SIS
et lassé devant les mêmes ^>ectacles, q'ast pas plus content de ses bouffons que de ses grands hommes : il méprise et s'ennuie» Garel H y a quelque chose de plus lugubre que le rugissement du peuple, c'est son bâillement. Tout peut finir par un effroyable sommeil sur un effroyable dégât.
lE MARQtlS.
Je ne dis pas non, lien sera ce que Dieu voudra. U a pesé les repentirs et les endurcissements, les bons desseins et les actions mauvaises, les prières et les blasphèmes. Je m'en rapporte à ce juge, pour les nations de la terre comme pour moi. A diacun selon ses œuvres!... Mourir sur Giboyer serait uae vilaine mortl... Elle est possible et elle sera méritée. Pourtant, dans cette situation encore, je dis que l'auteur de Giboyer nous fait honneur et nous peut faire du bien. Il nous fait honneitf en nous diffamant, U est contraint dé nous diffamer, de pous montrer autres que nous ne sommes « et de nous rapprocher enfin de son héros povr nous abattre devant lui. Avec les caractères que l'observation lui pouvait fournir, à prendre les ehempions du « principe ancien > tels qu'ils sont, sa pièce n'était plus possible, pas plus qu'avec son
kéros ial qn'O est dans la natim. D a beau méMs- Itear et bafouer la neille vertu de Faneieii régime, il lui fkui un Giboyer qui tienne de cette ▼artu-là, et en qui la tutbiimne produise e^rtains elMft du ci-devani repentir; qui se fasse ptoe après aToir oublié six ans qu'il Tétait; qui ait ▼oMu même être époux, et qui n'en ait été empêché que par la mort de la plieuse ; qui soit laborieux, sobre, dévoué, tout ce que le Giboyer nêture ne saurait être, ne se soucie nullement d'être et n'est pas. Gela done ne peut que nous devenir utile, en nous prouvant cpie notre vieille vertu a eneore du bon, puisque Giboyer n'est présentable qu'à la oondition d'en porter au moins le reflet. Recueillona précieusement les vaticinations du plut réeeni {Mophète de la démocratie» et persttadons«ous bien que, malgré le discrédit dont les bonnétes gens paraissent firappés près de lui, il hni eneore leur ressemUer en quelque point pour obtenir ses hommages. Assurément le créate»p de Ifaalmilien Giboyer, ékvé pour devenir les dâiees du genre humain, -^ et pour avoeasser devant la Justiee, ou pour faire des travaux de lamirie à quarante francs la feuille dans un galetas, OQ pour servir de secrétaire au député Ma-
réchal, — assurément, dis-je, le créateur de ce bijou ne voudrait pas avouer qu'il méprise Fitx- James et La Bourdonnais, enseignes de vai»seau ; ou Crussol , Guitaut , et cent autres souslieutenants de cavalerie; ou Sabran, Bohan- Chabot, Gontaud-Biron , Puységur, Tounion, La. Quiche, de Maistre, Renneville, et tous les sol<tats du Pape que je pourrais nommer, quoique ces cléricaux, la plupart élevés par M. de Sainte- Agathe, soient mimis d'un père légitime. J'ima* gine aussi que Yogûé, quoique grand d'Espagne et absolument incapable de faire un discours contre le pouvoir temporel, ne lui paraîtrait pas trop hardi d'opposer son livre sur la Ten^e^Sainte aux travaux de librairie de l'enfant de GHJM>yer. Que vous dirai-je? je vais jusqu'à croire, enfin, que le Balaam de la démocratie, lorsqu'il siégera dans nos assemblées poUtiques, ne votera pas l'exclusion de quiconque aura épousé une femme avant d'en avoir postérité, ou n'aura pas laissé traîner n'im* porte où son fils unique, durant au moins six ans. Eh bien, avec cela et la première communion, nous pourrons nous soutenir et faire encore quelque chose. Nous pourrons du moins servir pour ensemencer la terre. Mon cher d'Aigranont, dus^
— Misions-nous borner là nos espérances, profilons des titnbations de Giboyer, et ne nous laissons point aller aux mœurs démocratiques. [Au cmnte,] Yous surtout, mon cher enfant, qui verrez des spectacles probablement épargnés à mes yeux, — j'en ai d'ailleurs assez vul — gardez pur et préservez du charançon ce grain qui ne sera enfoui que pour couvrir la terre d'une moisson abondante...
LE COMTE
Soyez tranquille, mon oncle. Giboyer ne me séduit point et ne me fait pas peur. Sans trop présumer de moi, je me sens de cœur et même de taille à l'affronter partout.
GOUTUBIBR.
Nous ne mourrons pas seuls, et quelqu'un nous suivra t
Comte Hugues, quand vous étiez tout petit enfont, et moi tout petit directeur des forges de votre onde, qui s'obstinait à faire ma fortune, j'ai prédit qu'on ne vous empêcherait pas de porter le mousquet.
Aht çà, pourquoi ne nous fiilt-on pas dtner? [Il
80flfl€,)
MÀZUaUitZr, im.
Monsieur le marquis, ça y est.
Comment, ça y est?
MAXOCILON.
Eh bien, ça y est sur la table. C'est servi, quoit
ut QOSTl.
Il est ivre.
LB MAaoois.
Maximilien, vous ayez vu le père fliboyer aujourd'hui?
HAXllOXJEir.
Puisqu'il dit qu'il est mon père t..« Jen'en suis pas cause, moi.... Il âiut bien que je voie mon père, qui dit qu'il m'a donné mon éducation.
LE MARQUIS
Je TOUS ai commandé, toutes les fois que vous auriez vu le père Giboyer, d'aller vous coucher, et de ne paraître devant moi que le lendemain.
MAJUHIUEH.
Et mon service? H faut bien que je le fasse! Je ne veux pas voler mes gages, moi!...
LE MARQUIS
Vous le voyez, messieurs, partout les principes anciens. 0ht Giboyer n'en a pas fini! [A Maximilien,) Allez vous coucher. Et nous, messieurs, allons dîner. [Ils sortent.)
MAXUILltN, Mnl.
Ganaches !... — Néanmoins, que mon soi-disant père est un indiscret. Il me fait boire le soir ça m'expose... Et c'est encore moi qui paye!.. — Je ne trouve pas que ça soit bien.