‹ Les odeurs de ParisChapitre 41 sur 71 · SUB LES QUAIS · texte numérisé non relu

SUB LES QUAIS

poor wr. CSependant Alceste a faûon; mais tt n'ai raîson ({ne s'il s'agit de lui-même et d'Oronte. Il a tort lofsqWU s'agit de Yadim, de Trissoliii, de Molière (leqoel montra ÈÊHicerÈt), de nous tous qtii iabriqaonê œs petites choses et <pd sommes, hélast diversement contraints de les montrer.^

Bomme du monde, et ncm pas anlefir par profession, Ooronte ayant &it des efforts illégitimes d'esprit devient blâmable lorsqu'il en importune les gens. Il outrepasse son droit. Vadius et Triasotin, exercent le leur. En firéquentant Vadius et Trissotin, l'on sait à qu'on l'on s'expose. On se place de plein gré devant les meurtrières d'où jaillissent les rondeaux, les sonnets, les madrigaux, les ballades, les odes. Oronte est un traître; sa prétention est aussi insupportable que s'il imaginait de vous prendre mesure d'un habit. Ajoutez que n'ayant pas le droit de vous lire ses qua» torze vers, il peut cependant exiger que votre potitesse les admire. Le bon usage veut que vous écoutiez patieamient ce fâcheux, que vous lui lâchiez même quelq^ bout de compliment. Ainsi l'ennuyeux indiscret vous impose encore une sorte de mensonge.

Mais, grand Dieu! si M. de Rothschild faisait des sonnets et poussait la n^ jusqu'à vouloir être loné, et laissait entrevoir qu'il j saura mettre le prix, queQe presse à le supplier de se fidre entendre, et qu'Henriette eUe-mème aurait de peine à dire qu'elle n'écoute pas! Quand M. de Saint-Rémy, très-grand personnage S0U9 un autre nom, faisait jouer sur le théâtre d'un

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palais politique des « pièces » qui eussent été refttsées au théâtre de la foire, toute la fleur du monde se pâmait. Qui doutera que maint académicien n'ait mis M. de Saint-Rémy, parlant à sa perscmne, au-dessus de Molière? Hollvétius n'était que fermier général : il voulut rimer, Voltaire le mit au-dessus de Boileau.

Le pauvre Yadius, le pauvre Trissotin et moi, nous n'en sonmies point là. Nous nous mettons à Vmae en* tre nous, on est à Taise envers nous. Nous avons le droit de produire nos vers, chacun a le droit de fuir. — Monsieur Trissotin, bonsoir! Aujourd'hui je n'ai pas le temps.

Aucune loi de l'art ne défend au statuaire de sculpter des médaillons, au peintre d'histoire de faire des croquis et d'esquisser même des caricatures, au prosateur d'accoupler des rimes. Certaines pensées ne reçoivent leur véritable forme qu'en vers. Les rimes sont des dents, des ongles, des ailes. Tous les prosateurs l'ont senti, presque tous ont tenté quelque essai, rarement heureux, je l'avoue.

Ceux qui purent se garder le secret, et jeter au feu leurs vers mal contournés n'étaient pas, comme nous autres d'à*présent, assiqettis à la production continuelle. L'homme de lettres est devenu un personnage. J'y trouve des inconvénients, et entre autres odui-d, qjae la littérature est devenue un métier, même pour ceux à qui elle est une vocation. L'homme de lettres^

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installé personnage^ se voit condamné à' la gène ponr ne pas diie à rignominie de vivre de sa plume ; et le temps approche, s'il n'est d^à venn, où sa plume ne r le nourrira que {mut des travaux qu'il aimerait mieux i ne pas faire. De plus en plus il est forcé de choisir ; entre deux manières d'être, qui l'une et l'autre le di- ^ minuent sensiblement, tout personnage qu'il est. Ou il doit exploiter son talent, et il devient manœuvre; ou il doit le vendre, et il devient prévaricateur. Heureux qui saura opter courageusement pour le rude métier! Malgré les périls de la production trop abondante et les agonies de la pensée surmenée , le travail libre reste plus près de l'art.

Un très-bon gentilhomme, grand propriétaire, me disait : -~ Je ne sais pourquoi l'on me traite d'oisif, et pourquoi mon voisin Baudrillon , qui s'est enrichi dans le commerce des laines, me regarde conmie un citoyen inférieur. Je suis vigneron, bûcheron, meunier, charbonnier, éleveur, marchand de blé, de poisson, de volaille, fournisseur de gibier; je tiens aussi le porc, les œuis, le lait, les fruits, les légumes; je vends même des fleurs. Je bâtis, je défriche, je plante; je suis gendarme volontaire, médecin et pharmacien en dépit des lois. Excepté l'usure, je ne sais quel négoce et quel métier je ne fais pas. Ditesmoi pourquoi le voisin Baudrillon me méprise, et quelle gloire spéciale prétend-U de n'avoir vendu que des laines et agioté un peu?

Ainsi. fBDsait oe grand propriétaire. Je ne vois pas

povfoai jt ariWni» ie ViBriter. D«KHt les Baa éMmiqâiieliKmai^qBt&Tmi^kàe dermique, oaTar^ tiete tNBPftâkf, on rartkle mmte$i ou Paitide lUcravr^ me eonvrir de kius m^icis, îe cnltÉTe pertovi Bon petit duuBf , je récolte mène ks ieuettesi eC potmni que k denrée loîft saioe dane m foalilè isIMeuce, j'eavoie tout aa

Mai» eette coipataMon est ambitieufie. J'en prends une autre, ploa sortable à ma eonditioa.

J'ai lu qu'un soldat espagnol, ayant eu la main firacaaaée d'une arqueboflade, fut emmené captif chez de certains BariMresques, lesquels ne lui firent d'autres mauTais traitements que de le huer lorsqu'il passait, et de ne point le mettre au bagne, ce qui l'obligea de pourvoir aux nécessités de sa vie, à quoi il avait assez d'empêchement par sa main mutilée. Ne voulant pas mendier, ni embrasser la rdigion dominante, il imar gina de se munir d'une guitare , et d'aller par les pkces et lieux publics, chantant certaines chansons qu'il avait composées. Il chantait d'une voix âpre, et s'accompagnait sur la guitare assez rudement, de eette main jadis dressée à manier le fer. Néanmoins quet ques uns se plaisaient à ses cliansons et kn en achetaient des copies, et aaisi il parvint à vivre sans mendier et sans changer de religion. S'il eut tort, je suis àreprendre, car e'est à peu près ce que je fiôs. Quel-

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quexois les Barbaresques, surtout les alguazils, et il n'y en avait pas peu, se moquant, lui disaient: — N'as-tu pas honte, vieux soldat, de traîner une guin tare ? 11 leur répondait : — Laissez libre la main qui me reste, et vous me verrez «foire autre chose.

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tBS SAGES.

Entre ceux que j'aspire à ne pas voir souvent. Je compte des premiers ces amples personnages. Ces doctes et ces forts qui, pleins de verbiages, Tout la tête en arrière et le ventre en avant.

Je les trouve partout gonflés du même vent : Ils savent qu'ils sont gros, ils savent qu'ils sont sages. Et fiers de tant peser, épanchant des adages, Estiment de nul prix tout autre être vivant.

Enfermés dans le lard de la fortune faite,

Pour le juste et le vrai leur firoideur est complète.

Us sont placés, rentes, et rien plus ne leur chaut.

Par ma foi je m'en veux! mais j'ai des allégresses. Lorsque je pense au jour, dut-il être un peu chaud. Qui viendra fondre enfin ces glaces et ces graisses!

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