II INTRODUCTION
un abus de mots. Qui dit style dit, proprement, le langage d'un écrivain considéré dans ce qu'il a de caractéristique ou de particulier pour la syrjtaxe ou pour le vocabulaire. Par là, tout style est imitable et il n'est point malaisé de pasticher l'écrivain qui n'a que du style. Ce qui rend au contraire Marot très difficilement imitable, c'est le tour original de ses idées et le naturel qu'il met dans leur expression.
Marot n'a pas de style à lui : il use de la syntaxe et du vocabulaire de son époque; sa langue, mélange de ce français rajeuni tel que le façonna la Renaissance et de certains mots archaïques, legs du Moyen Age encore proche, n'est pas une langue spéciale; c'est celle que tout le monde parle à la cour et à la ville. Seulement Marot a une façon si bien à lui d'envisager la vie et les faits, les choses et les gens; ce qu'il veut dire, il le dit, comme il le sent, avec tant de grâce railleuse ou de simple bonhomie, qu'il semble impossible, après l'avoir lu, de dire la même chose mieux ni autrement que lui.
Le naturel est tellement la qualité maîtresse de Marot qu'il est inférieur à lui-même aussitôt qu'il est contraint (Je rimer à jour fixe. Ce poète courtisan, valet de chambre du roi, pensionné