

Puberté tardive ul dysinciiorrliée 2

Onanisme 7

Grossesse /j

Fausses conche. l'I liémorragies 3

Accouchement i

Allaitement o

Ménopause 3

Il est évident que l'influence de beaucoup de ces causes est loin d'être directe, je suis disposé à croire que plusieurs de ces accidents sont déjà la première manifestation de la maladie et non sa cause. Il en est ainsi probablement pour plusieurs des troubles gastriques, pour plusieurs des cas d'onanisme et pour ce que nous avons appelé accidents nerveux, les sommeils que présentait Gisèle, les crises convulsives de Vod..., etc. Il est probable que ces accidents ont été considérés à tort comme hystériques et qu'ils étaient déjà des crises d'engourdissement ou d'agitation comme en présentent les psvchasthéniques. Il est probable aussi que beaucoup de ces accidents n'ont pas agi comme cause phvsique mais uniquement par lémotion, par le choc moral qui les accompagnaient, il en est ainsi pour ces blessures à la main faites par une aiguille, pour l'eczéma du périnée chez Vor..., pour la syphilis ch^z Tk..., pour plusieurs des accouchements.

Cependant un certain nombre de ces phénomènes ont une action bien certaine, le surmenage chez Ez..., qui soigne.son mari nuit et jour pendant 5 mois et qui commence immédiatement après une aboulie à l'âge de 3o ans quand rien n'existait auparavant, la syphilis d'une femme de 28 ans accompagnée d'anémie, c'est le seul cas d'ailleurs où j'aie vu la névrose céder complètement au traitement spécifique de la syphilis.

La fièvre typhoïde qui se rencontre dans un si grand nombre de cas joue un rôle incontestable. Trois fois j'ai vu des personnes de trente ans présentant très peu d'antécédents héréditaires, d'une santé morale antérieure très complète, ètretransformées par la fièvre typhoïde et devenir rapidement aboulitjuos, doiiloms, obsédés.

La puberté n'agit évidemment que chez les j>rédisposés, on peut dire cependant que l'apparition tardive des règles vers 16

LKS CO.NDITIUXS PHYSIQUES DETi- RUINANTES 631

ou i8 ans, les douleurs qui accompagnent la dysniénonhée ne sont pas sans avoir une influence directe.

L accouchement, surtout lorsque, comme chez Fok..., il se complique d'accidents infectieux, est fréquemment le point de dépait d'accidents mentaux graves, quoique la prédisposition ne fût que légère auparavant.

Un problème bien plus intéressant et plus délicat se pose quand on considère l'intluesce de l'onanisme et des divers troubles des fonctions sexuelles. Un grand nombre d'auteurs ont attiré 1 attention sur 1 influence considérable que les fonctions génitales exercent sur les fonctions mentales. Tous les anciens auteurs et en particulier Legrand du Saulle avaient déjà signalé linfluence de l'onanisme. Une belle observation de délire du scrupule qui se trouve rapportée dans le livre curieux de Zimmermann « la Solitude » est rattachée par l'auteur « à cette habitude déplorable' ». Cette influence délétère était donc communément admise mais d'une manière un peu vague.

M. Freud, de Vienne, a essavé de montrer que les névroses et en particulier 1 hvstérie et la névrose d angoisse avaient pour origine exclusive des troubles des fonctions génitales". « L hvstérie aurait pour origine un souvenir inconscient relatif ii la vie sexuelle et remontant ii la première enfance, la neurasthénie serait due au surmenage génital par masturbation excessive et pollutions répétées et la névrose dangoisse proviendrait de la satisfaction incomplète du besoin sexuel \ » L'origine de la maladie qui nous occupe et qui est. comme on la vu, bien voisine de la névrose d'angoisse de Freud serait bieri simple : « Son étiologie spécifique est 1 accumulation de la tension génésique, provoquée par 1 abstinence ou 1 irritation génésique fruste (formule générale pour indi* quer l'effet du coït réservé, de l'impuissance relative du mari, dei excitations des fiancés, de l'abstinence forcée, etc.) ». Plusieurs auteurs ont publié des statistiques curieuses pour montrer le bien fondé de cette interprétation : les plus importantes sont celles de

1. Zimmormann, Ln S'iUtude, p. tô^, mémo opinion dans lo livre <\o M. Dagonel, Maladies mentales. i8c)/i, p. ^a^-

2. Freud (de \iennc). Die sexuelilat in der Œtiologic des neuroseii. Wiener klin. Rundschau. iS{)6, 2, 4, 5, 7. •

3. Les théories de .M. Freud sur ce point sont clairement rrsumées dans le pcht hisloriqiie de la névrose d'angoisse de M- Ilarteiiberg, p. i i.

M. Galtcl', de M. loaniier-, de M. ïschisch% de M. Kish'\ de M. Féré ', etc.

Celte piuposilioii parait au piciuier abord singulière, mais une observation désintéressée montre qu'elle contient certainement une part de vérité. Si on peut avoir des renseignements, des aveux sur la vie sexuelle des malades, on voit qu'elle est presque toujours troublée et qu'elle est bien troublée en efi'et dans le sens qu"iiidi((ue Freud. Ces personnes oui des désirs, souvent même trop Iréqucnts, ils essayent de les satisfaire, mais n'y parviennent que très incomplètement. Les uns le constatent avec résignation, les autres s'en irritent et font des efforts désespérés et ridicules pour retrouver ce Paradis perdu. Chez ceux-ci et à u:i moindre degré, mais d'une manière également certaine, des troubles remarquables, ruminations, agitations, angoisses accompagnent ces excitations sexuelles incomplètes. On peut remarquer, c )nime le dit très bien M. Tournier, que le même trouble existe dans l'amour moral comme dans l'amour physique « cette névrose se réalise, dit-il, chez le jeune homme par besoin sentimental ndn satisfait, par aspiration vers l'amour du cœur... » Nous avons décrit longuement ces besoins du cœur chez les psychasthéniques.

J'admets donc le fait signalé de M. Freud, mais je crois qu'il faut l'interpréter d'une autre manière. M. Freud considère le trouble sexuel, la satisfaction insullisante comme un fait primitif résultant des circonstances extérieures ou de la conduite volontaire du malade, et il admet que c'est cette insuffisance accidentelle des excitations génitales qui détermine de toutes pièces la névrose considérée comme postérieure. Divers auteurs, en particulier M. Lôwenfeld, de Munich \ et M. Hartenberg, ont fait des objections très justes. « La marche de l'affection, dit ce dernier auteur, avec ses améliorations et ses rechutes, ne concorde nullement avec les diverses phases de la vie sexuelle'. » Cela me

I. Gattel, Ueber die schneller Urmche der Neurasthénie und Angstneurose.

u. Tournier, Essai de classiiicalion étiologique des névroses. Archives d'anthropologie criminelle. Lyon, 1 5 janvier 1900.

3. Tscliiscli,C'"mpicA' rendus du IV^ Congres de la Société des médecins russes de hieir, 1)^9(1.

li- Kisti, \cvnise cardim^ue d'origine sexuelle chez la femme, 1897. Cf. llarlcnljcrg, loc. cit.. p. 38.

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