‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 104 sur 114 · V. — Traitement · texte numérisé non relu

V. — Traitement

Le traitement des impulsions est extrêmement variable et il est impossible d’en tracer ici les règles, même à grands traits. Il varie en effet.

LES IMPÜLSIOKS

comme leur diagnostic et leur pronostic, suivant le type de l’impulsion et suivant son fondement pathologique.

Les deux seuls points dont nous croyons devoir dire un mot ici sont ceux relatifs à la psychothérapie et à Vinternement dans les impulsions.

Nombre d’auteurs ont préconisé la psychothérapie comme traitement soit de l’impulsivité en général, soit de certaines propensions impulsives spéciales. Parmi eux, nous citerons surtout Aüg. Voisin, Liégeois, Jules Voisin, Bérillon, Farez, Bon- ,TOUR, von Schrengk-Notzing, ïokarski, Stradelmann, Bechterew, etc., qui ont eu recours à la suggestion hypnotique et d’autres, comme Harten- BERG et Valentin, qui se sont adressés de préférence à' la suggestion simple.

A un moment même, il a paru possible d’ériger ce mode de médication en méthode générale et de créer ainsi, suivant l’expression de Bérillon, une sorte à’orthopédie mentale \ destinée à redresser les déviations intellectuelles et morales, en particulier les tendances impulsives des jeunes déséquilibrés, dégénérés et délinquants.

Il y avait là une véritable exagération. Que les dégénérés excentriques, obsédés ou impulsifs se trouvent bien d’une thérapeutiqùe dans laquelle la suggestion, sous la forme et sous la dénomination plus exacte de direction morale, occupe une place

I. Bérillon, Les principes de la pédagogie suggestive. Revue de l’hypnotisme, 1897, et L’hypnotisme et l’orthopédie mentale. Rue£F, Paris, 1898.

TRAITEMENT

importante, cela n’est pas douteux. Nous sommes même d’avis que le traitement médico-psychologique ou médico-pédagogique, si excellemment mis en pratique en France par M. Boürneville, et exposé par Thulié dans son récent ouvrage est le traitement de l’avenir pour ces malades et qu’il donnera les meilleurs résultats le jour où il sera vraiment organisé, sous la forme soit individuelle, soit collective.

Quant à la suggestion proprement dite et surtout à la suggestion hypnotique, nous ne pouvons que répéter avec plus de conviction que jamais au fur et à mesure que notre opinion se trouve confirmée à cet égard par l’expérience, que ce procédé n’est applicable qu’aux seuls obsédés impulsifs qui, en même temps que leur dégénérescence, présentent des dispositions hystéropathiques les rendant aptes à l’hypnotisation. Le dégénéré pur et le neurasthénique constitutionnel, c’est-à-dire une grande partie des impulsifs, ne sont pas hypnotisables.

Encore faut-il reconnaître que même chez les dégénérés hystériques accessibles à l’hypnose, la suggestion est loin de donner toujours des résultats entièrement et définitivement favorables. D’après notre pratique personnelle, les débuts du traitement sont en général parfaits et tout fait espérer im succès complet dans l’avenir. Mais au bout d’un temps plus ou moins long, il survient à nouveau quelques anicroches, le malade se montre moins assidu aux

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