‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 17 sur 355 · Par le souvenir · texte numérisé non relu

Par le souvenir

* 6. Et il n'y a pour moi qu'une femme , qui est toi.

• Que diray plus du combat rigoreux?

Tu sçais assez que le sort malheureux Tumba du tout sur nostre nation.

Ne sçay si c'est par destination ;* Mais tant y a que je croy que Fortune Désiroit fort de nous estre importune.

Là fut percé tout oultre rudement Le bras de cil qui t'ayme loyaulment : Non pas le bras dont il a de coustume De manier, ou la lance , ou la plume ; Amour encor le te garde et réserve, Et par escriptz veult que de loing te serve.

Finablement avec le Roy, mon maistre , Delà les monts prisonnier se veit estre • Mon triste corps, navré en grand souffrance. Quant est du cueur, long temps y a qu'en France Ton prisonnier il est sans mesprison.

Or est le corps sorty hors de prison ; Mais quant au cueur, puis que tu es la garde De sa prison , d'en sortir il n'a garde; Car tel prison luy semble plus heureuse Que celle au corps ne sembla rigoreuse, Et trop plus ayme estre serf en tes mains , Qu'en liberté parmy tous les humains.

Aussi fut prins maint roy, maint duc et conte En ce conflict, dont je laisse le compte ; ^ Car que me vault d'inventer et de querre En cas d'amour^ tant de propos de guerre?

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