ROLLIN
ce J'ai employé 40 pages dans ,1e pre- » micr volume de mon Traité des Etudes , * p à donner en prose , et relativement à
* Voyez les Pièces Justificatives a la fin du vol.
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» Virgile et à Homère > les mêmes pré* » cepfles que M, 4e Fils a4oimés en yers , *> retervemen* à la poésie fran-çoise. J'ai •» fiût tm artk-ie Trietessc , crû j'ai dit » q«e la tristesse ^tant à f âme ce que les w maladies sont au -corps , il faut aux vers » tristes de grands mots , qtû leur donnent to de la lenteur oc de la pesanteuT. J'ai y> fait un article Joie , où j'ai dit que les » sentimens vifs , précipités, rapides, exi- » geoient la rapidité du style. J'ai fait un » article Douceur , où j'ai dit , on choito «ira les mots o$ iî«V«trepr«squéque'<ie$ » voyelles , «qui forment ^très-peu de ïet* o» rres , -et dont lc« consonnes soient douces" » et coulantes. On évitera les syllabes com- » posées de plusieurs consonnes , les éli- » stbns dures , les lettres rudes. J'ai cité y> des vers de Virgile , où les L sont mul- » tipîiées à dessein. J*ai fak tin article y> Pureté 9 où j'ai dit^ pour faire sentir la » dureté , on préférera les mots qui com- * mencent et unissent par des R > comme
tîïl;
» rigor, rimantur; Us mots où let R «ont » redoublées 7 çommtfirri , jirrjju Ou env* » ploiera les consonnes rudes , comme FX , » axis, comme l'H aspirée, trahat ; on se 3» servira des motr formés par l'assemblage » 4* plusieurs consonnes , jmçtQs 9 fractps f a» rostris. J'ai analyséde la sorte les beautés t> imitativesd'Homcrc; et, parce queM» de » Piis, pénétré des bons principes de la lifter ?> rature grecque et latine , a eu le courage s» d'en faire Tapplication à la langue franp çoise , j'ai à la fotl le déplaisir de voir 9 croiser son opinion et la mienne. Vrai** ?> ment , il sied bien à Monsieur £e trou»
» Mer ainsi la cendre des morts, et de dire 7> qu'il est ridicule ** puérile d'ordonner » gravement de multiplier les A , &c. Je » suis donc ridicule , moi ! je suis donc 9» puérile* Qu'il suspende sa twble fonc* i» tion de critique , qu'il emprunte moa 3> Traité des Etudes ft quelqu'un de sej » écoliers , qu'il transcrive h$ 40 pages* 93 dont jeviensdeluUppfeniIfelasu)>stuicjo«
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» C'est à la considération de M. de Piif » qu'il en sera quitte pour ce pensum.
' r> Aio , Rollin , antiquus Hector* »
l'Envoyé de l'Année Littéraire.
- a Comme il n'y a. point de règle pour 99 trouver de beaux chants , il n'y en a point » pour enrichir le discours d'images ce » d'expressions pittoresques.»
Vous faites le raisonneur j parce que Rollin est parti ; mais il n'est pas encore si loin , que je ne puisse le rappelier.
Prenez - y garde ; vous dites qu'H n'y a point de règle pour trouver de beaux chants , et qu'il n'y en a point pour enrichir h discours d'images. Cela est vrai jusqu'à un certain point ; mais comme il y a des règles pour trouver de beaux accords , il y en a de même pour trouver des expressions pittoresques. Le choix des images , ou plutôt leur succession.,, constitue la mélodie
de la poésie , comme la succession des sons constitue la mélodie musicale. Mais le choix des expressions est aux vers , ce qu'est l'harmonie au chant principal.
AiR; Avec les jeux dans le village.
Vous souvient-il d'un mot technique t Vous l'employez tout de travers* >>
Pourquoi toujours parler musique > Quand il ne s'agit que de vers l C'est une petite manie Qui vous fera le plus grand tort; Vous voulez parler d'harmonie , Et vous n'êtes jamais d'accord.
l'Envoyé de l'Année Littérairi;
aIL
ce C'est au poè'te à. combiner les sons y> de la manière la plus propre à imiter t> là nature des objets dont il parle. »
Quelle contradiction ! S'il n'y a point de règles pour enrichir le discours d'expressions pittoresques , comment pourra* t-on combiner des sois de la manière la
Ciij
plut propre à imiter la 'nature des objet* dont oti parle t Cest au génie qtfïl afM partient de réussir; mais , comme il a fallu tracer les règles de tous les arts , d'après les chef- d'oeuvres qu'ils avoient enfantés , pourquoi ne procéderoit-on pas en matière d'harmonie imitative , d'après des règles calquées sur les tatvrages de nos grands poètes. Je vous dirois bien que vous n'êtes pas conséquent dans ces deux phrases , et que vous ressemblez au satyre de la Fontaine , qui souffloit le froid et le chaud ; mais j'ai déjà eu occasion de vous comparer à lui. D'un satyre à un critique , il n'y a que la main.
l'Envoy£ de l'Année Littéraire.
