I. — Les accidents physiques
J'insisterai peu sur les complications purement organiques, ce qui serait entrer incidemment dans l'étude de tous les ralentissements de la nutrition. J'ai signalé chemin faisant, les troubles digestifs, les troubles circulatoires, les maladies cutanées comme l'eczéma, le rhumatisme chronique déformant qui coexistent souvent avec l'état psychasthénique et qui peuvent dans certains cas prendre un grave développement. Ces troubles de nutrition peuvent comme toujours favoriser toutes les infections et j'ai malheureusement constaté une dizaine de fois la tuberculose pulmonaire qui venait se greffer sur ces affaiblissements. Il faut insister un peu plus sur un accident bizarre qui est plus directement en rapport avec l'engourdissement des fonctions.
La rétention des matières fécales, puis la stercorhémie et les accidents toxiques dus à cette rétention sont assez fréquents et il faut être prévenu de leur extrême gravité. A la suite d'une mauvaise nouvelle Nadia a présenté un engourdissement de ce genre, avec rétention prolongée des matières fécales. Les urines devinrent hémaphéiques, l'amaigrissement et la cachexie furen considérables, il y eut au point de vue mental un état de confusion et de stupeur dont je reparlerai.
Les grands lavements d'huile poussés avec une sonde devenant insuffisants il a fallu pratiquer un véritable curage de la fosse rectale. A la suite de cette opération et sous l'influence des grandes injections de sérum cette malade s'est rétablie, mais, ce qui donne la preuve de l'auto-intoxication, elle a présenté à la suite un névrite périphérique des jambes dont la guérison a été lente. J'ai observé le même accident quoique moins grave chez deux autres malades et je crois qu'il est nécessaire d'eu signaler la gravité.