SIGNIFICATION DU TERME IMPULSION
« Tout acte consciemment accompli, qui n’a pu être inhibé par un effort de la volonté, est dû à une impulsion » (Legrain. Art. Dipsomanie du Dictionnaire médico-psychologique de Hack,-Tuke. Krafft- Ehing. Obsessions et impulsions sexuelles. Congrès international, 1900).
« L’impulsion pathologique est un syndrome morbide caractérisé par une action ou une série d’actions accomplies par un sujet lucide et conscient, sans l’intervention et malgré l’intervention de la volonté, dont l’impuissance se traduit par une angoisse et une souffrance morale intenses » (Magnan et Legrain. Les dégénérés).
Il résulte, on le voit, de l’ensemble de ces définitions que la valeur et la portée nosologiques du mot impulsion ne sont rien moins que fixées, et qu’on ne sait exactement, en fin de compte, si ce mot caractérise les tendances irrésistibles à des actes, ces actes eux-mêmes ou, en fait de tendances, celles seulement d’actes, ou aussi celles susceptibles d’être, coûte que coûte, enrayées.
Ce dernier point a cependant une grande importance en l’espèce, car il est nécessaire de préciser si, oui ou non, une propension impérieuse s’imposant à la volonté n’est une impulsion que si elle aboutit fatalement à l’acte.
C’est la thèse soutenue en particulier par M. Bourdin. « Si, dit cet auteur, l’impulsion n’est que la force qui pousse à un acte non exécuté, que la tendance à cet acte, on toniibe facilement dans le dilemne suivant : ou cette force n’a rien produit à sa suite et n’a laissé aucune trace de son passage dans Pitres et Régis.
le cerveau, a été inconsciente en un mot — ce qui est inadmissible, car cela revient à nier absolument la présence du phénomène, qui ne se serait traduit par rien de subjectif ou d’objectif — ou elle a été consciente mais sans effet sensible, palpable, pour ainsi dire et elle ne saurait être alors qu’une obsession. Pour qu’il y ait impulsion, il faut donc de toute nécessité que l’acte soit accompli, et alors on dira que tel individu a été victime d’une impulsion, parce ([ue ou puisqueSi a accompli unactenonprémédité^parlui, non consenti par son libre arbitre. L’impulsion évidemment n’est pas Pacte ; elle est un phénomène tout psychique, mais elle n’a de raison d’être que par Pacte qu’elle a engendré‘ ».
Tel n’est pas notre avis, et nous sommes à cet égard de l’opinion de A. Linas, lorsqu’il dit que Pimpulsion n’est pas toujours et fatalement irrésistible et que quelques malades parviennent à la dompter Pour nous, l’exécution de Pacte n’est pas indispensable à l’existence du syndrome et Pimpulsion n’en est pas moins une impulsion, qu’elle soit ou non suivie d’effet.
Si nous en revenons à la comparaison qui nous a jusqu’ici servi de base, nous voyons que le réflexe, processus nerveux, peut exister sans production du mouvement terminal. Lorsque, par exemple, nous percutons le tendon rotulien d’un individu, il sepro-
1. Bourdin, De l’impulsion, sa définition, ses formes et sa valeur psychologiques. Ann. méd.-psychoL, mars-avril 1896.
2. A. Linas, Art. Monomanie du Dict. encyclop. des sciences médicales, 1876.