I. Raymond. Névroses et psycho-névroses, X907, p
r,74 L'ÉVOLUTION
souille aussi des chiennes, il commet des « saletés » avec des hommes, il projette son sperme au loin, à travers son pantalon et, plusieurs fois, il a « vu nettement » les taches de sperme qu'il venait de répandre sur les vêtements de ces personnes. Là ne se bornent pas ses idées délirantes. 11 dit encore qu'en se promenant dans le voisinage des voies de tramway et de chemin de fer, il lance avec ses pieds des cailloux qui font dérailler les trains, etc. Sur tout cela il est aussi alQrmatif que possible et n'émet jamais aucun doute. Quand on essaye de lui prouver l'absurdité de ses idées, il s'irrite et affirme encore plus énergiquement. Il se considère comme « un être abject, une affreuse canaille qu'on devrait tuer ». Il a eu d'ailleurs des idées de suicide et il a fait des tentatives extrêmement graves. La conviction qu'il a dans ses idées délirantes est telle qu'il semble mettre toute sa conduite exactement en accord avec elle. Non seulement il accepte l'internement dans une maison de santé sans demander jamais sa liberté ; mais il croit encore ne pas être suffisamment protégé contre ses turpitudes, il demande à être enfermé dans un cachot derrière de très hautes murailles. Chose encore plus probante, sa conviction apparaît dans les actes les plus ordinaires de la vie qu'il exécute quand il est tout seul, quand il ne sait pas du tout qu'il est observé. Par exemple, quand il marche seul dans le parc et qu'il aperçoit de loin une femme ou un chien il fait un long détour pour les éviter. Il marche tête baissée, examinant le sol, et il fait à chaque instant de brusques écarts de façon à éviter les pierres qu'il pourrait lancer au loin et qui feraient dérailler un train. En un mot il est par son «évolution antérieure et par le contenu même de ses obsessions criminelles un psychasthénique typique, mais il se conduit comme un délirant systématique.
Autre observation curieuse à laquelle nous avons déjà fait allusion en étudiant l'exécution des impulsions: Omu... est une femme de 87 ans qui se présente à la consultation avec un costume particulièrement pittoresque. En plein hiver elle n'est revêtue que d'une chemise en coton noir, elle marche nu-pieds avec de singulières sandales. Un petit capuchon fait au crochet et toujours en coton noir recouvre sa tête soigneusement rasée ; d'ailleurs tous les poils de son corps sont également rasés. On pourrait faire une foule de remarques sur son costume, sur ses mouchoirs faits au crochet avec de larges trous, sur ses ornements; etc. On trouverait la raison de tous ces détails dans
quelque particularité de ses idées. Son mouchoir bizarre est un emblème médical, il est destiné à lutter contre la propagation de la tuberculose en nous enlevant la mauvaise habitude que nous avons de nous moucher. Ses vêtements léo-ers enseionent un traitementpar le froid. Ils sont faits en coton parce que la laine n'est pas assez perméable aux influences des esprits, de même les poils du corps sont rasés pour ne pas gêner les esprits, etc..
Cette femme vous laoonte qu'elle voit les esprits la nuit sous forme de globes lumineux, qu'elle converse avec eux au moyen de l'écriture médianimique. En un mot elle nous présente en apparence un délire systématique complet dans lequel, toutes les idées sont acceptées sans l'ombre d'un doute, dans lequel ces idées se transforment très aisément en hallucinations et en actes. Est-ce que le fait de circuler l'hiver dans les rues de Paris avec un costume pareil ne démontre pas suffisamment la conviction du sujet. Cependant toute l'histoire de cette femme est celle d'une obsédée scrupuleuse, elle a toujours été tourmentée par le sentiment d'une liberté insuffisante, par le sentiment de Fautomatisme. C'est encore ce sentiment qu'elle a aujourd'hui quand elle écrit des communications qu'elle attribue aux esprits. Elle s'est toujours plainte d'agir comme dans un rêve, sans décision, sans liberté, comme si on la poussait. Elle a eu toutes sortes d'obsessions scrupuleuses et hypocondriaques et ce n'est que depuis peu de temps que ces obsessions ont laissé la place à des idées délirantes qu'elle semble exécuter d'une manière plus complète.
