Kraepelin, Psychiatrie. Sechste Auflage, Leipzig
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convulsion, qui ne diffère de la convulsion ordinaire que parce qu’elle consiste en mouvements associés et combinés en vue d’un résultat déterminé étranger à la vie du malade » (A. Foville). « Ici le phénomène se présente avec l’allure qpasi-automatique. Il n’accuse ni réflexion, ni travail d’élaboration ; on dirait que l’influx causal a traversé les territoires de l’écorce, se soit trouvé canalisé en des voies très fixes, rigides, ainsi qu’on représente les circuits médullaires... La même cause éveille toujours le même réflexe ; chaquè recommencement est une réédition... Les seules variations ne sont guère que des variations d’intensité en rapport avec les fluctuations de l’excitation, et par là encore, la volition se rapproche du réflexe dont elle rappelle même les lois; cette proportionnalité entre l’action et la réaction doit résulter probablement des facultés inhibitrices » (Dallemagne).
Le type de ce genre d’impulsions est celle de l’idiot, de l’imbécile, de l’épileptique qui, sous l’influence d’une sollicitation soit interne, soit externe, sensorielle, hallucinatoire, délirante, émotive ou instinctive, exécutent aussitôt, comme mus par un ressort qui se détend ou dans une sorte de déclanchement automatique, l’acte en rapport avec cette sollicitation sans qu’interviennent ni réflexion, ni jugement, ni compréhension, souvent même sans émotion, conscience, ni souvenir. -
2 ° Les impulsions psycho-motrices diffèrent des précédentes en ce qu’elles répondent à un circuit moins simple, moins direct, moins rapide, empruntant des voies déjà plus longues et s’accompagnant d’un processus idéô-émotif.
TYPES OU DEGRÉS 3oi
Ici, en effet, la sollicitation à l’acte, si elle aboutit toujours à son exécution, n’en comporte pas moins, à un degré plus ou moins marqué, en même temps que la conscience et le souvenir, l’idée et l’émotion de cet acte, ainsi que la notion de ses conséquences possibles. Seules font défaut les opérations, conatives, efi&cientes, celles qui se résument, en fin de compte, dans le pouvoir d’inhibition. Ce pouvoir n’existant pas ou n’existant plus, il n’y a même pas essai de lutte, et l’acte, bien qu’apprécié, est fatalement accepté et exécuté.
Cette variété d’impulsions est représentée par les réactions excentriques, Auolentes, destructives de certains dégénérés, surtout psychasthéniques, des hystériques, des épileptiques en dehors des accès, des maniaques agités.
L’un de nous voyait, il y a peu de temps, dans son cabinet, une jeune fille de i8 ans, dégénérée, fille d’un grand alcoolique mort à ko ans d’accidents cérébraux, et qui présente de la façon la plus typique ce genre d’impulsions. De temps à autre, une ou deux fois par semaine, elle est prise tout d’un coup, sans prodromes, d’une crise impulsh^e dont nous avons pu un jour être le témoin. Elle se précipite sur un de ses parents, l’œil en feu, animée, surexcitée, violente, saisit une pièce de ses vêtements et la déchire. Cela fait, elle se laisse aller à terre, et, toute attristée, se met à pleurer. Son chagrin d’avoir dû céder à son emportement est tel qu’elle s’enferme dans sa chambre, se couche, ne veut voir personne et reste ainsi sombre et concentrée pendant quelquefois dix ou quinze jours.
La conscience et le souvenir sont absolus et l’appréciation de l’acte parfaite. Il n’y a ni obsession, ni lutte d’aucune sorte. La malade n’essaie même pas de résister. Elle subit comme passivement, bien que malgré elle, la force qui la pousse en avant.
3“ Les. impulsions psychiques représentent le degré le plus atténué de l’impulsivité, celui où la tendance au réflexe est combattue, souvent victorieusement, par le pouvoir d’inhibition. Ball les appelait déjà fort justement des impulsions intellectuelles ^.
Ce qui caractérise donc cette impulsion, ce qui en fait l’intérêt psychologique et clinique, c’est ce conflit de forces opposées dont le champ cérébral est le théâtre, c’est la lutte anxieuse, indécise entre le pouvoir d’inhibition,, plus ou moins affaibli, et la sollicitation anormale vers le réflexe.
Ici, les caractères constitutifs de l’impulsion existent encore, mais ils se rapprochent déjà de ceux de la volition physiologique, notamment au point de vue de la durée, quelquefois fort longue, du processus qui contraste avec l’instantanéité de la décharge motrice automatique.
Ces impulsions ont pour type l’obsession impulsive, car l’obsession proprement dite ne devient une impulsion que lorsqu’elle passe de l’état statique à l’état dynamique, c’est-à-dire lorsqu’elle se manifeste par ùne tendance à un acte.
Les caractères de l’obsession impulsive ont été décrits dans la première partie de ce volume ; nous
I. B. Ball, Des impulsions intellectuelles. L’Encéphale, i88i, p. 26.