I. Ihirlenberg, La névrose d'amjuisse. GS
INTERPRÉTATION PATHÛLOlilOUt; DU SYNUlUtMK 7ôo
a'ities névroses comme d'une source ». « L;i iolie du doute, dit encore M. Kowalewskv^ peut être considérée comme une ileuxième période de la neurasthénie. » Dans la neurasthénie l'épuisement du svslème nerveux central est encore léger et porte surtout sui" les centres des viscèi'es ; il augmente, il s'étend à tout le cerveau, il devient plus conscient, et détermine plus de phénomènes de déiivation dans la psvchasthénie.
Ces comparaisons nous permettent de résumei' la conception de la maladie des obsessions telle qu'elle résulte de ces études cliniques et psychologiques. Les obsessions proprement dites qui en sont le caractère le plus apparent ne sont (jue le dernier tern e d'une série de troubles plus profonds. La psvchasthénie est une psvcho-névrose très voisine de la neurasthénie et peut-être d'" ceitaines formes de paranoïas, elle se place entre Tépilepsie et l'hvstéiie. Toutes ces psvcho-névroses sont caractérisées par u: e insullîsancedufonctionnementcérébral qu'il est encore aujourd'hi i impossible de rattacher à des lésions anatomiqu< s ou à des troubles physiologiques autres qu'un état vague d'engourdissement ou d intoxication. Cette diminution d'activité est en rappoit avec l'hérédité, avec toutes les maladies infectieuses, les fatigues 1 1 les émotions qui jouent un grand jt'ôle dans ces oscillations du niveau mental. Cet épuisement qui a des caractères physiologiques et psychologiques généraux semblables dans toutes les psvcho-névroses se maniieste en outre par des troubles mentaux plus spéciaux qui les distinguent les unes des a, très. Dans la psvchasthénie la chute de la tension mentale est beaucoup moins biusque, moins profonde et plus prolongé que dans les accès épilepliques ; elle n'amène point le rétrécissement du champ de la conscience, la localisation sur certains points comme dans l'hystérie ; elle semble dans cette psvcho-névrose rester générale et déterminer dans toutes" les opérations de l'esprit une simple diminution de la perfection et de la puissance d'adaptation à la léalité. T>es fonctions les plus troublées sont les fonctions qui mettent l'esprit en rapport avec la réalité, l'attention, la volonté, le sentiment et lémolion adaptée au présent. D'autres fonctions semblent rester intactes et elles se révèlent ainsi comme inférieures, ce sont rinlelligence discursive et le langage, les émo-
1. P.-J. lvin\;ilo-k\ . Thr jniiniJl nf mrnidl S'-ii-ncr, octobre 1887.
7o(J LA PLACE DE LA l'SVCIlASTMÈNlE l'Ah.MI LES PSYCllU-NÉVHOSES
lions exagérées et ineooidoiinées, les inoiivements iiiiil adaptés el en partie automatiques. Cette diminulioii de la tension psychologique détermine un malaise mental, un état d'inquiétude, des sentiments d'incomplétude d'autant plus forts que le sujet a mieux conservé son intelligence. Sous l'influence de cette inquiétude excitante et par le fait de la sup[)ression des phénomènes supérieurs, les phénomènes inférieurs conservés prennent une grande exagération et donnent naissance à des tics, à des agitations motrices, à des émotions angoissantes, à des ruminations mentales très variées. Enfin des idées se forment suivant les circonstances pour résumer et interpréter tous ces troubles et les idées ainsi formées continuent à présenter les caractères de l'état mental précédent ; elles sont permanentes et obsédantes parce qu'elles résument et expriment un état permanent, elles ne se terminent pas. ne donnent pas naissance à de véritables convictions délirantes, mais gai'dent la forme des émotions angoissantes et des ruminations. En un mot, la psycliasthénie est urie psrcho-névrose dépresswe, caractérisée par la diminution des fonctions (jui permettent d'agir sur la réalité et de percevoir le réel, par la substitution d'opérations mentales inférieures et exagérées sous la forme de doutes, d'agitations et d'angoisses, et par des idées obsédantes qui expriment les troubles précédents et qui présentent elles-mêmes les mêmes caractères.
Les conditions qui influencent la maladie sont toutes les circonstances qui déterminent des oscillations du niveau mental et font descendre ou monter cette tension psvchologique dojit l'abaissement est le point de départ de toute la maladie. Le traitement consiste à utiliser toutes les influences physiques et morales qui peuvent déterminer une ascension de ce niveau, il faut surtout par une éducation de la volonté, de l'attention, de l'émotion même, faire prendre au cerveau l'habitude d'un fonctionnement plus actif, qu'il n'est pas toujours impossible de lui demander. L'émotivité, qui est un phénomène secondaire ainsi que les tics et les ruminations, disparait quand les phénomènes supérieurs elles fonctions du réel se reconstituent, et les obsessions ne durent plus quand ell^s n'onl plus de raison d'êtie pctur exprimer un étal général.