‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 340 sur 380 · I. Cf. Krafft-Ebing, Psychiatrie, 1897, p · texte numérisé non relu

I. Cf. Krafft-Ebing, Psychiatrie, 1897, p

selon les auteurs précédents, ceux qui sont des obsessions intellectuelles.

J'ai observé 5 cas de mélancolie anxieuse survenant chez des obsédés, dont trois ont guéri, au moins approximativement, dans un cas, après 5 mois d'asile, dans l'autre après lo mois. Une des malades, Brk..., à eu trois rechutes de cette mélancolie. Inversement quand on étudie les mélancoliques délirants on constate très souvent qu'ils ont eu avant leur dernier accès un état prévésanique souvent très long dans lequel ils ont présenté des symptômes de la maladie des obsessions. Dans la thèse de M. Boissier sur la mélancolie et la neurasthénie, je remarque le malade de l'observation I qui a été longtemps aboulique, scrupuleux, méticuleux avant ses accès de mélancolie avec stupeur, le malade de l'observation VIII qui est analogue, le malade de l'observation XII, agoraphobe et claustrophobe avant ses accès de mélancolie \

Les délires systéniatiques ont été plus fréquents dans mes observations, j'ai eu 12' malades qui sont devenus des persécutés. Mais je dois dire que le délire de persécution me semble devoir soulever bien des problèmes psychologiques et qu'il me parait se rapprocher singulièrement des obsessions des scrupuleux. Il y a dans ce délire systématique un certain nombre de symptômes dont il serait nécessaire de faire l'analyse psychologique, pour voir leurs relations avec les phénomènes psychasthéniques. Je reviendrai sur ce problème dans le chapitre suivant à propos du diagnostic, sans pouvoir d'ailleurs le traiter complètement dans cet ouvrage. La transition entre la psychasthénie proprement dite avec conservation de la conscience et les délires systéniatiques se trouve dans une complication très, remarquable que l'on peut appeler délire psychasthénique et que nous allons étudier.

Je voudrais ajouter quelques formes psychopathologiques dont les auteurs ne me paraissent pas parler suflTisamment et qui peuvent survenir au cours du délire du scrupule.

i" Le délire proprement psychasthénique ou la psychasthénie délirante. Un phénomène essentiel caractérisait tous les symptômes psychasthéniques que nous a-^ons appelés normaux, c'est la

1. Fr. Boissier, EuRcii sur la neurasthénie et la mélancolie dépressive considérées dan'ilcir^, rapports ré'-l'irnrjiies. Tli('so, l'nj'i, p. •^'^ et scj.

conservation de la conscience ou mieux, comme nous l'avons dit, de la critique. Les obsessions même les plus graves présentaient toujours des caractères en quelque sorte négatifs: elles n'aboutissaient pas à l'acte, elles ne déterminaient pas de véritables hallucinations, elles n'étaient pas accompagnées de croyances complètes. C'était là le grand caractère de toute la maladie qu'on avait souvent appelée un délire avec conscience, une folie lucide, une maladie du doute. Eh bien, certains malades nous présentent à ce propos un problème fort embarrassant. Par leur évolution, par leurs sentiments d'incomplétude, par leurs manies mentales, par leurs tics, par leurs phobies, par le contenu môme de leurs idées délirantes ce sont bien des psychasthéniques : ils semblent avoir tous les caractères psychologiques de la maladie. Cependant ils semblent avoir dépassé dans leur délire cette période de doute et d'hésitation qui caractérisait les autres malades du même genre. Leur attitude, leur langage et même leur conduite est telle qu'ils semblent aller jusqu'au bout de leurs idées, chercher à les exécuter et surtout les adopter, y croire complètement. J'ai déjà décrit beaucoup de faits de ce genre surtout dans le dernier chapitre du second volume de cet ouvrage. MM. Raymond et Arnaud' ont justement insisté sur des cas identiques ; j'en ai rapporté de nouveaux exemples à la société de psychologie et M. Arnaud a fait sur ce point devant la même société un exposé fort intéressant. Voici un cas remarquable que j'ai étudié avec M. Arnaud: un jeune homme de 22 ans, Nex..., scrupuleux et inquiet depuis l'enfance, est obsédé à 16 ans par des préoccupations génitales, par la crainte de faire des choses immorales avec des femmes, avec ses sœurs et même avec des animaux. Il a de nombreuses phobies, toutes sortes de manies qu'il juge absurdes; il est dans un état constant de doute et d'incertitude et il en a conscience. 11 est lent et maladroit dans toutes ses actions et présente plusieurs formes d'aboulie tout à fait caractéristiques. Il est à ce moment un type complet et indiscutable de la maladie psychasthénique, telle que nous l'avons décrite. Mais à 18 ans ces craintes se sont transformées en idées délirantes. II affirme tout haut qu'à chaque instant il fait ce qu'il appelle des « sottises » : il souille les femmes qu'il rencontre dans la rue à distance ; il les rend enceintes à la distance de plusieurs kilomètres; il

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