INTRODUCTION
. L’occlusion intestinale au cours des différentes phases de la puerpéralité est exceptionnelle,
En 1902, PINARD pensait même qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir, dans la pathologie puerpérale, un chapitre ayant pour titre : « Occlusion intestinale de la grossesse », et il ajoutait : « Pour ma part, je n’ai jamais vu d’occlusion intestinale compliquer une grossesse normale, et lorsque j’ai observé des accidents intestinaux, il s’agissait de grossesse extra-utérine ou d’appendicite. »
Certes, ce sont là, en effet, les deux grands facteurs d’oc-
. clusion intestinale pendant la grossesse; il est même classique
de dire que, lorsque une femme enceinte présente de tels accidents au début d’une gestation, leur simple constatation suffit à faire porter le diagnostic : de grossesse ectopique.
Il est indiscutable également que l’appendicite aiguë s’accompagne volontiers chez la femme enceinte de phénomènes d’occlusion, même sans qu’il y ait abcès ou réaction péritonéale importante.
Mais il n’en est pas moins vrai que des occlusions intestinales aiguës véritables, peuvent compliquer la gestation normale. PINARD, lui-même, en 1913, revenait sur son opinion première, et intervenant lors de la discussion de mars 1913 à la Société de Gynécologie et d’Obstétrique de Paris, reconnaissait l’existence de ces accidents, leur gravité, et la nécessité d’un traitement chirurgical précoce. « Plus je vieillis, plus je vois de cas semblables, plus j’ai la conviction que les moyens médicaux, aussi bien que lévacuation de l'utérus, doivent
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être abandonnés et que seule l’intervention précoce pou sauver la vie des malades ». sa
Et, en fait, actuellement, malgré les difficultés que l’on peut éprouver à classer dans ‘un tableau d’ensemble ces accidents occlusifs si divers de la puerpéralité, il est possible d’individualiser un syndrome « Occlusion intestinale de la grossesse ».
Dans l’éclosion de ce syndrome, le rôle de la grossesse n’est pas toujours prouvé, c’est ce qui avait conduit GAUCHERY à séparer nettement trois groupes d’occlusions selon leurs rapports avec l’état puerpéral
— les occlusions extra-gravidiques;
— les occlusions para-gravidiques dont le type le plus fréquent est réalisé par le volvulus du côlon pelvien;
— les ocelusions gravidiques pures, ces dernières étant de beaucoup les plus rares.
Il nous a semblé pourtant en analysant les nombreuses observations et les divers travaux publiés depuis 1900, que pour n'être pas toujours nette, l'influence de la puerpéralité était cependant indiscutable dans nombre de cas.
En emplissant la presque totalilé de done l’utérus gravide empêche certaines variétés d’occlusions comme les étranglements herniaires, par exemple; par contre, en modifiant la statique abdominale, en influant sur le péristaltisme intestinal, l’état de grossesse favorise l’apparition de certaines variétés d’occlusions bien particulières, au premier rang desquelles il faul citer :
— les volvulus ;
— et ce que nous appellerons : les iléus vrais de la grossesse; le siège de ces occlusions étant neuf fois sur dix le côlon sigmoiïde.
Par ailleurs, la présence de cet utérus gravide rend particulièrement malaisée la reconnaissance de l’iléus et de sa cause véritable, complique singulièrement le problème thérapeuti-