Escjuirol, Œuvres, i838, II, p. 63 ; 1, p. 36i
LUNITÉ DU SYXDROME 743
rents. D;ms une première période on envisage d'abord le problème de l'unité du syndrome, puis dans une seconde le problème de sa nature au point de vue médical.
i, — L'unité du syndrome.
Dans la première période les observations recueillies isolément semblent des curiosités extrêmement variées*. Les observateurs sont surtout frappés par les énormes différences que présentent au premier abord un obsédé qui a des remords, un douteur qui s'interroge sur la raison d'être du monde, un impulsif homicide, un agoraphobe ou un éreutophobe. C'est la période de la multiplicité, et chaque auteur découvre sa manie ou sa phobie : il y en a bientôt un nombre invraisemblable et le besoin de mettre quelque unité dans ces interminables descriptions se fait sentir. Les premières tentatives d'unification sont assez incoordonnées : on établit le groupe des monomanies pour tous les symptômes intellectuels, tantôt on les réunit avec les délires systématisés comme Marcé, 1862, qui confond le délire du toucher avec le délire de persécution, tantôt comme Delasiauve, 1869, on distingue ces « pseudo-monomanies » des folies systématisées. On essaye, comme Parchappe, i85i, de réunir quelques-uaes des phobies avec le groupe vague des hypocondries. Morel, en 1861, forme un groupe avec tous les émotifs. Berger, Griesinger, Falret, Legrand du Saulle cherchent à constituer un groupe en réunissant la folie du doute avec le délire du toucher, il en fait (( une aliénation partielle avec crainte du contact des objets extérieurs » ; la même opinion est adoptée par Falret. Cette tentative était particulièrement intéressante, car elle réunissait les symptômes intellectuels de l'obsession et les svmptômes émotionnels de la phobie, et cherchait même avec une singulière exagération à établir la succession régulière des phénomènes. Plus tard MM. Ritti, Krafft-Ebing, Wille, Mendel se rattachent à la môme opinion. Cependant cette unité était loin d'être admise par tous les auteurs et loin d'être complète : bien des impulsions, des manies et surtout les tics restaient en dehors. L'unification était d'autant plus difficile que l'on ne A-oyait pas le lien qui rattachait tous ces symptômes les uns aux autres.