‹ Les oculistes gallo-romains au 111e [troisième] siècleChapitre 6 sur 25 · NADA · texte numérisé non relu

NADA

Sur d’autres fragments on lit :

. . .IANI NA . . . iani na(rdinu)m ad lippi(tudinem).

. . .1 AD LIPPI Collyre de nard de Julien contre l’ophtalmie.

Sur d’autres fragments :

a NARDINVM

b . I ARDIN . . NARDINVM .

c NARI)....

d NAR

M. Mowat, dont les travaux et la riclie collection réunie avec tant d’art et de soins, ont rendu le nom célèbre, possède une partie des collyres secs trouvés à Reims par Duquenelle. Il a la gracieuseté de m’écrire que deux d’entre eux portent seuls une inscription, on lit sur une de leurs laces le mot :

NARDINVM

Les autres qui présentent le même aspect, la même couleur et la même composition, sont dépourvus d’inscription.

Le Nardinum, onguent ou collyre, était exclusivement préparé avec le suc de plusieurs plantes et principalement du Nard. Le nard servait aussi à parfumer divers collyres. Les onguents et collyres au Nard étaient fort réputés contre une foule de maladies. Le Nardinum pouvait être exclusivement préparé avec des sucs végétaux, mais parfois on y ajoutait des substances minérales telles que la cadmie, du cuivre brûlé, de l’antimoine, de la céruse. On employait plusieurs espèces de nard, mais celui de l’Inde jouissait de la plus grande réputation.

La thérapeutique des oculistes romains ne se bornait pas seulement à l’introduction de leurs collyres dans les yeux malades, ils instituaient en outre une médication générale et locale qu’il est peut être bon de rappeler. En son beau Traité de Médecine , Celse nous la fait connaître et ses illustres successeurs Galien, Oribase ne l’ont guère modifiée.

Dans les cas d’inflammation vive les ophtalmiques étaient soumis à un traitement anti-pblogistique, on les retenait au lit, dans un repos absolu du corps et de l’esprit, dans une chambre obscure, on les tenait à la diète. La saignée générale était appliquée aux malades vigoureux, à d’autres on plaçait des sangsues aux tempes, au front, dans

les narines. On cautérisait les tempes, on posait des ventouses scarifiées au sommet de la tête, ou dans la nuque. Les bains chauds, les frictions sur tout le corps, la sudation jouaient aussi un grand rôle dans le traitement des affections oculaires. Les lavements et les purgatifs étaient souvent employés. Les promenades, l’exercice, l’emploi des eaux thermales étaient d’un usage fréquent.

Les collyres jouaient sans doute un grand rôle, mais les applications médicamenteuses sur l’œil et autour de l'œil n’étaient pas négligées. On faisait des onctions sur l’œil à l’extérieur ; sur le front, on appliquait un linge ou de la laine imprégnée d’un onguent fait avec un mélange de safran, de farine blanche dans du blanc d'œuf. D’autres fois le front était oint avec un mélange de gomme, de céruse, d’antimoine broyés secs dans du suc de Myrte et d’écume d’argent bouillie dans de l’eau de pluie. On pensait par cette application frontale comprimer les vaisseaux et arrêter les cours de la pituite.

Les onctions se faisaient avec différentes substances, citons en quelques unes. On prenait du safran, de la Myrrhe, du suc de pavot qu’on broyait dans du passum (vin de raisins séchés au soleil). On mêlait dans un vase un blanc et un jaune d’œuf, on y ajoutait un peu de vin miellé et on mêlait avec le doigt jusqu’à consistance homogène. On employait aussi avec avantage de La farine bouillie mêlée avec une pomme de coing également bouillie. On usait aussi comme topique extérieur de l’eau ou bien de l’oxycrat, d’une décoction chaude de feuilles de Myrte ou de roses. Le miel servait aussi à faire des onctions, parfois on l’employait seul, d’autres fois on le mélangeait à de l’huile de Troène, d’autres fois mélangé à de la graine d’Euphorbe Peplis broyée. On usait aussi fréquemment de cataplasmes sur les yeux ; le meilleur, d’après Celse, était fait avec de la graine

