‹ Les odeurs de ParisChapitre 69 sur 71 · DANS LES DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

DANS LES DÉPARTEMENTS

L'histoire de la mission de Giboyer dans les départements serait curieuse. J'espère que quelqu'un la fera. On y verra la destination future des muses approurées.

De tous les détails donnés par les journaux, il semble d'ailleurs résulter que, jusqu'à présent du moins, la province n'est pas mûre. Giboyer s'est montré à peu près partout, il n'a eu de grand succès nulle part. Deux ou trois représentations contestées , en certains endroits une demi-douzaine, et il a fallu lever le pied. Là où l'on ne s'est point battu, l'on a bâillé. Quand la police avait fait sortir les sifDeurs, l'ennui chassait le reste. Ainsi, asphyxié dans sa victoire, Giboyer est mort à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, à Tou-

louae, à Bennes ^9 à Lille. Dans cette donitee ville, la chute a été morne. Le préfet de Lille ne s'est point du tout si mal conduit que Ta prétendu M. Sarcey, et n'a iai^ nul obstucle au triomphe de Giboyer. On ne cite qu'un grand fonctionnaire qui ^ soit déçidéqi^nt pus en travers ; c'est le maréchal duc de Malakoff, gouverneur gâiéral de l'Algérie. D'après les journaux, il aurait dit aux amateurs de la comédie sociale : € Votre Giboyer « est un drôle. Je n'ai pas besoin qu'il vienne ici c insulter les honnêtes gens, et je lui ferme la < porte. Si voua B^tes paa eontenta, adressez- € voua h TEmpeieuf • i II fiiui evoiie que le yélé Saicey n'a point su cela, car je n'ai point owî dire qu'il ait tancé Malakoff.

A Ntmes, Tadmfaiistration a mérité les éloges du zélé Sarcey, autant qu'à Alger elle aurait justifié ses plaintes.

Uk pop^i^tion catholique de Nlm^i qui ^me

* Je trouve dans les journaux le détail suivant :

« A Rennes, le Fils de Giboyer ayalt été frénéUfjaeme&t lUIé au premier acte ; le préfel ayant faiteipulBer lee tifflenra, la pièee a pu tparober ; mMa e0 qui n'a plut marché du to«t, ce sont les réceptions préfectoralea. Le Jour suiyant, les aiUops de M. le préfet se trouvaient déserts. >

la grande majorité, ne voulait point de Oiboyer et menaçait de lui faire un mauvais parti. Naturellement , la population protestante lui réservait un accueil contraire. Il semblait bon d'éviter le conflit; c'était le désir des catholiques. Les plus pacifiques et les plus fermes parmi eux rappelaient que sous Louis-Philippe on avait interdit la représentation des BuguenotSy afin de ne point provoquer des protestations dangereuses pour la paix publique. Ces oonsidératicmg parurent puériles; l'administration , éprise de la belle littérature, tint bon, et Giboyer fut représenté.

Voici un récit où Vexactitude est aussi évidente qii^e la modération. Je l'emprunte à YOpinion du MHù journal catholique, rédigé par un jeune écrivain fort digne de cette tâche très-rude aujourd'hui.

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