Il y a ainsi bien des malades qui après un certain temps n'expriment plus les doutes caractéristiques relativement k l'obsession. Sont-ils réellement transformés ? Est-ce que ces doutes ont réellement disparu et ces sujets sont-ils aussi convaincus qu'ils paraissent l'être ? La question devient ici particulièrement délicate et on ne peut s'empêcher quand on connaît bien ces malades de faire sur ces points quelques réserves. D'abord ces idées sont d'une énorme absurdité en contradiction flagrante avec les faits
matériels, avec toutes les possibilités. Elles conserventle caractère d'idées extrêmes, de jeu des combles que nous avions remarqué dans les obsessions scrupuleuses. On n'observe rien d'aussi choquant dans les grands délires vésaniques. Cette absurdité contraste violemment avec la conservation presque complète de la conscience, avec l'intégrité du raisonnement sur tous les autres sujets. Comment peut-on comprendre qu'un jeune homme intel-
ligeiit lise des ouvrages d'histoire, cause d'une manière intéressante de tout ce qu'il a lu, juge fort bien l'ouvrage qu'il étudie et en même temps admette complètement qu'il rend enceintes les femmes à un kilomètre à la ronde : cela est bien peu vraisemblable. Ajoutez que ces malades ne sont alRrmatifs que sur ces points absurdes, sur tout le reste, ils hésitent, doutent, ne peuvent arriver à une conviction. D'ailleurs leur affirmation même est variable suivant les périodes ; elle oscille comme la maladie elle-même et il y a fréquemment des périodes d'amélioration où ces malades ne semblent pas prendre tout à fait au sérieux les méfaits dont ils s'accusent; ils éclatent de rire quand ils en parlent, ils paraissent trouver eux-mêmes que « c'est très drôle ».
MM. Raymond et Arnaud après avoir fait la plupart des remarques précédentes émettent une hypothèse qui nous paraît fort justitlée. 11 y a quelque chose d'artificiel dans la conviction de ces malades et même dans l'exécution de leurs sottises. Ils semblent décidés à pousser leurs idées jusqu'au bout quelque soit le mal qui en résulte pour eux et cela par une sorte de parti pris, par une manie de logique. Les psychasthéniques ont, comme on le sait, des manies de précision, des manies de calcul, des manies de recommencement et ils s'entêtent désespéremment dans ces perpétuels recommencements. Eh bien quelques-uns d'entre eux remarquent eux-mêmes l'incohérence de leurs obsessions, ils font des eff'orts pour mettre leur conduite et leur parole en accord avec leurs sentiments pathologiques et leurs idées obsédantes et ils finissent par s'entêter dans une sorte de manie de logique qui les pousse à être absurdes jusqu'au bout, même quand en réalité ils n'ont pas au-dedans d'eux-mêmes la conviction qu'ils essayent de nous montrer.
On peut donc dire que cette forme singulière de délire présente quelque chose de très spécial et se rattache étroitement à la maladie que nous avons étudiée. Il n'en est pas moins vrai que c'est là une complication fort grave qui transforme les caractères apparents des sujets et qui les expose beaucoup plus que les autres à de véritables dangers.
