Descendois
Allois cherchant les nidz des chardonnetz Ou des serins, des pinsons, ou lynottes.
Desjà pourtant je faisoys quelques nottes De chant rusticque, et dessoubz les ormeaulx Quasi enfant sonnoys des chalumeaulx.
Si ne sçauroys bien dire ne penser Qui m'enseigna si tost d'y commencer, Ou la nature aux Muses inclinée , Ou ma fortune, en cela destinée A te servir. Si ce ne fust l'ung d'eulx. Je suis certain que ce furent touts deux.
Ce que voyant le bon Janot^ mon père, Voulut gaiger à Jaquet^ son compère Contre un veau gras deux aignelletz bessons-^ Que quelque jour je ferois des chansons A ta louenge , ô Pan dieu tressacréî Voyre chansons qui te viendroient à gi'é. Et me souvient que bien souvent aux festes En regardant de loing paistre noz bestes , Il me souloit* une leçon donner, Pour doulcement la musette entonner.
Ou à dicter quelque chanson ruralle Pour la chanter en mode pastoralle.
Aussi le soir, que les trouppeaulx espars
i. Janot, Jean Marot, dit une manchette du texte.
2. Jaquet, Jacques Colin, d'Auxerre, homme savant à qui sa position à la cour permit de prendre à l'égard des gens de lettres une position ae Mécène, H fut secrétaire et lecteur de François I", le protecteur et l'ami de tout ce qui étoit illustre alors et en quelque sorte le précepteur d'Amyot.