‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 68 sur 114 · Westphal, Loc. cit · texte numérisé non relu

Westphal, Loc. cit

2. Rolïillard etIsoovESCo, L'obsession en pathologie mentale. Revue générale, Gazette des hôpitaux, 26 avril 1896.

qui, en désespoir de cause, ont accepté ou demandé eux-mêmes leur internement. Ils n’en ont retiré aucun bénéfice et même n’ont pu le supporter, car avec la phobie de la folie que les obsédés ont presque tous plus ou moins en germe, leur angoisse s’augmentait à la vue des aliénés. Une exception doit cependant être faite peur certaines obsessions impulsives dans lesquelles les malades ont tellement peur d’eux-mêmes qu’ils se sentent soulagés et rassurés par la claustration et même par la contention. C’est là, pour eux, une sorte de moyen de défense.

Isolement. — Mais si, d’une façon générale, l’internement est inutile ou même nuisible dans les. obsessions, en revanche, l’isolement peut être et est souvent des plus favorables. Cet isolement doit être pratiqué suivant les règles adoptées pour les névropathes, c’est-à-dire dans un établissement d’hydrothérapie ou de nerveux, sous forme d’installation à la campagne, de voyages, etc. L’essentiel, quelle que soit la façon dont on l’exécute, c’est, en même temps qu’on éloigne l’obsédé de son milieu et des siens, de lui donner un compagnon de choix, intelligent, dévoué, habile, susceptible d’exercer sur lui une influence heureuse, car le traitement moral est sans contredit le premier de tous dans l’obsession.

Psychothérapie. — La psychothérapie en particulier, qui est la base même du traitement moral, est d’une importance capitale. A cet égard, il est nécessaire, comme toujours, de faire une distinction entre la psychothérapie simple, à l’état de veille, et la psychothérapie hypnotique.

TRAITEMENT

D’une façon générale, en effet, les . obsédés présentent cette particularité curieuse que, très sensibles à l’actiqn de la suggestion ordinaire, au réconfort moral du médecin, ils sont rebelles à la suggestion hypnotique, qui n’a pas souvent prise sur eux. Ils ressemblent encore en cela aux neurasthéniques, qui se trouvent momentanément soulagés et même guéris de leurs maux par une simple visite au médecin et qui ne sont pas hypnotisables.

Psychothérapie à l’état de veille. — La suggestion, la psychothérapie à l’état de veille, est une médication délicate, surtout chez les obsédés; elle ne doit être maniée qu’avec beaucoup de prudence, de délicatesse, d’habileté. Un mot peut faire beaucoup de bien à un obsédé ; un mot peut lui faire beaucoup de mal et nous en avons vu plusieurs qu’une phrase malheureuse, échappée à son insu à un médecin, avait poussés au paroxysme de l’affolement anxieux. Nous ne saurions trop insister sur ce point. Bien entendu, l’elFicacité de l’action morale du médecin ou du compagnon sur l’obsédé n’est ni absolue, ni éternelle; il faut savoir en faire varier la formule et l’action, au besoin même faire des changements de personnes, de façon à la rajeunir et à la renouveler. Le but à poursuivre, comme l’indique M. Janet, doit comprendre deux choses : 1° dissocier et désagréger la synthèse mentale secondaire, le système mental de l’obsession ; 2“ reconstituer la synthèse mentale principale, toujours affaiblie. M. Valentin et M. Hartenberg ont, l’un et l’autre, donné des indications personnelles intéressantes sur le traitement des phobies et des obsessions par la psychothérapie ainsi

comprise. Van Eeden et van Renthergem ont aussi beaucoup insisté à ce sujet ainsi que le P’’ Ravmond et M. Bellet dans sa thèse plus haut citée.