2° les étais extatiques avec un délire mystique plus ou moins systématisé. Voici par exemple une jeune fille de 20 ans, Chv... Le père est un inquiet et un aboulique, la mère une nerveuse; depuis l'âge de 12 ans, elle présente des scrupules sur les confessions et les communions. Puis les scrupules se portent sur l'honnêteté, elle
ne veut pas toucher à la monnaie de peur de voler, elle ne veut pas permettre à sa mère de faire de petits bénéfices dans son commerce, enfin elle a des idées obsédantes à propos de la pudeur, elle ne veut pas lever les yeux de peur de regarder des pantalons. Ajoutons que, depuis son enfance, c'est une aboulique qui ne peut rien acheter, rien faire, qu'elle a des hésitations interminables et quoiqu'elle, se rende compte de l'absurdité de ses idées, elle a perpétuellement des doutes: c'est donc une obsédée scrupuleuse typique. Eh bien, depuis un an, elle commence à présenter d'autres symptômes : elle renonce à tous les efforts qu'elle pouvait faire pour lutter contre sa maladie, elle ne veut plus voir personne. Elle renonce également à toute satisfaction, ne mange plus que très peu d'une nourriture très grossière et ne veut plus accepter aucun plaisir. Elle délare qu'elle a trouvé en Dieu le calme qui lui manquait: elle présente en effet une expression de béatitude et se déclare parfaitement heureuse. Elle reste immobile des journées entières en souriant aux anges, en un mot elle est envahie par un délire mystique avec une disposition plus ou moins forte à l'extase.
Je crois qu'il en a été absolument de même dans l'évolution d'un cas remarquable d'extase avec stigmatisation que j'ai décrit dans l'observation de Madeleine'. A mon avis, on a exagéré le rôle de l'hystérie dans les extases proprement dites; la maladie du scrupule y est au moins aussi importante. L'obsession se développe à la suite d'une insuffisance psvchologique et l'extase religieuse qui est un rétrécissement volontaire ou involontaire de la conscience est une sorte de remède aux troubles de cette insuffisance: je ne fais que signaler le problème que j'espère reprendre d'une façon plus complète dans l'étude des extatiques.
3" Une autre maladie mentale me parait à signaler au cours des obsessions, c'est la confusion mentale ou la stupeur telle que l'avait décrite récemment M. Chaslin. On vient de voir l'indication r.ipide d'une maladie grave qu'a traversée Nadia, à la suite d'une nouvelle désagréable pour elle. Au cours de cette maladie, elle est tombée dans un état de tristesse et d'inertie beaucoup plus grand qu'à l'ordinaire, elle restait des heures entières immobile sur sa chaise, les yeux vagues, disant qu'elle n'était plus préoccupée
I. Une extatique. BtiUetin de l'Instilut psychologique international, juillet 1901, p. 210.
par ses idées et qu'elle ne pensait à rien. La faiblesse augmentant, elle dût s'aliter et elle resta trois mois à peu près sans conscience, pouvant à peine répondre et d'une manière peu correcte à quelques questions très simples.
J'étais disposé à croire que dans ce cas le rétention des matières fécales, la stercorhémie avait joué le rôle principal pour provoquer la confusion mentale. Il n'en est pas de même dans le cas suivant: Eu..., jeune fille de 27 ans, est une obsédée scrupuleuse depuis l'âge de lo ans, scrupules de confession, impulsion au suicide, etc. Elle a appris l'année dernière la mort de sa mère et s'est mise en tête à ce propos l'idée obsédante qu'elle l'avait tuée ; de là des regrets, des remords, des idées de suicide, des pseudohallucinations, elle croyait entendre la foule qui la huait, le diable qui lui parlait et elle murmurait: « va-t-en, Satan ». Cependant elle conservait encors sa lucidité. Trois mois après, elle refuse de manger et ne parait plus comprendre, elle cesse de répondre aux questions et on l'amène dans un état de stupeur complet. Je n'en puis tirer aucune explication et il est visible qu'elle ne comprend plus.
