‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 82 sur 114 · TYPES OU DEGRÉS · texte numérisé non relu

TYPES OU DEGRÉS

n’avons donc pas à y revenir. Rappelons seulement, avec M. Magnan, qu’ils se résument en ; conscience lucide, ■ lutte angoissante, irrésistibilité, émotivité,soulagement consécutif à l’accomplissement de l’acte. Mais il est bien entendu, une fois pour toutes pour nous, que cet -accomplissement de l’acte n’est ni constant, ni fatal.

Linas avait déjà décrit d’une façon saisissante la crise d’obsession impulsive :

« Ces accès éclatent rarement d’une manière brusque et soudaine. Ils sont ordinairement préparés par une période d’incubation plus ou moins longue, pendant laquelle l’idée fixe, qui deviendra plus tard impulsive, se présente à l’esprit d’une manière fugitive et vague, chassée par la raison, mais revenant par intervalle, avec une obstination toujours croissante qui commence à jeter le trouble et l’anxiété dans l’âme des malades. Ce trouble et cette anxiété augmentent et se traduisent par une impression de malaise et d’angoisse, des inquiétudes vagues, des appréhensions non motivées, des insomnies, un besoin naissant de se mouvoir, une sorte d’impuissance à fixer l’attention et à assembler les idées. Puis viennent les symptômes précurseurs de l’accès : une céphalalgie intense, un sentiment de vacuité, de pression .ou de chaleur dans la tête, des bruits dans les oreilles, une anxiété précordiale extrême, une sensation de feu dévorant à l’épigastre ou dans la poitrine, des spasmes douloureux dans différentes parties du corps. C’est alors que la raison se trouble, et que l’idée impulsive prend possession de l’esprit des malades et s’impose à eux sous la forme d’une obses-

sion incessante. Ceux-là ont conscience de leur état, et comprennent leur triste situation ; ils ont horreur des mauvaises suggestions qui les assaillent, ils en sentent toute l’atrocité, ils en saisissent les affreuses conséquences, ils luttent énergiquement contre elles, ils font des efforts désespérés pour, les conjurer; ils fuient les lieux où elles, se développent et où elles semblent- s’accroître ; ils évitent toutes les occasions qui pourraient les faire succomber ; ils éloignent d’eux les objets, les instruments ou les armes dont ils pourraient se servir pour mal faire. Sentant leur impuissance contre les horribles suggestions auxquelles ils sont en butte, quelques-uns demandent avec instances qu’on les garotte ou qu’on les enferme, afin de les mettre dans l’impossibilité de nuire. La résistance est plus ou moins vive et plus ou moins prolongée, suivant la violence ou l’opiniâtreté de l’impulsion. Quelques malades parviennent à repousser ces terribles assauts ; mais chez la plupart, la raison impuissante ou affaiblie succombe dans cette lutte inégale et acharnée. Cet ensemble de phénomènes, avec l’acte impulsif auquel ils aboutissent, ne peut être considéré que comme la crise d’un trouble mental particulier qui durait depuis plus ou inoins de temps. Et ce qui vient corroborer cette manière de voir, c’est qu’une fois l’acte consommé,, il s’opère, dans l’état de ces malheureux, une sorte de détente et de soulagement, comme si l’accomplissement de l’impulsion était le seul moyen pour eux de se débarrasser de tourments intolérables ^. »

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