‹ Les œufs de Paques de mes critiques, dialogues mêlés de vaudevilles [Pieces justifison, et sur l'Hermonie Imitative des langues Grecque, Latine et Françoise]Chapitre 36 sur 36 · ANCIEN PROVERBE · texte numérisé non relu

ANCIEN PROVERBE

Salant Itali , gemunt Hispanl , ululant Germant , C autant vero Galti.

XL me semble que notre Poésie héroïque est une espèce d'harmonie simple et continue , qui est encre le chant et le discours ordinaire. La mesure qu'elle garde religieusement la sépare de la prose , et la fait approcher de la musique. .... Ce qui produit une variété asser fréquente qui ne le cède gueres à celle des grands ▼ers latins. ( Avantages de la Langue Françoise sur la Langue Latine , par M» le Laboureur.)

Tu n'oubliras pas dans tes Carmes ( vers ) de représenter le battement de pied des chevaux , le cri des soldats froissés de piques , le brisement des lances ,

Paccrochement des haches , et le son diabolique dei canons et arquebuses qui font trembler la terre* . . . . . Je yeux bien t' avertir > lecteur, de prendre garde aux lettres , et feras jugement de celles qui ont plus de son et de celles qui en ont le moins. Car a , o , u , et les consonnes M B , et les S S finissant les mots , et /*

sur-tout les R R , qui sont les vrais lettres héroïques ,

font une grande sonnerie et batterie dans les vers

C'est un crime de lèze-majcsté d'abandonner le langage de son pays vivant et florissant , pour vouloir déterrer je ne sais quelle cendre des anciens. Je supplie trèshumblement ceux auxquels les muses ont inspiré leurs faveurs de n'être plus tant latineurs , ni grecanifeurs 9 comme ils sont plus par ostentation que par devoir , et de prendre pitié , comme bons enfans de leur pauvre mère" naturelle. ( Ronsard , dans la Préface de ta Henrîadc.)

Dans quelque genre que ce soit , dès qu'on écrit en vers » il faut que le Poète se retrouve , & se fasse sentir même en se cachant. Quoi 1 n'est-ce donc plus un art , que cet accord heureux qui doit se trouver entre la pensée et le mouvement du vers , entre le sentiment et le son ?N'y a t-il pas quelque mérite à varier lamesure des vers et la chute des rimes , de manière à produire des'effets ? N'y a - t - il pas une harmonie pour tous les genres ? ( (Euvrts de M» de la Harpe ,

7« y, pag. 4410

. tes Grecs et les Latins avoient une harmonie élémentaire , qui résidoit dans leurs Syllabes et leurs termi-

* naisons. Nous avons une harmonie accidentelle , née du concours de mots heureusement choisis et artistement combinés. ( Tome 6 , page 3 ji. )

Nos bons Poètes, ceux qui, par l'arrangement et la combinaison dés mots , en ont su tirer le plus d'harmonie , ceux enfin , qui ont mieux connu le mécha* nisrae , de notre langue poétique , ont évité le style sententieux et décousu. ... Il a'est point d'harmonie sans nombre , et sans un certain. luxe d'expression. Le coloris naît de la pompe et de la richesse des mots. { Colardtau , dans sa Préface du Temple de Guide, )

• L'art de peindre par les fins caractérise les grands Poètes , et manque à Ovide. .... Notre langue maniée avec adresse , subjuguée par le travail , peut descendre sans bassesse aux objets les plus communs. Elle peut Peindre presque cour par des images , des sons ou des mouvements. {De Lille , Préface des Giorgiques.)

Si j'avois voulu imprimer ici tout ce qui se trouve epars dans nos bons auteurs , concernant l'harmonie imitative de notre langue , mes pièces justificative» outre-passeroient la grosseur d'un volume ordinaire» Je me trouve donc- forcé de renvoyer mes lecteurs aux auteurs qui ont écrit sur cette matière. J'aurois voulu pouvoir joindre aux plaidoyers du Sigma contre le Tau

t7îl le dialogue comique et instructif ât* lettrerde l'alphal»cc par d'Abîaocourt , Auteur rais i côté 4c Patrufat J&oileau lai- même. J'aurois voulu pouvoir y joindre le dialogue de ces mêmes lettres par M. de Watlly 9 qui ir*a pas cru pouvoir mieux faire » que de donner cette forme amusante à des vérités grammaticales, J'aurois voulu pouvoir y joindre l'ouvrage entier de Priscien die accldentlbus Liturarum , les ouvrages de M. Court de Gebelin , et les réflexions ingénieuses de Marmontel dans sa poétique , sur la valeur des lettres. J'aurois voulu pou* voir joindre au tableau des lettres pài A us o ne , le petit poe'me atrribué à Virgile sur l'Y , à la complainte des lettres qui ne peuvent entrer dans le nom de Monsieur de Neuf-germain , par Voiture » la requête burlesque des consonnes à une actrice qui ne prononce pas bien , par le Cousin Jacques &c. &c. &c. Toutes ces pièces concourent à prouver que depuis le genre sérieux jusqu'au genre bouffon , les lettres de l'alphabet ont été personifîées par d'autres que par moi.

