‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 290 sur 355 · Il avoit l'habitude · texte numérisé non relu

Il avoit l'habitude

Estoient serrés et remis en leurs parcs, Le bon vieillart après moy travailloit, Et à la lampe assez tard me veilloit, Ainsi que font' leurs sansonnetz, ou pyes, Auprès du feu bergères accropyes.

Bien est-il vray que ce luy estoit peine; Mais de plaisir elle estoit si fort pleine Qu'en ce faisant sembloit au bon berger Qu'il arrousoit en son petit verger Quelcque jeunne ente, ou que téter faisoit L'aigneau qui plus en son parc luy plaisoit. Et le labeur que après moy il mist tant, Certes c' estoit affîn qu'en l'imitant, A l'advenir je chantasse le los^ De toy, ô Pan, qui augmentas son clos, Qui conservas de ses prez la verdure. Et qui gardas son trouppeau de froidure.

« Pan, disoit-il, c'est le dieu triumphant Sur les pasteurs, c'est celluy, mon enfant. Qui le premier les roseaulx pertuysa,' Et d'en former des flustes s'avisa.

Il daigna bien luy-mesme peine prendre D'user de l'art que je te veulx aprendre? Apren-le donc, affm que montz et boys, Rocz et estangs appreignent soubz ta voix A rechanter le haut nom après toy

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