LE FROTTE
GROINQ DV SAQOVYN.
Auec fcholics expofantz lartifice.SCc.
Sagouin.
On le vend a Paris, en la rue S.Iacques a lenfeigne des trois Brochete»
Ce dessin se trouve à la fin du Frotte-Groing du Sagouyn.
Epiftrc refpon*
fiuc au rabais
de Sagon.
Enlcmblc vnc
Aultrc Epiftrc f aide par deux amyz de Clément Marot,
^# On les vent a Paris au mont faind Hilaire,dcuanc k Collège de Reims,
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BE DES CON aRS DE
ROVEN.
On les vend en b me faui^ lacqucs par Jehan M or m.
, M.D.xxxni.
41 6 Vie de Clément Marot.
moins des ferments de haine qui exercèrent sur le reste de la vie de Marot une influence néfaste. Cette querelle, en effet, n'était point simplement un débat d'amour-propre entre deux hommes.
Derrière Sagon, il y avait la Sorbonne et le Parlement : la Sorbonne, qui ne pouvait pardonner à Marot ses infractions aux lois de l'Eglise, ses propositions hérétiques et surtout ses railleries; le parlement, qui en voulait à Marot d'avoir dépeint dans son Enfer la Justice avec ses abus, et surtout d'avoir lu cette satire au roi. Voilà la clef de cette dispute, poétique en apparence, mais qui, en réalité, avait une origine politique et religieuse. Sagon fut l'instrument des représailles que la Sorbonne et le parlement cherchaient à exercer contre Marot. Sans cesse, dans ses vers, il s'efforce d'attirer son adversaire sur un terrain semé d'embûches; il lui reproche bien moins ses injures que ses faiblesses pour la Réforme, que son irrespect du parlement; il le provoque sans relâche à s'expliquer sur la question religieuse, comme sur ses paroles imprudentes contre le vénérable sénat qui siège au Palais. Marot a bien garde de s'aventurer à répondre; il s'obstine à traiter Sagon de méchant poète, à railler son style, à tourner en ridicule son pédantisme, mais, de la religion et de la Justice, pas un mot. Ainsi s'explique en partie l'indifférence calculée de Marot et le soin qu'il a de laisser ses disciples parler pour lui. Il devinait que des inimitiés terribles s'acharneraient contre lui jusqu'à sa dernière heure; en quoi il ne se trompait point.
On serait tenté d'assigner à la lutte une durée assez prolongée si on la calculait sur le nombre des vers que fit éclore la rage des combattants. Au vrai, la querelle Sagon- Marot est enfermée dans l'espace de deux mois. Les premiers coups furent portés vers la fin de juin ou le commencement de juillet iSSy; tout était fini au mois de septembre.