Quant au système de l'harmonie imitative en général , ceux qui désireront puiser les autorités dans les sources mêmes*, feront bien de lire les dixième et douzième

livres de l'Orateur de Quintilien , les articles de l'encyclopédie , harmonie imitative , 6* onomatopée , l'excellent traité de la conftru&ion oratoire , par M. l'abbé le Batteux, et enfin le traité lumineux de M. de Chabauon sur la musique considérée dans ses rapports avec la pa* rôle, les langues et la poésie.

C74Ï tf. B. Il est tems que je finisse mes Notes. "Elles

ne concilieront à ce titre , les censeurs de bonne foi. L'Esprit des Journaux crue l'Année Littéraire t induit en erreur , me rendra sans doute sa bienveillance , et je le paierai de retour , ainsi que le Mercure , les Affiches de M. de F * * * * , le Journal de Nancy, &c. Quant à ceux qui tiendront rancune , ils peuvent faire des calembourgs sur mes au/s de Pâques.

Ait : Avec Us jeux dans le F"dlage*

A la loupe de la critique , Ils vont tous les mirer de près.

En les voyant dans la boutique.

Ils diront qu'ils ne sont pas frais ; Mais de les digérer , je pense , Plusieurs d'entr'eux ne sont pas sûrs , Mes œufs sont selon l'ordonnnance * Qui dit œafs rouges , dit œufs ducs.

f.O S T-F ACE.

A Messieurs les Journalistes de Paris 9 des Petites Affiches , de l'Année Littéraire , &c. &c m &c.

JCiH bien! Messieurs, lecture faite de ce petit ouvrage, quel parti prendrez- vous ?

L'annoncerez- vous ou ne l'annoncerez-* vous pas i Vous piquerez-vous ou non d'impartialité? Vous me devez, en bonne confeience, une réparation authentique; & dans le cas où il vous prendroit un juste remords de n'avoir pas iaiicé les Journalistes de Province , les Annonces &. Avis divers , le Mercure , le Courier Lyrique 9 VAlmanach Littéraire , &c. dans leur honêteté et leur indulgence , j'oserois vous engager à copier tout simplement le protocole que voici :

« Les bornes de nos feuilles ne nous » avoicnt pas permis de juger le poëme de *> M. de Piis, avec toute la réflexion qu'un » ouvrage de cette nature exigeoit. Peut* » être avons nous poussé trop loin la sévé- » rite , en lui faisant un reproche des imi- » carions affectées qu'on est convenu de » tout teins d'admirer dans les Auteurs » grecs & latins *, on doit lui savoir gré » du motif qui lui a fait s'impofer une pa* p rcille tâche» Il vient de nous prouver 9 pat • des dialogues dans le genre gai, qu'il n'a %» rien fait sans autorité* Nous avons en » conséquence relu ledit poëme, &nous » en avons trouvé l'exécution conforme » aux principes de la saine littérature* » Notre plus grand tort est d'avoir décrié w cet ouvrage sans avoir eu égard à son » sujet qui eft patriotique ; d'avoir refusé . •» à l'Auteur , toute espèce d'insertion de •» lettre justificative, parce que les Jour- » naux doivent être à charge & à déchar- » ge * au surplus , nous promettons à

n l'Auteur que nous examinerons sts riou* » velles productions avec un peu plus de » circonspection, & sans nous souvenir » aucunement des remontrances vives 1 !

» mais enjouées , qu'il vient de nous faire, » &c. &ç. &c &c. &c. »

. Je prévois qu'il en coûteroit à votre amour-propre ( c'eft sur-tout à l'Année Lit* téraire que je parle ) d'imprimer un pareil désaveu ; dans ce cas-là , voici une autre formule que vous serez libre d'adopter * mais sans que le Public en soit la dupe :

« La réponse de M. de Plis est une véri- » table diatribe; on ne traite point des » Juges infaillibles de cette manière ! ETail- » leurs , que prouvent des couplets ? Nous » nions qu'il y ait joint de l'érudition Se » des raisonnemens ; défense de lire la- » dite apologie de peur de nous trouver 9» en mensonge. 'Nous nions que cette ba- » gatelle soit plaisante & fasse rire. Nous

d nions que Lucien , Quintilien ; Rollîn j 9i de Belloi , Clément, Racine le fils, » Marmontel, la Harpe, Colardeau, &c.

» &c , aient jamais dit ce que M. de Piis- » a imprimé à la suite de ses dialogues. Il » y a mieux : nous revenons sur le peu de » bien que nous avions mêlé dans le tems » à notre critique de ce poëme 3c de notre » pleine puissance , nous le déclarons en » totalité pitoyable , déteftable , digne de m Chapelain, &c &c. ; (ici des injures ad ^Ubitûtn. On pourra consulter le Dictionnaire à l'usage de l'Année Littéraire.) » Nous nous étions retenus dans noure » premier examen ; mais, puisqu'il y met » dePentçtemcnt, nous prouverons qu'il » n'y a pas une virgule imitative dans tout » son ouvrage. De plus, nous jurons, dès » qu'il paroîtra un nouveau volume de » M.dePiis , de ledéchirersans rémission.

» Nous transmettrons notre colère & » notre serment à nos successeurs, &c » notre cri de guerre sera , dès qu'il im-

» primera la moindre pièce ( fût-elle même

» fugitive ) , a. moi , libellistes , critiques , tn- » vieux , sacyriques, &c. y Exinanite, exina- » nitt, usqut ad fu.niamem.um in ta. »

m,--xf

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