CARACTÈRES GÉNÉRAUX
mais aussi et surtout en qualité. Un événement identique provoque tantôt une explosion de colère ou d’indignation, tantôt un sentiment de découragement ou de commisération.
Les perturbations qui s’observent dans la sphère affective chez les obsédés ne sont donc pas caractérisées seulement par leur intensité, elles le sont aussi et surtout par leur nature.
Envisagées d’un point de vue général, les Obsessions se présentent avec les attributs suivants :
a. — Elles surviennent, le plus souvent, chez des sujets prédisposés, à l’occasion de circonstances qui, d’habitude, chez les sujets sains, ne détermiiiènt pas d’émotions profondes ;
h. —- Elles appartiennent toujours au groupe des émotions dépressives, notamment à celui des émotions anxièuses ou angoissantes. On pourrait dire, sans dépasser les limites de ce que nous apprend l’observation clinique, que l’anxiété est la base nécessaire de l’obsession ;
c. — Elles sont conscientes, en ce sens que les malades qui les éprouvent se rendent parfaitement compte des modifications qu’elles impriment à leur manière d’être, à leur caractère, à leur affectivité ;
d. — Elles sont involôntadres et incoercibles, c’est-à-dire que le malade né peut ni les provoquer volontairement quand elles n’éxistent pas, ni les chasser quand elles existent ;
e. — Elles sont accompagnées des concomitants physiologiques des fortes émotions anxieuses : pâleur ou sueurs froides du visage et des extrémités, sensation d’angoisse cardiaque, insomnie, etc. ;
f. — Elles n’altèrent pas le mécanisme général de l’intelligence ; elles laissent intacts la mémoire, le jugement, les associations d’idées. L’obsédé est souvent, en dehors de ce qui touche à son obsession, un homme fort intelligent, capable de traiter avec habileté les plus sérieuses affaires, de prendre opportunément les déterminations les plus graves. Il analyse même très souvent, avec une étonnante pénétration, le trouble intérieur qui le tourmente. Il se rend compte que son état est maladif. Bien plus ! il a la conscience précise que sa personnalité est dédoublée. Il reconnaît en lui deux moi : l’un anormal et déraisonnable, se préoccupant automatiquement de futilités ; l’autre sain et raisonnable, s’efforçant de lutter incessamment contre les entraînements inconsidérés du premier.
En tenant compte de l’ensemble de ces caractères, on pourrait, ce nous semble, donner de l’obsession la définition suivante :
L’obsession est un syndrome morbide caractérisé par l’apparition involontaire et anxieuse dans la conscience de sentiments ou de pensées parasites qui tendent à s’imposer au moi, évoluent à côté de lui malgré ses efforts pour les repousser et créent ainsi une variété de dissociation psychique dont le dernier terme est le dédoublement conscient de la personnalité^.
Cette définition sépare nettement les obsessions des idées fixes, avec lesquelles on les confond très sou-
I. Magn.4N définit l’obsession; « Un mode d’activité cérébrale dans lequel un mot, une pensée, une image s’impose à l’esprit en dehors de la volonté avec une angoisse douloureuse qui la rend irrésistible. »