de lin bouillie dans du vin miellé ou à défaut de graine de lin, de la farine de froment bouillie de la même manière, mais on en fabriquait aussi avec de la farine délayée dans de l’eau froide additionnée de suc d'acacia ou de cyprès. D’autres étaient fait de pain délayé dans du vin, d’autres encore de sel ammoniac, ou de tout autre sel, le meilleur possible, auquel on ajoutait peu à peu de l’huile jusqu’à consistance pâteuse, puis on mêlait le tout avec de la farine d’orge bouillie dans du vin miellé.

Enfin, comme nous le faisons encore aujourd’hui, les yeux malades étaient soumis à l’action de bains de vapeurs ou de fumigations.

A l’époque de Celse, comme à celle de Scribonius Largus, Galien, Oribase, Aetius les onctions se faisaient sur l’œil au moyen de la spatule (specillum) et le même instrument servait à introduire le collyre dans l’intérieur de l’œil. Celse dit « et specillo super oculum inducantur ». Pline ( Histoire naturelle , liv. vii, p. 309) confirme Celse « ce qui » est le plus singulier, écrit-il, c’est la mort subite de Caius » Julius, médecin, en faisant des onctions dans les yeux » avec la spatule : Super omnes C. Julius medicus dum » inunguit specillum per oculum trahens ». Scribonius Largus, plus explicite, nous apprend, chap. xxxvi, comment s’appliquaient les collyres, la spatule chargée du médicament était glissée sous la paupière, ou bien on l’appliquait sur la paupière renversée : « Collyrium quod propriè facit » ad aspritudinem palpebrarum et callositatem, oportet » subjicere specillum aut invertere palpebram ». Marcellus, chap. vm, §. 117, se sert des mêmes expressions.

Galien dit, col. 521 : « On employera ce collyre contre » les granulations seulement, on l’introduira dans l'œil avec » une spatule sans toucher au globe, il suffira le plus sou- » vent d’en enduire la paupière inférieure avec la spatule,

» mais rien ne s’oppose à ce que la paupière supérieure » n’en soit aussi enduite ». Il dit plus loin : « Celui qui » employé ce collyre doit bien étaler les paupières renver- » sées et le malade ne clignera pas en ce moment. »

Oribase nous apprend qu’il existait une série de collyres qu’on versait goutte à goutte dans l’œil malade comme nous le faisons encore aujourd’hui ; il donne pour litre à ce chapitre : « Collyria enstacta, hoc est, instillatitia appellata ». La plupart de ces collyres sont des solutions aqueuses. Il conseille de les employer en cas d’inflammation grave, afin d’éviter à l’œil le contact irritant de la spatule. Dans les autres circonstances on employera les collyres sous forme d’onction, mais il faut que l’olive de la spatule ne touche pas à l’œil, on appliquera le remède en enduisant la paupière inférieure.

Oribase craint pour l’œil le contact irritant de la spatule, mais on pouvait la glisser sous la paupière supérieure sans toucher l’œil, c’est ce que recommande Galien et c’est ce que recommande aussi Aetius (p. 370) : « Utendum » autem est ipso ad palpebras solas, inducto specillo, dira » tunicarum oculi contactu ».

Les instillations et les onctions s’employaient de concert chez le même malade, nous apprend Aetius : « Dans les » affections longues et désespérées, dit-il, nous atteignons » le but en partie par des instillations, en partie par des » onctions. In diuturnis autem ac desperatis, partim instil- » litantes, partim illinantes scopum attigimus ». Le même auteur nous dit aussi dans le chapitre qu’il consacre aux collyres d’un jour, monohemera appellata, que la spatule servait aux onctions oculaires : « Collyrium monohemerum » appellation eo quod ex unica specilli inductione curât ».

Il résulte de l’énoncé de ces textes que les oculistes antiques introduisaient les médicaments dans l’œil malade

comme nous le faisons aujourd’hui. Les collyres liquides s’appliquaient par instillations et ceux qui avaient une consistance plus solide, se glissaient au moyen de la spatule sous les paupières ou bien encore s’appliquaient sur les paupières renversées.