Ecoutez ces vers :
Que le style soit doux , lorsqu'un tendre zéphire A travers les forêts s'insinue et soopire »
Qu'il coule avec lenteur , quand de petits ruisseaux Roulent tranquillement leurs languissanres eaux ; Mais les vents en furent , la mer pleine de rage , Font-ils d'un broh affreux retentir h rivage ?
Le vos , comme un «ratent , en fponiaat , doit
marcher.
Qu'Ajax soulevé et lance ni» énorme rocher ; Le vers appesanti tombe arec cette masse.
Voyez-vous des épis effleurant la surface y
Camille dans un champ , qui court , voie et fend
air,
La Muse suit Camille , et part comme un éclair.
a Toute la doctrine de Pftarmonie » imitative est renfermée dans ces vers , a> qui auroient dû détourner M. de Fiis » d'en délayer la substance dans un long a» poëme. Vida a surapprocher et fondre » dans un morceau de sa poétique.» très* » artistement composé , les beaux exemples y> d'harmonie imitative qui se rencontrent » dans Virgile ; ce sont-là les seuls pré- » ceptes qu'il donne. »
l'Auteur.
De qui sont dose les vers que vous m'avez cités > ils ont le faire- de Boileau , mais je ne les trois pas de lui* M'y voilà :
ils sont extraits de ce fameux poème tra-
t4ol
du.it de Pope , par l'abbé du Resnel. Je m'en rappelle le début :
Mais ce guide trompeur , qui prompt à censurer,
Après de longs détours ne fait que m'égarer ,
Je lé hais d'autant plus qu'il me commande en
maître.
Tout n'est pas Despréaux , et chacun prétend l'être; Chacun content de soi , suit sa foible raison » Et des arts qu'il ignore ose donner leçon.
Cet âge si fécond , en pédans didactiques j A moins de sots auteurs que d'ignorans critiques*
Que vous êtes bon , Monsieur, de. me mettre sur la voie , quand il s?agit de vous dire vos vérités ! La tirade que vous m'aviez citée , est faite dans les principes d'imitation qui m'ont dicté mes vers; mais je ne vois point que toute la doctrine de l'harmonie imitative y soit renfermée.
Qu'auriez- vous dit , si j'avois hasardée vers ?
Le vers , comme un torrent , en grondant doit marcher.
. Vous auriez dit qu'un torrent ne marchoit point. Et si j'eusse mis quelque part:
Voyez- vous des épis effleurant la surface ; Camille dans nn champ qui court , vole et fend Tait;
Auriez- vous approuvé cette inversion ?
oh ! non y non , je vous connois ; vous auriez demandé plaisamment , comment des épies effieur oient une surface , et comment un champ pouvoit courir , voler et fendre l'air? De ce qu'il a plû à Vida défaire une poétique, avec les vers imitatifs de Virgile , artistement rapprochés , peut-on conclure raisonnablement que mon poème est inutile ï Vida insiste sur la nécessité de peindre par les sons dans la poésie latine.
Haud saris est illis utcunq: claudere versum Et res verborum propriâ vi xeddere claras.
Omnia sed numeris vocttm concordibus aptant f ' Atque sono quacumque canunt imitantur.
Cela veut -il dire qu'il ne faut point composer un poëme sur l'harmonie imitative !
l'Envoyé de l'Année Littéraire.
« Mais quel plaisant projet que celui
» de remplir quatre chants sans liaison te
* sans suite 2 »
Âh ! M. le Magister > voici du nouveau : qui veut prouver trop , ne prouve rien. Faites-vous cas de la judiciaire dts Petites Affiches? *
l'Envoyé de l'Aknée Littérai*!.
* « Assurément le Rédacteur est de sos .» amis. »
i'Autzvr.
A I R j. La lumitrcla plut p*r*.
Il dit avec bonhommic Que mon plan très- étendu ,
* C'est une Feuille où on ne pack qu'accidentellement , et pour le plaisir de dire du mal > des pièces de théâtre et dtt livres. Son objet direct est 'd'annoncer les biens et effets à rendre , &c. ote. Tous les gens d'affaires y sont abonnés de droit ; et quand la Critique Littéraire se donne les gants de rbultiplicr les Souscripteurs , c'est la mouche qui croit faite aller le coche.
Dans si «impie économie ;
N'cstjMittopaMl entendu;
Ce jugement authentique Me sert ici de soutien* Pans l'argot de la critique , N'est pas nul veut dire est bUtu
l'Envoyé di l'Année Littéraire.
« Oh ! mon Dieu , est-il possible que 9 mon confrère ait fait un pareil aveu I » Non , je ne U croirai jamais : mais , en » tout cas , ce n'est pas ce qu'il a dit de t» mieux. Car , qu'est - ce qu'un pôëme to didactique , qui ne présente pas une *> base d'instruction > »