CHAPITRE III
LES PHOBIES SPÉCIALES (mONOPHOBIEs)
Origine des Phobies. — Division et classement. — Phobies des objets. — Phobies des lieux, éléments, maladies, de la mort. — Phobies des êtres vivants. .— Phobies constitutionnelles et phobies accidentelles. ^— Observations.
La décharge émotive, tumultueuse et intempestive, qui est le symptôme le plus saillant et le plus caractéristique des états obsédants, ne se produit chez beaucoup de malades qu’à l’occasion de certaines excitations sensorielles banales qui, chez les sujets normaux, ne déterminent aucune émotion ou ne causent qu’une émotion légère. Beaucoup de personnes saines de corps et d’esprit ne voient pas sans une certaine crainte un serpent, un crapaud, une araignée ou une souris ; d’autres ont peur du tonnerre ; d’autres ne peuvent, sans être désagréablement impressionnées, passer leurs mains sur du velours. Tout cela n’a rien de bien étonnant. Que la vue d’un animal répugnant, l’audition d’un bruit éclatant et subit, le contact d’un corps duveté chatouillant la peau déterminent une émotion pénible, cela est même tout à fait naturel. Mais que la vue d’un brin de poussière, le murmure du vent, le bruit du tonnerre, la sensation d’un
LES PHOBIES SPÉCIALES
prurit cutané, le contact d’un animal domestique, chien ou chat, etc., déterminent un shock, un ébranlement émotif tels qu’à dater de ce moment le renouvellement de cette sensation ou le simple souvenir de l’impression qu’elle a produite réveillent et ravivent chaque fois l’anxiété première, arrivant souvent à torturer l’esprit dans l’intervalle, il y a là, à n’en pas douter, un phénomène pathologique particulier, dérivant d’une anomalie de l’émotivité. C’est à cet état morbide qu’on donne généralement le nom de phobie.
Classification des phobies. — Tout ce qui est susceptible de frapper nos sens est également susceptible de devenir le point de départ d’une peur maladive, d’une phobie. Ce qui spécifie l’état morbide, ce n’est pas l’objet quelconque sur lequel se fixe la peur, c’est le fait d’avoir peur d’un objet banal qui ne devrait normalement susciter aucun sentiment de répulsion ou de crainte.
Bien qu’il nous paraisse difi&cile et peut-être inutile de classer les phobies, nous indiquerons brièvement les quelques tentatives de classement dont elles ont été l’objet.
Freud se borne à distinguer les phobies traumatiques ou par choc, relevant de l’hystérie, et les phobies proprement dites, comprenant ; a. — Les phobies communes ou peurs exagérées des choses que tout les monde abhorre ou craint un peu (mort, maladie, serpents, etc.), et 6. — Les phobies d'occasion compre-