Elle demande seulement « où suis-je, qui êtes-vous ? » et ne comprend pas les réponses ; elle est d'ailleurs docile comme un enfant et se laisse maintenir au lit, mais elle refuse de manger et elle gâte. J'ai dû la nourrir à la sonde pendant deux mois; préoccupé par le souvenir du cas précédent, j'ai constamment surveillé les selles qui sont toujours restée"^ suffisantes. La malade s'est rétablie graduellement : elle est revenue à la conscience comme font souvent les confus avec le souvenir net des scrupules ^intérieurs mais sans aucune notion de la période de stupeur.
Le cas de Zea... (2o3), femme de 29 ans, est exactement semblable. C'était une obsédée avec remords de masturbation et de crimes génitaux imaginaires: à la suite d'une émotion ello présenta une stupeur de trois mois.
Enfin la confusion mentale peut prendre la forme d'excitation avec bouffées délirantes comme dans l'observation de Mbv..., jeune fille de 20 ans. Cette malade était atteinte du délire du scrupule religieux depuis l'âge de i5 ans, tourmentée par des remords interriiinables, elle était toujours à genoux auprès de son confesseur. A la suite de remords plus grands et de fatigues, elle présenta un arrêt des règles et, depuis ce moment, une grande agitation délirante; elle voit le diable, elle croit être elle-même le
diable qui a pris son corps, ses mains, ses pieds; elle a établi un pacte avec lui, elle veut arracher ses yeux qui ont péché et elle cherche à les frapper, elle déclare qu'elle nous perd tous si elle nous touche, et elle se couche par terre pour essayer de mourir. De temps en temps, si on l'interpelle vivement, elle reprend conscience et s'excuse des folies qu'elle vient de dire, puis elle recommence. L'état délirant a duré quatre mois, puis il y eut une période de confusion mentale et de rêves pendant trois mois, enfin le rétablissement fut à peu près complet.
On voit par ces exemples que la confusion mentale se présente sous ses deux formes, avec stupidité et avec excitation au cours de la maladie des obsessions. C'est une remarque qui avait déjà été faite par M. Hughes S au dernier congrès de médecine, les observations précédentes en confirment l'importance.
Les cas de confusion mentale que je viens de rapporter ont guéri, mais il peut fort bien ne pas en être ainsi. Quand de tels états de confusion avec stupeur ou excitation se présentent chez des jeunes gens et aboutissent à la démence précoce, on est assez disposé à les considérer comme une maladie spéciale : la démence précoce des adolescents, l'hébéphrénie des auteurs allemands. Ces confusions incurables ne sont pas essentiellement d'une autre nature que les précédentes et elles peuvent de même survenir au cours d'un état psychasthénique avec obsessions et scrupules. C'est ainsi que les choses se sont passées dans deux de mes observations d'hébéphrénie. Cette remarque est importante; si l'on songe que les scrupules, les remords interminables à propos des confessions, les hontes du corps si fréquents chez les jeunes gens peuvent aboutir à la confusion de la démence précoce dont le . pronostic est si sombre on ne sera plus disposé à considérer ces troubles de l'esprit comme peu dangereux et comme si éloionés de la folie proprement dite.
Enfin parmi les terminaisons fatales de la maladie, il ne faut pas oublier de signaler la terminaison par le suicide dont M. Séglas a signalé la fréquence. J'en ai malheuresement constaté quelques exemples, mais je crois encore le fait assez rare à cause de l'aboulie de ces malades. Ilexiste cependant et doit être redouté, parmi les accidents possibles de cette maladie.
I. Pr Hughes, Congrls intematUaial de médecine de Paris, section de Psychiatrie, 1900, p. iSa.
En dehors de ces complications étrangères en réalité à la maladie proprement dite, il est intéressant de rechercher comment se termine la maladie psychasthénique quand elle garde jusqu'au bout ses traits caractéristiques et ne se transforme pas en une autre psychose.