Psychothérapie hypnotique. — La suggestion hypnotique, préconisée surtout par Milne-Branwell, Bérillon, Farez, Vlasianos, Lépinay, etc., serait incontestablement la meilleure méthode de traitement des obsessions, si elle était toujours possible. Malheureusement, il n’en est pas ainsi. Depuis de longues années, nous avons fait à cet égard de nombreux essais, et nous pouvons dire qu’en dehors des cas d’obsession se rattachant, à un degré quelconque, à un état hystérique, nous n’avons jamais réussi à suggestionner les obsédés, même en ayant recours à des procédés adjuvants, tels que la chloroformisation. En revanche, nous avons obtenu, comme tout le monde sans doute, de beaux succès dans les obsessions liées à l’hystérie. La chose n’est cependant pas toujours très simple, même dans ces cas, car il n’est pas rare de voir les obsessions, au fur et à mesure qu’on les supprime, réapparaître sous une autre forme ou être remplacées par d’autres symptômes, ce qui recule parfois très longtemps la difficulté.

Il ne faut jamais, dans la cure hypnotique des hystériques obsédés, oublier les rêves qui souvent entretiennent les obsessions et dont on peut, par une action contraire, faire des agents curateurs. L’ün de nous^ et M. Tissié® ont insisté sur ce point. Ce

1. A. Pitres, Congrès des aliénistes et neurologistes. Session de Clermont-Ferrand, 1894.

2. TissiÉ, Un cas d’obsession inlellecluelle et émotive guéri par

TRAITEMENT

dernier a ajouté à Faction de Fhypnose Faction de diverses médications, en particulier de la gymnastique F

Traitement proprement dit. — Le traitement proprement dit des obsessions varie essentiellement suivant l’état général et le type morbide. A cet égard, il convient de distinguer surtout les cas qui se rattachent à l’hystérie, à la neurasthénie, à la dégénérescence, chaque catégorie réclamant une thérapeutique spéciale.

En principe, il faut à la fois calmer et tonifier les obsédés qui, pour la plupart, appartiennent, comme les neurasthéniques, à la. « faiblesse irritable ». Calmer, apaiser l’excitation nerveuse, voilà le grand point, la première tâche, souvent difficile, à reiriplir. Il faut donc s’adresser aux médications sédatives et toniques, sédatives surtout, et éviter par conséquent, à moins d’indication formelle, telle que dépression extrême, ce qu’on fait malheureusement

la suggestion renforcée par un parfum, l’isolement et les douches. Congrès de médecine mentale de Paris, 1889. — Traitement des phobies par la suggestion (rêves et parfums) et par la gymnastique médicale. Congrès des aliénistes et neurologistes, Bordeaux, 1895. — Les rêves : Rêves pathogènes et thérapeutiques. Rêves photographiés. Journal de médecine de Bordeaux, 1896.

I. Voyez encore sur cette question de la suggestion hypnotique chez les obsédés : Aug. Voisin. De l’aide donnée par le chloroforme dans le sommeil hypnotique chez les aliénés et les obsédés. Bulletin médical, juillet 1891, no 91. — Bérillon. Société de médecine et de chirurgie pratiques. Séance du 8 juin 1893. — JoiRE, Traitement par la médication hypnotique de l’état mental des obsessions et des idées fixes des hystériques. Revue de l’hypnotisme, mars 1896, etc.

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très souvent chez les obsédés et chez les neurasthéniques, les stimulants, les excitants, qui ne font que renforcer l’irritabilité. Nous avons vu nombre d’obsédés surexcités au plus haut point par l’hydrothérapie froide ou des toniques trop actifs.

Les agents les plus utiles et auxquels on devra avoir recours, suivant les cas, sont les suivants : douche, habituellement attiédie, bains, affusions, électrothérapie surtout sous la forme statique, exercices corporels, bicyclette, occupations, distractions, laxatif répété, quotidien, comme dérivatif et antitoxique; toniques nervins(giycéro-phosphates, sérum artificiel, etc.), calmants et hypnotiques ; traitement de l’état général, hystérique ou neurasthénique, ainsi que des troubles viscéraux concomitants.

L’opothérapie n’a pas été expérimentée d’une façon systématique dans les états d’obsession. Nous avons, cependant, essayé à diverses Reprises le traitement thyroïdien, mais sans grand succès. La médication ovarienne nous a réussi dans un cas, où les phénomènes vaso-moteurs étaient des plus marqués h

I. Nous ne dirons rien ici de la médecine légale des obsessions, en particulier des obsessions impulsives, nous réservant d’en parler à propos de la médecine légale des impulsions, avec laquelle.elle se confond.

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