‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 333 sur 380 · I. — La forme aiguë · texte numérisé non relu

I. — La forme aiguë

Il faut distinguer une forme aiguë qui, comme on l'a vu à propos des conditions étiologiques, se développe chez des sujets présentant peu d'antécédents héréditaires et peu de prédisposition par le caractère antérieur, à la suite de maladies infectieuses ou de grands bouleversements moraux. Ces formes appartiennent d'ordinaire au deuxième degré, ce sont des ruminations ou des phobies, elles tourmentent beaucoup le malade pendant cinq à six mois, puis elles s'atténuent, disparaissent pendant quelques jours, réapparaissent affaiblies et après quelques oscillations de ce genre le malade se guérit d'une façon à peu près complète. Tous les auteurs citent des cas où les choses se sont passées de cette manière et où pendant dix ou vingt ans la maladie n'a pas réapparu J'ai observé une vingtaine de cas qui semblent bien être de

ce genre, on les trouvera signalés dans les observations qui constituent le second volume de cet ouvrage.

Je dois avouer, cependant, que pour plusieurs de ces cas, n'ayant pas analysé suffisamment le caractère antérieur, n'ayant pas suffisamment suivi le malade après sa guérison apparente, je conserve quelques doutes. Les cas tout à fait aigus me semblent assez rares. Il semble que cet abaissement spécial de l'esprit exige presque toujours une prédisposition. D'autre part, lorsque l'esprit s'est une lois abaissé de cette manière au-dessous de la tension normale, il se relève difficilement et lentement et surtout il garde une disposition remarquable à s'abaisser de nouveau de la même manière sous la moindre influence. Le plus souvent donc nous avons affaire à des formes chroniques qui durent plusieurs années.

La plupart de ces cas remarquables que nous avons étudiés élurent depuis dix ou vingt ans et souvent depuis l'enfance.

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