‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 90 sur 114 · TissiÉ, Des aliénés voyageurs. Thèse de Bordeaux · texte numérisé non relu

TissiÉ, Des aliénés voyageurs. Thèse de Bordeaux

3 . Duponchel, Étude clinique et médico-légale des impulsions morbides à la déambulation observées chez les militaires. Annales d’hygiène publique et de médecine légale, juillet 1888.

4. J. Voisin, Automatisme ambulatoire chez une hystérique. Société médico-psychologique, 1889.

5 . Pitres, Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotisme, 1891. — L’automatisme ambulatoire dans ses rapports avec l’épilepsie. Congrès des aliénistes et neurologistes, Bordeaux, 1895. — L’automatisme ambulatoire ou vagabondage impulsif. Revue des Revues, 1896.

6. Sous, De l’automatisme comitial ambulatoire. Thèse de Paris,

7. Géhin, Contribution à l’étude de l’automatisme ambulatoire ou vagabondage impulsif. Thèse dé Bordeaux, 1892.

8. Saint-Aubain, Fugues inconscientes hystériques. Thèse de Paris, 1892.

9. Régis, Sur un cas d’automatisme ambulatoire hystérique. Journal de médecine de Bordeaux, 1893.

lo. Dénomini, Des impulsions morbides à la déambulation au point de vue médico-légal. Thèse de Lyon, 1893.

II. Dübourdieu, De la dromomanie des dégénérés. Thèse de Bordeaux, 1894.

r3. Lücas-Ghampionnière, Sur l’automatisme ambulatoire. Journal de médecine et de chirurgie pratiques. lo août 1895.

Meurice^, Bregman", Barinski**, etc... La synthèse séméiologique de ces fugues nous a conduits à distinguer dans le vagabondage impulsif plusieurs variétés distinctes.

A côté des grandes fugues des névrosés, et à un degré moindre au point de vue pathologique, il fau t signaler le besoin impérieux de marcher, de se déplacer incessamment, observés chez des sujets qui sont à peine des malades, des déséquilibrés. Ce groupe d’individus comprend les déambulateurs simples, les trimardeurs, les ouvriers errants.

Les impulsions locomotrices des états névropathiques sont de beaucoup les plus importantes. Elles sont essentiellement dissemblables dans la dégénérescence et la psychasthénie, dans l’épilepsie, dans l’hystérie.

« La fugue des dégénérés, en particulier celle des neurasthéniques, se produit sous l’empire d’une propension plus ou moins soudaine, ordinairement obsédante, à laquelle les sujets ne peuvent résister en raison de la faiblesse de leur volonté. La crise, née souvent d’une cause réelle, mais insignifiante, revêt le type conscient et le souvenir en reste tout à fait intact.

« La fugue de l’épileptique est absolument automatique. L’épileptique part tout d’un coup, à l’aveugle ; il marche au hasard devant lui, ne sachant ni ce qu’il veut, ni ce qu’il fait, se livrant inconsciemment sur sa route à des extravagances, à des actes impu-

I . Meurice, Les fugues chez les enfants. Thèse de Paris, 1899.

2. Bregman, Sur l’automatisme ambulatoire, a fugues », « dromomanie ». Neurologisches Gentralblatt, 1899, n” 17.

3 . Babinski, Automatisme ambulatoire et somnambulisme hypnotique. Revue de l’hypnotisine, septembre 1899.

IMPULSION A. LA FUGUE

diques, à des impulsions subites à l’incendie, à l’homicide ou au suicide. Revenu à lui, il ne sait rien de ce qui s’est passé, il ignore où il est et comment il y est venu.

« La fugue de l’hystérique a dès symptômes différents. Ici, le sujet est en état second ou de somnambulisme. Chez lui, l’idée du voyage à accomplir répond souvent à un désir, ou même à un besoin antérieur, qui se manifeste et réagit spontanément durant le sommeil nerveux, et le malade l’exécute presque d’une façon normale, allant droit au hutsans s’écarter. D’autre part, l’amnésie de la fugue, bien que constante, n’est pas toujours aussi profonde et aussi absolue que dans l’épilepsie et parfois quelques débris de la scène surnagent dans les souvenirs. Enfin, il est possible de réveiller complètement la mémoire de la fugue en plaçant le sujet dans l’hypnose. A l’état ordinaire, l’amnésie est complète, il ne se rappelle rien ou presque rien ; mais si on parvient à le plonger dans le sommeil artificiel, ce qui n’est pas toujours possible, il récupère le souvenir de son accès pour retomber,. au réveil, dans l’amnésie antécédente h »

Il est vraisemblable qu’en dehors des soudaines et courtes propulsions en avant de l’épilepsie dite procursive, l’automatisme ambulatoire à grands et longs accès, durant lesquels le sujet se dirige et accomplit des actes plus ou moins coordonnés, n’appartient guère à l’épilepsie dont le symptôme le plus général, le plus constant, le plus caractéristique est l’inconscience absolue. L’automatisme ambulatoire classique

Régis, Loco citato.

est surtout le fait de l’hystérie. Lorsqu’on le constate dans Fépilepsie, il est sans doute dû à un état second indirectement provoqué par cette névrose et identique au somnambulisme de l’hystérie.

L’un de nous a proposé de désigner l’impulsion consciente à la fugue du psychasthénique, plus ou moins déséquilibré ou dégénéré, en particulier celle à caractère obsédant, sous le nom de dromomanie. Cette dénomination qui a été adoptée par certains auteurs pourrait parfaitement s’étendre, croyons-nous, à la fugue impulsive de l’épileptique et de l’hystérique. Pi’éférable au point de vue de l’exactitude au terme d’automatisme ambulatoire, qui préjuge un caractère d’automatisme qui est loin d’exister toujours, il aurait l’avantage de marquer, par sa désinence même, la similitude clinique de l’impulsion à la marche avec les autres impulsions morbides.

Un chapitre intéressant de l’histoire de la dromomanie est celui de la dromomanie dans l’armée.

Bien que ce chapitre ait un intérêt avant tout médico-légal, nous croyons devoir le signaler ici, le résumé que nous ferons plus loin de la médecine légale des impulsions ne comportant pas une analyse de faits aussi détaillée.

La fugue impulsive est relativement fréquente chez les soldats, ce qui s’explique et par le nombre malheureusement trop grand chez eux des dégénérés à tous les degrés, faute d’une sélection psychique aussi bien cque physicjue à la révision, et par la tournure naturelle à l’escapade que tend à prendre l’impulsivité chez des individus rigoureusement tenus par la discipline i

IMPULSION A LA FUGUE

La fugue dans l’armée, lorsqu’elle se prolonge au delà de la durée légale, portant le nom de désertion, c’est-à-dire impliquant des pénalités graves, il importe de la bien connaître, de façon à distinguer, ce qui n’est pas toujours facile, la maladie vraie de la simulation. Les Conseils de guerre ont souvent à juger des affaires de ce genre et quelques-unes d’entre-elles ont donné lieu à d’intéressants rapports médico-légaux.

, Ayant eu l’occasion d’observer, seuls ou de concert avec nos excellents confrères de l’bôpital militaire de Bordeaux, un certain nombre de,faits de ce genre, nous croyons pouvoir dire que, sur un fond commun et constant de dégénérescence, plus ou moins marqué suivant les cas, on peut rencontrer, dans l’armée, les trois formes névropathiques d’impulsions dromomaniaques : hystérique, psychasthénique, épileptique, les deux premières étant incomparablement les plus fréquentes ^ Nous rapportons à la lin de ce volume deux des faits que nous avons été. appelés à examiner.

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