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Tj'ouhles physiologiques de l'angoisse

Après avoir constaté les diverses formes systématisées ou diffuses que l'angoisse peut revêtir il faut maintenant considérer ce phénomène en lui-même et voir de quels éléments il est composé dans la plupart des cas où il se présente,, il faut rechercher les

caractères généraux de l'angoisse. Ces caractères me semblent de deux espèces : un grand nombre sont des caractères physiologiques qui seront étudiés en premier lieu, mais il me semble qu il y a un second groupe composé par des phénomènes psychologiques et dont l'étude ne doit pas être négligée.

M. Freud énumère ainsi les principales formes que peut prendre la crise d'angoisse, c'est-à-dire les principaux phénomènes qui la constituent et qui dans tel ou tel cas peuvent se dévelop- ♦ per isolément :

i" Des troubles cardiaques avec palpitations, arythmie, tachycardie, allant jusqu'aux états asvstoliques les plus graves;

2'^ Des troubles respiratoires dyspnée : nerveuse, accès d'asthme;

3" Les désordres de l'appareil digestif: accès de fringale on de boulimie, faim paroxystique, souvent associée à des vertiges, soif paroxystique, diarrhée périodique ou chronique;

[\" Des accès de vertiges ou d'étourdissements, ils consistent en un malaise spécial accompagné de l'impression que le sol se déplace, que les jambes s'efi'ondrent, ils peuvent même amener des accès d'évanouissements profonds ;

5" Des paresthésies ;

6" Des terreurs nocturnes ou réveils angoissants ;

7" Des frémissements musculaires et des tremblements ;

8° Des sueurs profuses survenant souvent la nuit ;

9" Des phénomènes vasculaires et congestifs analogues à ceux que l'on observe dans la forme vaso-motrice de la neurasthénie;

10° Du ténesme et des besoins impérieux d uriner'.

Les autres phénomènes que M. Freud ajoute : l'irritabilité générale, l'incapacité de supporter aucune excitation sensorielle, l'attente inquiète, l'obsession, se rapportent plutôt aux troubles psychologiques.

M. Harteuberg ajoute quelques symptômes intéressants, des accès de bâillements, le phénomène du doigt mort, des amaigrissements périodiques.

J'insiste seulement sur les phénomènes phvsiologiques qui se sont présentés le plus fréquemment chez mes malades et je

I. S. Freud, fie Vionnc, Sur la li'gitimitc de séparer de la ncurastlu'nie un syndrome défini sous le iKnn « do névroso d'angoisse ». Neurolog. Centralblatt, l'^ijô, n" 2, résumé par Iliirtcnbcrg, La nécrose d'aïKjinssc, 1902, p. 3.

LES OKSESStUNS. L 1 <J

2i6 LES ACITAIIONS F(»F{C1\ES

n'étudie ici que les phénomènes de la crise d'angoisse en laissant de côté des troubles généraux de la santé qui persistent en dehors de l'allaque d'angoisse proprement dite.

Je désirais soumettre ces troubles à une analyse précise et autant que possible prendre quelques mesures et quelques gra- . phiques, ainsi que j'avais pu le faire pour un certain nombre de I phénomènes hystériques. Je dois faire observer que de telles ' études sont beaucoup plus difliciles sur ce genre de malades et je suis un peu étonné quand je vois bien des auteurs parler avec tant d'assurance des modifications physiologiques des psy- I chasthéniques, comme s'ils avaient pu les observer et les mesurer avec précision. Leurs crises d'angoisse ne se produisent pas à heure dite, au moment le plus favorable à l'observation. Bien au contraire, il y a dans l'état mental de ces malades des dispositions curieuses qui empêchent les crises de se produire de cette manière. Nous avons vu qu'ils peuvent presque toujours arrêter ou supprimer leurs crises quand il y a des étrangers à qui ils veulent les cacher. Claire, qui se roule par terre dans ses crises d'efforts, se relève aussitôt dès que quelqu'un entre et rajuste avec le plus grand calme le désordre de sa toilette.' Dans ces conditions consentirontils à laisser venir leur crise dans le laboratoire? En outre nous verrons plus tard un autre caractère intéressant, c'est qu'ils sont très facilement consolés, rassurés par la présence de la personne qui les soigne ou simplement les étudie. « Comment voulez-vous que 'j'aie des angoisses devant vous, me répète Jean, mais chez vous, c'est le seul endroit où je sois, tranquille, je voudrais être toujours auprès de vous et je n'aurais jamais de mal. » Par définition même l'agoraphobe a des terreurs dans la solitude, il ne les aur^t pas dans un laboratoire, quand il est examiné par son médecin. C'est pourquoi à mon grand regret je n'ai pu réunir autant de documents précis, de graphiques que je l'aurais voulu sur ces troubles. J'ai éprouvé, je l'avoue, une déception quand j'ai dû constater que sur deux cents malades observés pendant des années, j'ai eu assez rarement l'occasion favorable pour observer moi-même dans de bonnes conditions ces grands phénomènes émotionnels dont les malades parlent toujours mais qui s'effacent très rapidement dès qu'on désire les analyser.

Cependant j'ai pu faire quelques expériences en petit nombre dont je crois devoir tenir compte dans l'analyse de ces perluibations rlusiologiques.

Ces malades se plaignent beaucoup d'éprouver pendant l'angoisse des troubles du mouvement des membres. Je ne parle pas ici des grandes agitations qui peuvent quelquefois accompagner les angoisses. Les excitations motrices sont d'ordinaire peu compatibles avec l'angoisse proprement dite, quand il y a grande souffrance morale le mouvement extérieur n'est pas très considérable, et réciproquement.

Ce que Ion observe souvent ce sont des spasmes, des secousses, chez Dob... j-ar exemple, ces sortes de crampes qui ne vont jamais jusqu'à la contracture chez Mb..., et surtout du tremblement des bras et des jambes (Cum...,Bo..., Vim...\ Dob..., etc.). Chez Bue... ce tremblement des jambes a même été pris dans un examen pour du clonus. Quand le malade est calme il est évident qu'il n'y a aucun tremblement épileptoïde de la jambe et que celui-ci est dû au trouble émotionnel.

Beaucoup de malades se plaignent d'être comme paralysées de perdre toute force dans les membres, « mes jambes, dit Fie..., femme de 35 ans, sont comme de la laine, je me sens tomber par terre», « tantôt mes jambes se dérobent sous moi, ditVim..., tantôt ce sont mes bras qui m'abandonnent. Il n'y a pas moyen de tenir la plume pour écrire ». « Je vais tomber par terre, la terre m'attire, dit Dob... » J'ai voulu vérifier cette faiblesse musculaire qui n'est pas sans quelque importance.

A plusieurs reprisesj'ai pu examiner ces malades quiprétendent être paralysés pendant l'angoisse : la paralysie ou même la parésie est un phénomène qui doit se vérifier assez facilement. Eh bien, je n'ai pas pu constater autre chose qu'un léger degré d'affaiblissement de l'énergie du mouvement volontaire qui disparaissait assez vite dès que l'on encourageait le sujet. Lkb... prétend avoir les bras paralysés pendant l'angoisse ; j'ai pris la force de ses mains au dynamomètre de Chéron-Verdin d'abord pendant son état le plus normal, puis pendant la crise, en faisant serrer dix fois l'instrument et en prenant la moyenne. Voici la série des chiffres obtenus à l'état normal :

Main droite : 24, 2i, 2i, 24, 19, 22, 2/4, 23, 23, 23, moyenne 22,4 ;

Main gauche : 21, 22, 24, 21, 19, 19, 19, 21, 21, 21, moyenne 21,0.

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