Névroses et Idées f. ces. II, p. 38i
LES AGITATIONS MOTRICES SYSTÉMATISÉES. — LES TICS i07
gnait de se montrer indiscret et de laisser échapper le secret du confessionnal, en était venu à ne plus pouvoir desserrer les dents et devait se mettre un bouchon dans la bouche pour pouvoir faire un sermon. M. Meige étudie aussi à ce propos une observation de tiqueur tout à fait remarquable qui pour arrêter un mouvement de son épaule prend une attitude permanente et tient sou bras collé au corps, appuyé sur l'épigastre.
Le second caractère du tic également bien mis en lumière par la plupart de ces auteurs c'est que le tic est un acte inopportmi, intempestif. « Le tic, disait Gharcot, n'est que la caricature d'un acte, d'un geste naturel..., le mouvement complexe du tic n'est pas absurde en soi, il est absurde, illogique parce qu'il s'opère hors de propos san^ motif apparentV » « Le tic, disait M. Noir dans son étude intéressante, est la reproduction habituelle mais intempestii'e d'un geste... ^ » et M. Guinon disait aussi: « le tic est un mouvement convulsif, habituel et conscient résultant de la contraction involontaire d'un ou de plusieurs muscles du corps ei reproduisant le plus souvent, mais d une façon intempestive quelque geste réflexe ou automatique de la vie habituelle. »
J'ajouterai dans le même sens que, si le tic est un acte, il ne faut pas cependant oublier que c'est un acte stérile qui ne produit rien. Il est évident qu'il ne produit rien d'utile, mais je crois que l'on peut même dire dans le plus grand nombre des cas qu'il n'est même pas capable de faire du mal. Ce qui nuit au sujet c'est le fait d'être un tiqueur, c'est l'ensemble des phénomènes, des troubles qui accompagnent le tic. Mais l'acte lui-même qui est le tic, le mouvement de la tête, le torticolis, le clignement des yeux, la grimace de la bouche ne font pas grand mal. J'ai décrit une jeune fdle qui avait le singulier tic de tomber brusquement à genoux tous les dix pas dans la rue aussi bien que dans sa chambre^, et j'ai remarqué avec étonnement que dans ces agenouillements brusques elle ne se faisait jamais de mal aux crenoux. Cette inefficacité du tic est intéressante, elle est à rapprocher de l'inutilité complète des manies mentales et devra