‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 19 sur 114 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES PHOBIES DIFFUSES (PANOPHOBIEs)

Emotivité diffuse. — Attente anxieuse. — Attaque anxieuse. — Observations cliniques d’obsessions à forme panophobique.

Émotivité diffuse. — La caractéristique de cette forme d’obsession c’est que les sujets qui en sont atteints vivent dans un état permanent de tension émotive qui éclate brusquement par paroxysmes, sans motif apparent, ou à l’occasion de circonstances accidentelles futiles. Une idée, une sensation quelconques suffisent, le moment venu, pour provoquer la décharge émotionnelle (emotional discharges de W eir Mitchell) , laquelle peut même se produire dans le sommeil et provoquer des réveils soudains accompagnés d’angoisse cardiaque et respiratoire (réveils angoissants de Mac Farl. 4 ne).

C’est à cet état d’anxiété diffuse que Ribot fait allusion quand il dit^ : « En outre de toutes les phobies particulières, il existe quelques observations d’un état vague, mais perrnanent d’anxiété ou de terreur

:. Ribot, loc. cit., p. 21 r.

ATTAQUE AA’XIEUSE

qu’on a nommé panophobie ou pantophobie (Beard) ; c’est un état où l’on a peur de tout et de rien, où l’anxiété, au lieu d’être rivée à un objet toujours le même, flotte comme dans un rêve et ne se fixe que pour un instant, au hasard des circonstances, passant d’un objet à un autre. »

a La peur d’avoir peur (phobophobie), dit aussi Féré est un phénomène commun dans la neurasthénie (Beard). Un malade, qui peut d’ailleurs n’avoir jamais été exposé à la peur, vit dans l’appréhension permanente de cette émotion et de ses effets physiques possibles. Il en arrive à être incapable de sortir de sa chambre sans être accompagné, obsédé qu’il est par l’hypothèse d’un accident quelconque. La phobophobie entraîne des conséquences très analogues à celles de la panophobie, dans laquelle le malade arrive à ne plus bouger parce qne tout ce qui l’entoure l’effraye. »

Attente anxieuse. — Le symptôme prédominant de cet état panophobique est ce que Freud appelle très justement « l’attente anxieuse ».

« Je ne puis mieux définir, dit-il, ce que je décris sous le nom de c< névrose d’angoisse », que par ce mot et par l’exemple que j’ajoute. Une dame qui souffrait de cette « attente anxieuse » s’imaginait à chaque accès de toux de son mari qu’il avait une pneumonie influenzique et voyait son spectre marcher en tête de son propre convoi funèbre. Si, rentrant chez elle, elle voyait deux personnes devant sa porte, elle ne pouvait se sortir de l’idée que l’un de ses enfants s’était précipité par la fenêtre ;

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