CLASSIFICATION
placent la peur des orages ou tempêtes, cheimophobîe, du tonnerre, bronthémophohie, des éclairs, astrapéphobie, des montagnes, orophobie, des pentes, clinophobie, du vide, kénophobie, de la nuit, de l’obscurité, nyctophobie, keronauphobie, etc., etc.
Les phobies des anomalies de la conformation du corps et des maladies comprennent : cl) les morphophobies (flysmorphophobies de Morselli) ou phobies des anomalies du corps, du visage (ex : phobie des poils ou trichophobie) ] b) les physiophobies ou phobies des fonctions, états et actes physiologiques (ex.: phobie de la rougeur émotive ou éreuthophobie, de la sueur ou éphidrophobie, de la défécation ou apopathophobie, de. la miction ou urinophobie, de la station debout et de la marche stasophobie et basophobie, de la parole logophobie, de l’écriture graphophobie, de signer hypographophobie, de s’habiller enduophobie) ; c) les algophobies ou phobies des douleurs, avec toutes leurs variétés ; d) les nosophobies ou pathophobies, c’est-à-dire les phobies des maladies, innombrables comme ces dernières (dermatophobies ou phobies des maladies cutanées, dont Vacarophobie est le type, syphilophobie phobie de la syphilis, gonoccophobie de la blennorrhagie, spermatorrhéophobie de la spermatorrhée ; épidémiophobies ou phobies des épidémies ; microbiophobies ou bacillophobies phobies des maladies microbiennes, bacillaires, infectieuses, virulentes, dont les types sont la lyssophobie ou peur de la rage, la phtisiophobie ou peur de la tuberculose ; hystérophobie et hypnophobie, peur de l’hystérie et de la suggestion hypnotique, psychopathophobie ou maniphobie peur
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de la folie ; cardiophôhie et anginophobie, peur des maladies du cœur et de l’angine de poitrine ; glossophohie des maladies de la langue; odontophohie, des maladies des dents) ; e) la tanathophobie ou peur de la mort.
3 “ La troisième catégorie des phobies est constituée par les phobies des êtres vivants. Elle comprend : les zoophobies ou phobies d’animaux (cynophobie ou phobie des chiens, galephobie ou peur des chats, phobie des insectes, des araignées, des serpents, des rats, des souris, etc.); Vanthropophobie ou phobie de l’homme, la ÿjnepAoèie ou peur de la femme, l’ocAZophobie ou phobie des foules, etc.
Nous répétons une fois encore, afin que l’on ne s’y méprenne pas, que ce n’est là qu’une nomenclature, une sorte de tableau synoptique destiné à réunir dans un ordre à peu près logique l’ensemble des peurs anxieuses ou phobies, sans aucune prétention à la classification nosologique. Il suffit en effet de réfléchir un instant pour comprendre que certaines phobies peuvent rentrer à la fois dans les trois catégories que nous avons admises, la phobie de la rage, par exemple qui, tout en étant au fond une nosophobie, ne s’en manifeste pas moins aussi, le plus souvent, par la peur des chiens (cynophobie) et par la peur des poussières et des contacts (mysophobie).
Phobies constitutionnelles et phobies accidentelles.— Gomme les autres états obsédants, mais d’une façon plus nette encore, les phobies systématisées d’origine sensorielle peuvent être constitutionnelles ou accidentelles.
Phobies systématisées constitutionnelles. — Gons-
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titutionnelles, elles se présentent sous la forme de répulsions angoissantes ou de peurs anxieuses originelles, chroniques, portant spécialement sur un objet déterminé (phobies du sang, du feu, des allumettes, des épingles, de F orage, des chiens, des chats, etc., etc.).
Ces phobies, ainsi que le fait justement remarquer Gélixeau, ne sont que Fexagération morbide des aversions instinctives que manifestent beaucoup de per sonnes pour certains objets ou animaux dont la vue ouïe contact est indifférent à la plupart des hommes. « J’ai vu des gens, dit Moxtaigxe, fuir la senteur des pommes plus que les arquebusades ; d’autres s’effrayer pour une souris, d’autres rendre gorge à voir de la crème, d’autres avoir brasser un lit de plume. » Tout le monde connaît des faits analogues. Il est à noter que ces aversions instinctives ne sont pas l’apanage exclusif des femmes nerveuses ; on les observe souvent chez des sujets d’une haute culture intellectuelle, capables d’occuper des positions élevées dans la société. Les biographies des hoinmes célèbres en rapportent de nombreux exemples.
« La vue d’un ânon faisait perdre connaissance au duc d’Epernon. Wladislas, roi de Pologne, se troublait et prenait la fuite quand il voyait des pommes. Erasme ne pouvait sentir le poisson et les lentilles sans en avoir la fièvre. Scaliger frémissait de tout son corps en voyant du cresson. Ttcho-Brahé sentait ses jambes défaillir à la rencontre d’un lièvre ou d’un renard. Le chevaber Bacon tombait en défaillance lorsqu’il y avait écbpse de lune. Batle avait dés convulsions quand il entendait le bruit que fait l’eau en tombant d’un robinet. Lamotte le Voter ne pou-
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vait souffrir le son d’aucun instrument. Favoriti, poète italien mort en 1682, ne pouvait souffrir l’odeur de la rose... Un médecin de beaucoup d’esprit, Pierre d’ApoiNO, éprouvait une telle terreur à la vue du lait et du fromage qu’il tombait en défaillance ‘.
