DÉFINITION
vent. L’idée fixe pure est une idée qui domine l’esprit du sujet, sans déterminer d’émotion angoissante : c’est une pensée froide, inerte, qui ne fait surgir aucun sentiment pénible, ne provoque aucune révolte du moi parce qu’elle est le plus souvent acceptée comme réelle et qui confine ainsi à l’idée délirante. L’obsession pure est un état d’émotivité anxieuse qui peut ne dériver d’aucune idée antécédente ou concomitante et dans lequel cette idée, lorsqu’elle existe, est reconnue fausse ou tout au moins maladive. En d’autres termes, l’idée fixe est un syndrome de la sphère intellectuelle; l’obsession un syndrome de la sphère émotive.
Mais pour être de nature différente, ces deux phénomènes morbides ne sont pas pour cela incompatibles. Ils ne s’excluent pas. L’observation apprend, au contraire, qu’ils sont très souvent associés et que même, dans la majorité des cas, l’émotion obsédante est liée à une idée qui la précède ou la suit immédiatement, à tel point qu’en pratique il n’est pas toujours aisé de reconnaître si l’état émotif a engendré l’idée ou si c’est l’idée qui a fait naître l’état émotif. Gela vient de ce que, comme dit Herbert-Spencer, « il n’y a pas d’état de conscience, qu’il appartienne à la sensation ou à l’émotion, qui soit pur de tout élément intellectuel » ; c’est-à-dire que, dans toute émotion, il y a une part d’idée, comme il y a dans toute idée une part d’émotion. Quand nous disons que l’obsession est un syndrome de la sphère émotive, cela veut donc dire que dans le complexus psychique dont elle est constituée, l’élément fondamental &t représenté par l’émotion.
LES OBSESSIO?îS
Classement des états obsédants. — Si l’émotion est, comme nous le pensons, l’élément fondamental des états obsédants, c’est évidemment eUe qui doit servir de base à leur classification.
Partant de ce point de vue, on peut tout d’abord diviser les états obsédants en deux grands groupes, suivant que l’anxiété se manifeste plus spécialement par une crainte ou par une idée. Les premiers sont les états obsédants phobiques, les seconds les états obsédants idéatifs.
Les états obsédants phobiques ou phobies proprement dites se subdivisent à leur tour en phobies diffuses ou générales (panophobies), et en phobies particulières ou spéciales (monophobies).
Les phobies générales sont celles dans lesquelles l’émotivité anxieuse demeure imprécise, vague, informe, ou ne se fixe que passagèrement et au hasard des circonstances extérieures, accidentelles et contingentes, sur un objet quelconque. Le panophobe a peur de tout et de rien. Il est anxieux sans savoir pourquoi, sans motif à lui connu, sans aucune raison définie. C’est là la névrose d’angoisse type.
Les phobies spéciales sont celles dans lesquelles l’anxiété se développe à l’occasion de certaines provocations immédiates, toujours les mêmes chez les mêmes malades, ayant débuté par un shock physique ou moral, le plus souvent d’origine sensorielle, et se répétant ainsi à la façon d’échos émotifs qui mettent chaque fois en branle la sensibilité hyperesthésiée du sujet.
Quant aux états obsédants idéatifs, c’est-à-dire à ceux dans lesquels l’état anxieux, toujours à la base.