Quand l’oculiste appliquait le remède lui-même, voilà comment les choses se passaient, mais quand le malade se faisait l’application du médicament, il n’avait sans doute pas de spatule à sa disposition et employait comme les ophtalmiques modernes une petite cuiller pour les instillations liquides et introduisait entre les paupières ou sous ces voiles les collyres plus solides au moyen de son doigt, d’un petit bâtonnet aminci et arrondi à son extrémité ou d’un morceau de papier roulé sur lui-même.

Pour lolionner les yeux on se servait de laine douce, bien cardée, ou d’éponges ; Celse, Scribonius Largus, Galien, Oribase, recommandent l’emploi de ces deux substances. Celse conseille même l’emploi de l’éponge pour instiller des collyres dans l’œil : « à défaut de médecin ou de médica- » ment, on peut en versant fréquemment dans l’œil du » blanc d’œuf ou du lait de femme à l’aide d’une éponge » (penicillum) diminuer la violence du mal » (liv. vi, chap. VI, § 8).

La laine et l’éponge servaient à laver les yeux, à les maintenir propres au moyen d’eau chaude ; elles servaient aussi à bassiner ces organes avec des décoctions médicamenteuses, telles que celles de feuilles de myrte ou de roses. De même que la laine devait être douce et bien cardée, l’éponge devait être d’une grande finesse, d’une grande douceur. On employait dans ce but une éponge spéciale qu’on appelait penicillum. « Les éponges les plus fines, dit » Pline ( Histoire naturelle , liv. xxxi, chap. xlvii), Mollis- » simum genus earum penicilli, sont employées à faire des

» plumasseaux; appliqués avec du vin miellé sur les yeux, » ces plumasseaux en dissipent le gonflement ; ils sont très » bons pour absterger la chassie et pour cela il faut qu’ils » soient très tins et très souples. »

« Trogue-Pompée rapporte que du côté de la Lycie, » dans la haute mer, là d’où on a retiré des éponges, il se » forme les plumasseaux les plus fins. Trogus auctor est, » circa Lyciam penicillos mollissimos nasci in alto, unde » ablatæ sint spongiæ. »

Mais est-ce bien de cette éponge, de ce penicillum dont je viens de dire les usages, qu’il est souvent question sur les cachets d’oculistes. Dix-neuf d’entre eux, sur les 199 étudiés par Espérandieu, portent le mot penicillum. Sicliel avec bien d’autres épigraphistes , ont cru qu’il s’agissait de l’éponge avec laquelle les malades se fomentaient les yeux. Ainsi MM. Huebner et Klein étudiant le cachet de Julius Jucondus :

IVLIVCYNDI COLLYR PENC

Julii Jucundi collyrium penicillum

traduisent par Collyre de Julius Jucundus à appliquer avec une éponge.

Celte interprétation déjà combattue par MM. Héron de Villefosse et Thédenat ne me parait pas acceptable.

Tous les oculistes tenaient sans doute à la disposition de leurs malades des éponges et de la laine douce bien cardée. Mais les seuls ophtalmiques ne se servent pas exclusivement de ces objets, on s’en sert pour une foule d’autres usages que les soins à donner aux yeux. On se les procurait donc ailleurs que chez les oculistes. Pourquoi ceux-ci auraient-ils inscrits sur leurs cachets penicillum et jamais lana mollis benê carpta. Alors que la laine est recommandée

au même titre que le pénicillium Sur 199 pierres sigillaires connues 19 seulement portent ce mot, il n’est donc pas plus fréquent que le nom des autres collyres, alors qu’il se rattache à un objet d’un usage si journalier et si banal. Mais le cachet servait à appliquer sur la pâte encore molle des collyres en voie de fabrication, l’empreinte d’une inscription. Mais quelle inscription voulez-vous imprimer sur une éponge au moyen d’un cachet? On répond à cette difficulté que le cachet aurait pu servir à marquer la boîte qui renfermait les éponges. Jusqu’à cette heure, ce genre de boîte n’a pas été retrouvé. L’éponge n’est pas un produit tellement précieux qu’il faille l’enfermer dans une boîte à conserver ; regardez autour de vous, vous verrez les éponges en las dans les magasins qui les débitent. Oribase (t.‘ ii, p. 436) dit « après avoir pétri les collyres, il faut les conserver » dans un vase de bronze. Car le bronze améliore les médi- » caments oculaires. » Mais aucun auteur ancien n’a étendu aux éponges la recommandation faite pour les collyres.

