‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 128 sur 355 · Soufflé · texte numérisé non relu

Soufflé

'2. Mais.

Tant en effect griefve fut la poincture,* Et de malheur l'adventure si pleine Que le beau lys en print noire taincture Et les trouppeaulx en portent noire laine.

Sur l'arbre sec s'en complainct Philomène, L'aronde- en faict criz piteux et tranchans, . La tourterelle en gémit et en meine Semblable dueil; et j'accorde^ à leurs chants.

0 francs bergers sur franche herbe marchans, Qu'en dictes-vous ? quel dueil , quel ennuy est-ce De veoir sécher la fleur de tous nos champs! Chantez , mes vers , chantez : adieu , liesse !

Nymphes et dieux, de nuict, en grand destresse La vindrent veoir, et luy dirent : « Hélas , Dors-tu icy, des bergers la maistresse, Ou si c'est mort qui t'a mise en ses las ?

Las, ta couleur, telle comme tu l'as, jNous juge bien que morte tu reposes ; Ha , mort fascheuse ! oncques ne te meslas Que de ravir les excellentes choses.

Tant eust au chef* de sagesses encloses, Tant bien sçavoit le clos de France aymer. Tant bien y sceut au lys joindre les roses. Tant bien y sceut bonnes herbes semer!

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