D’après Ambroise Paré, une personne fort considérable ne voyait pas une anguille dans un repas sans tomber en défaillance. Pierre de Lancre a connu un homme si effrayé à la vue d’un hérisson qu’il crut pendant plus de deux ans que ses entrailles étaient mangées par cet animal. Il rapporte aussi avoir vu un gentilhomme fort brave qui ne l’était cependant pas assez pour oser attendre l’épée à la main une souris.- #
Le philosophe Chrvsippe avait une si forte aversion pour les .révérences qu’il tombait à la renverse quand on le saluait, et un chevalier espagnol, don Juan Rol, tombait en syncope quand il entendait prononcer le mot lana, bien qu’il portât sans répugnance des habits de laine. Henri III, le vainqueur de Jarnac et de Monïcontour, le maréchal duc de ScHOMBERG, Wellington, Napoléon 1®% Meterbeer ne pouvaient supporter la vue des chats.
Même lorsqu’elles n’apparaissent que comme des idiosyncrasies ou des singularités isolées, dans une organisation par d’autres côtés supérieure, ces phobies n’en ont pas moins une signification pathologique et peuvent être considérées comme de véritables déviations ou anomalies de la sphère émotive, absolument
I. Gélineau, Des peurs maladives ou phobies. Paris, iSgâ, p. 18, 19, 20.
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comparables aux stigmates de la déséquilibration mentale. Le plus souvent, d’ailleurs, derrière cette anomalie en apparence isolée, on constate soit d’autres phobies, soit des symptômes pathologiques d’ordre différent, qui trahissent l’état constitutionnel de névropathie dont cette peur spéciale n’est qu’une manifestation.
Les caractères principaux de la phobie systématisée constitutionnelle sont les suivants :
i“ Elle s’allie à une hérédité chargée, souvent similaire, à un tempérament névropathique, hystérique ou hystéro-neurasthénique, et peut, dans le milieu delà famille ou de l’intimité, se présenter sous forme de phobie à deux et familiale ' ;
2“ Son début, très précoce, a lieu dans l’enfance ou à la puberté ;
3 ° Elle peut, mais cela n’a guère lieu que lorsqu’elle constitue un stigmate indélébile de déséquilibration émotive, demeurer unique et persister indéfiniment sous la même forme, avec des alternatives de paroxysme et d’accalmie ;
4 “ Le plus souvent, plusieurs phobies systématisées se succèdent dans la AÛe du sujet, au hasard d’événements, même sans importance, ou bien il existe une phobie primitive et permanente, prédominant au milieu d’un certain nombre d’autres phobies accessoires.
Voici deux exemples de phobie systématisée constitutionnelle unique, fixe et héréditaire :
;. E. Régis, Les phobies à deux. Sem. méd., 19 février 1896.
LES PHOBIES SPÉCIALES
Observation IX. — Phobie du sang. — Un de nos malades, hystérique dégénéré ayant plusieurs hématophobes dans sa famille, n’a jamais pu voir de sang, ni, ce qui est plus fort, en entendre parler, sans éprouver une véritable angoisse, allant parfois jusqu’à la défaillance. Un jour qu’il traduisait en classe la mort de Sénèque, arrivé au moment où le philosophe romain s’ouvre les veines dans son bain, il s’affala tout à coup, pris d’une crise anxieuse à la seule évocation de ce tableau sanglant.
Observation X. — Phobie de la diarrhée. — Une autre malade, âgée de trente et un ans, hystéro-neurasthénique avec crises d’hystérie anciennes, est atteinte depuis l’enfance de phobie de la diarrhée. Elle n’ose s’aventurer au dehors sans s’être au préalable longuement exonérée à fond et sans passer par des rues où elle sait pouvoir trouver, de distance en distance, un refuge assuré contre les surprises de son intestin. Le père de cette malade était lui-même atteint de diarrhée émotive.
Parmi les cas de phobies systématisées constitutionnelles se succédant dans la vie du sujet, nous citerons les deux suivants :
Observation XI. — Phobie du suicide, puis de l’épilepsie. — X..., cinquante ans, dégénéré héréditaire à forme hystéro-neurasthénique, a été atteint, à la puberté, de phobie du suicide par pendaison et de tout ce qui s’y rattache, après avoir appris qu’un de ses oncles s’était pendu. Cette phobie a duré plusieurs années, jusqu’au moment où, sous l’influence de la vue d’une attaque d’épilepsie, elle a été remplacée par la phobie de l’épilepsie, qui a persisté, depuis, avec des paroxysmes coïncidant avec les événements émotionnants de la vie.
Observ.ation XII. — Phobie de la mort subite, des grands