‹ Les occlusions intestinales consécutives aux opérations gynécologiquesChapitre 12 sur 27 · DEP TE · texte numérisé non relu

DEP TE

A la palpation, le ventre est souple mais douloureux, surtout dans l’hypogastre et dans la fosse iliaque droite.

Au toucher vaginal on sent une cicatrice transversale au fond du vagin et dans le milieu du cul-de-sac droit les anses météorisées.

Le toucher rectal ne relève qu’un paquet hémorroïdal douloureux.

La malade recoit une injection de sédol et de caféine.

Le 3 février, le faciès est meilleur, le métorisme est moins marqué, le pouls reste bon.

Ni selle, ni gaz; vomissements alimentaires dans la nuit. “ La malade est envoyée à la clinique. A son arrivée dans l’après-midi, elle souffre vivement du bas-ventre, le péristaltisme est net, le ventre n’est pas ballonné et l’on voit nettement les anses se dessiner sous la paroi. Le pouls et le faciès sont bons; pas de vomissements depuis cette nuit.

On pense à une occlusion intestinale par bride consécutive à l’hystérectomie et à 18 heures, on pratique, sous rachianesthésie (scurocaïne, 0,12 centigr.), une laparotomie sous-ombilicale.

L'’intestin grêlé est distendu sur une longueur d’environ 40 em., en suivant l’anse distendue on est conduit dans le petit bassin sur une anse bridée à l'extrême, comme serrée par une ficelle par l’extrémité de la trompe droite étirée, filiforme, adhérente au mésentère.

La trompe et l’ovaire sont enlevés. La striction fortement marquée ne paraît pas s'accompagner de lésions

des tuniques intestinales; l’anse reprend son calibre

immédiatement.

EPS

La malade à la fin de l'opération, qui a été de courte durée (15 minutes à peine) est dans un état de choc intense avec apnée qui cède à des injections de caféine, d'huile camphrée, à la respiration artificielle.

Le 4, la malade n’a pas émis de gaz; le pouls est petit, rapide, mais l'abdomen est souple; la malade n’a pas vomi. On donne 3 fois 5 gouttes de digitaline au 1/1000 et on injecte 2? ampoules de péristaltine.

Avec un lavement, la malade évaeue le même soir, des gaz et une selle.

Le 5, le ventre se ballonne mais l’état général est bon.

Le 6, on prescrit un mélange d ‘huile de ricin (2 cuillérées à café) dans de l’huile d’amandes douces (2 euillérées à soupe}, ce qui provoque une débâcle.

Réunion per priman, la malade quitte la clinique le 14 février ; elle reste bien guérie. Elle se plaint uniquement d’avoir de temps en temps du météorisme qui disparaît après une émission de gaz abondants.

On sait que l’hystérectomie vaginale est parmi les interventions chirurgicales une de celles qui se compliquent le plus souvent d’iléus, sans doute parce qu’on ne peut faire une bonne péritonisation.

Dans la majorité des cas, cette complication est due à l’adhérence d’anses de l’intestin grèle à la cicatrice vaginale; elle apparaît alors en règle générale de 15 à 20 jours après l’opération.

Assez souvent elle relève d’un étranglement par. bride; elle est alors d’ordinaire plus tardive, se produisant plusieurs mois ou plusieurs années après l’hystérectomie.

Il est certes exceptionnel de voir, commc dans notre cas, près de 23 ans s’écouler sans aucun trouble avant que n’éclatent brusquement les accidents d’occlusion.

Mais notre observation montre qu’en présence d’une malade atteinte d’iléus et dont les antécédents comportent une opération intra-abdominale, il ne faut pas abandonner le diagnostic d'’iléus dû à l’opération et chercher ailleurs la cause de l’occlusion sous prétexte que l’intervention est trop ancienne.

C’est toujours vers la région de la cicatrice opératoire qu’il convient de se porter d’emblée, en pareil cas.

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