Voici la liste des cachets sur lesquels le mot penicillum se trouve inscrit :

Bavai. Marci Tarquinis Floreutini penicillum.

Coudé sur lion (Eure). Marcellini penicillum.

Famars (Nord). Tiberii Claudii Massoris penicillum.

Iena. Phronimi penicillum ad omnem lippitudinem. Lydney(Gloucestershire). Julii Jucundi collyrium penicillum. Metz. Lucii P.... Villani lene penicillum ad impetum lippitudinis è lacté.

Besançon. Lucii Julii Docilæ penicillum authemerum ex ovo. British-Museum. Marci Julii Satyri penicillum lene ex ovo. Arbois Jura. Tiberii Claudii Onesiphori penicillum lene ex

ovo.

Colchester (Comté d’Essex). Gaii Ulpii Decimini penicillum lene.

Mandeure. Gaii Claudii Immunis penicillum lene ad impetum lippitudinis ex ovo.

Mayence. Quinti Carminii Quintilianî penicillum lene ad oinnem lippitudinem ex ovo.

Reims. Marci Filoniani penicillum lene ad lippitudinem.

Reims. Decimii Gallii Sesti penicillum lene ad lippitudinem.

Trêves. Eugenii penicillum lene post impetum.

Montey St-Pierre. Marci Valerii Seduli penicillum lene ad omnem lippitudinem.

Arles.... Quinti L... Dionysii penicillum molle ad impetum lippitudinem ex ovo.

Ravai Julii Amandi pénicillé molle ex ovo.

Naix.... Junii Tauri pénicillé molle ad omnem lippitudinem.

Pour nous, le mot penicillum inscrit sur 19 cachets se rapporte à un collyre : Collyrium penicillum. Le cachet de Julius Jucundus nous en fournit la preuve :

Julii Jucundi collyrium penicillum.

Un certain nombre de cachets portent à côté du nom de l’oculiste, celui d’un collyre parfaitement connu, célèbre parfois, qui n’est pas suivi du nom d’une maladie. Exemples:

lo

Marci Tarquinii Florentini Marci Tarquinii Florentini Marci Tarquinii Florentini Marci Tarquinii Florentini

Dialepidos.

penicillum.

Diasmyrnes

Diacisias.

2° Marci Claudii Recti chloron.

Marci Claudii Recti Diaglaucen.

Marci Claudii Recti pelagium.

Marci Claudii Recti Anicetum,

3° Titi Vindacii Ariovisti Anicetum.

Titi Vindacii Ariovisti Nardinum.

Titi Vindacii Ariovisti Chloron.

4° Kocr/jLOV [A7)\lV0V

Koa/xov avOrj/jLepov Koa/lOV ap/ULCLTLOV

5° P. Flavii Martialis Diasmyrnes.

6° G. Firmius Severus Diasmyrnes.

Ces noms de médicaments accolés à celui d’un oculiste, se rapportent à des collyres célèbres, aucun doute n’existe sur leur nature et s’il en existait nous le ferions disparaître en mettant les inscriptions suivantes sous les yeux du lecteur :

Julii Jucundi collyrium Melinum Julii Jucundi collyrium penicillum.

Julii Jucundi collyrium stactum.

Felicis collyrium dialepidos,

Felicis collyrium Diasmyrnes.

Felicis collyrium Diamysum.

Il est donc bien établi que le mot qui suit le nom de l’oculiste est le nom du collyre, qu’il soil ou non précédé du terme Collyrium.