Les premiers observateurs ont été frappés de ce fait que les obsédés n'arrivent pas au délire complet et que la maladie n'aboutit pas à une démence. C'était l'opinion soutenue dans le rapport de M. J. Falret, en 1889. C'était également la thèse soutenue dans le livre de MM. Magnan et Legrain : « C'est un fait remarquable, disent-ils, jamais dans ces cas on n'observe la moindre modification du syndrome qui reste toujours semblable à lui-même. Il n'évolue pas, il ne se transforme pas, jamais il ne devient l'origine d'un délire proprement dit, comme on l'écrit quelquefois en confondant l'idée obsédante avec l'obsession pure; jamais il ne se termine par la démence'. »
D'autre part, quelques auteurs remarquent justement que les troubles vont en augmentant, rendant l'existence de plus en plus anormale ; MM. Marie et Vigouroux proposaient de considérer cet état terminal « comme une démence spéciale^ ».
En examinant les caractères que la maladie revêt à sa dernière période chez les malades âgés qui sont restés obsédés depuis leur jeunesse, nous verrons ce qu'il y a de juste dans ces deux opi- • nions en apparence opposées.
î. — L'inertie et l'isolement.
« A la troisième période, disait Legrand du Saulle, le malade vit dans la solitude, ses mouvements sont lents, sa vie se prolonge et s'éteint dans une sorte d'immobilité..., les malades sortent de moins en moins, leurs idées deviennent étroites, leur caractère très égoïste, leurs mouvements lents, leur temps est perdu à
1. Magnan et Legrain, iSgS, p. i65. Cf. Séglas, Maladies mentales, p. 87.
2. Marie et Vigouroux, Congres des aliénistes et neurolugisles français. Angers, août 1898.
Qiille petits détails de toilette et de repas, ils restent dans l'immobilité et renoncent aux relations avec autrui, mais même au dernier degré le malade n'est pas dément'. » MoreP disait déjà: « lorsque le mal a conquis tous ses droits à l'habitude, à la chronicité, voici ce qui peut arriver, les malades tombent dans l'indifférence, dans une sorte de misanthropie moiose. Ils ne se gênent pas plus devant les étrangers que devant leur famille pour se livrer à des actes ridicules qui les font passer pour des excentriques, pour des hommes à tics ». Bail arrive à la même description : « la guérison est rare, mais la maladie ne finit presque jamais par la démence. Arrivés à la dernière étape de leur maladie, les sujets restent figés dans leur délire, incapables de tout travail, tristes et moroses, ils s'éloignent de la société et vivent dans un état de séquestration volontaire^ ». Krafft-Ebing, tout en disant que la maladie n'est pas progressive, ce qui m'étonne, dit que la maladie aboutit à des états de torpeur intellectuelle qui ne doivent pas être confondus avec l'imbécilité*.
Ces descriptions sont très exactes, on est étonné en voyant ces malades âgés conserver une intelligence en apparence suffisante et cependant avoir renoncé à toute activité, avoir adopté une existence vraiment absurde. Fok... qui a toute sa vie eu des manies hypocondriaques et des phobies de déglutition, vit maintenant constamment étendue sur une chaise longue ; elle lit encore un peu, elle reçoit quelques visites assez rares, elle semble intelligente et cependant voici cinq ans qu'elle n'a pas quitté la chaise longue et qu'elle passe ses jours et ses nuits à avaler lentement, goutte à goutte, un peu de jaune d'œuf. Nadia, à trente ans, est arrivée à se séquestrer dans un petit appartement qu'il est devenu impossible de lui faire quitter, elle ne reçoit jamais qu'une ou deux personnes et rarement, elle n'a plus aucune relation avec le monde, mais elle a encore quelque activité puisqu'elle se livre avec grand succès à quelques petits travaux artistiques. Au contraire, Leg... à ^5 ans est devenue complètement immobile, elle reste toute la journée sur une chaise, ne faisant absolument plus rien et n'osant même pas remuer ou parler de peur d'envoyer des microbes et du poison sur les personnes présentes. Xa... à 65 ans ne veut