‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 315 sur 355 · Remuer · texte numérisé non relu

Remuer

Dès qu'il la veoit , il mitigue et pallie Son parler aigre , et en faincte doulceur Luy dit ainsi :

u Vien-ça, fais-moi tout seur, Je te supply, d'ung tel crime et forfaict. Je croiroys bien que tu ne l'as point faict, Car ton maintien n'est que des plus gaillards ; Mais je veulx bien congnoistre ces paillards , Qui avec toy feirent si chaulde esmorche. * Dy hardyment; as-tu paour qu'on t'escorche? Quand tu diras qui a faict le péché , Plus tost seras de noz mains dépesché.

Dequoy te sert la bouche tant fermée, Fors^ de tenir ta personne enfermée?

Si tu dys vray , je te jure et promects Par le hault ciel, où je n'iray jamais, =* Que des enfers sortiras les brisées,* Pour t'en aller aux beaulx Champs Elysées , Où liberté faict vivre les esprits Qui de compter^ vérité ont appris.

Yault-il pas mieulx doncques que tu la comptes Que d'endurer mille peines et hontes?

Certes si faict. ^ Aussi je ne croy mye Que soys mentem*, car ta phizionomie Ne le dict poinct ; et de maulvais affaire "^ Seroit celluy qui te vouldroit meffaire!

Page 1