Si on lit attentivement les cachets qui portent le mot penicillum, on sera convaincu qu’il s’agit bien d’un collyre et non d’une éponge.

Trois cachets portent que le penicillum doit servir au moment où l’inflammation est la plus vive : ad impetum lippitudinis. Un seul porte qu’il doit servir quand l'inflam-

mation a perdu de sa force : post impetum. C’est là une recommandation faite très souvent à propos des collyres* mais elle ne se conçoit plus s’il s’agit seulement d’une éponge qui ue sert qu’à fomenter et nettoyer les yeux.

Dix cachets portent penicillum lene, trois penicillum molle. Pourquoi ces adjectifs lene , molle , s’il s’agit d’éponges ? Pline ne nous dit-il pas que le penicillum est l’éponge la plus douce, la plus molle que l’on puisse trouver. Sept cachets portent les mots ex ovo. è muliebri lacté. Ces mots nous les lisons souvent sur les cachets d’oculistes. Un collyre perdait de son acreté quand on le dissolvait dans le lait ou le blanc d’œuf : « Plus l’inflammation est intense, » plus il est urgent d’adoucir le médicament en ajoutant du » blanc d’œuf ou du lait de femme ». (Celse, cliap. vi, §. 8, liv. vi.)

Aetius, p. 377, dit à propos des « Collyria Monohemera », « Utere cum aqua diluto in his qui mordacitatem ferre » possunt, in aliis cum ovo », et ailleurs : « Si vero vehe- » mius fuerit inflammatio cum ovo infunde ». On conçoit qu’on adoucisse l’action du Collyrium penicillum en le mêlant à du blanc d’œuf ou du lait, mais qui songerait à adoucir par ces moyens la fine et douce éponge dont on se sert pour nettoyer les yeux et qu’on trempait dans toute une série de liquides destinés à fomenter ces organes ?

Le Collyrium penicillum était un collyre fait avec des éponges, comme son nom l’indique et comme nous le dit le cachet de Caius Cintusminius Blandus :

Caii Cintusminii Blandi spongia lenis.

Collyre de Caius Cintusminius Blandus à l’éponge douce.

Si l’éponge servait à fomenter les yeux, elle servait aussi de base à des collyres, après avoir été réduite en cendres. Ces cendres servaient aussi dans la thérapeutique

générale : « La cendre d’éponge d’Afrique, dit Pline, avec » du suc de poireau et un breuvage de sel et d’eau froide, « est bonne pour l’hémoptysie. La même cendre en topique » sur le front, soit avec de l’huile, soit avec du vinaigre, » guérit la fièvre tierce ; l’éponge d’Afrique en particulier, » imbibée d’oxycrat, résout les tumeurs. La cendre de » toutes les éponges brûlées avec de la poix arrête le sang » des blessures. Pour les yeux on brûle les éponges dans » un pot de terre crue ; cette cendre est excellente pour les » granulations des paupières, pour les excroissances charnues » et pour tout ce qu’on veut déterger, resserrer, remplir : » pour cet usage le mieux est de laver la cendre ».

Enfin le cachet de Julius Docilae :

Lucii Julii Docilae penicillum authemerum ex ovo

ne constitue-t-il pas une preuve plus irréfutable que toutes les autres.

Le mot authemerum, du grec ATGHMEPON , se dit des collyres dont l’emploi se limite à un jour. Il existe toute une série de ces collyres qu’on pouvait à volonté rendre doux ou acre en les mélangeant à du lait, du blanc d’œuf ou à de l’eau. Le cachet de Paternus nous en fournit la preuve :

Lucii Caemii Paterni authemerum lene ex ovo, acre ex aqua.

Est-ce que l’usage des éponges destinées à laver les yeux ne pouvait durer qu’un jour? Qui le soutiendra? Pour nous, comme pour MM. Héron de Villefosse et Thédenat, le mot penicillum doit s’entendre du collyre à l’éponge destiné à la thérapeutique et non de la vulgaire éponge réservée à des soins de propreté oculaire.

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