‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 45 sur 355 · Le trouble · texte numérisé non relu

Le trouble

ÉPITRES. 4o

Que le Drappier au Berger doloreuxJ

Si n'est-il loup, louve, ne louveton.

Tigre, n' aspic, ne serpent, ne luthon, Qui jamais eust sur moy la dent boutée. Si mon excuse il eust bien escoutée.

Avez-vous donc les cueurs moins damoyseaulx- Qu'aspicz, ne loups et telz gentilz oyseaulx ? Je croy que non. Par tout avez louenges D'humble parler et de visages d'anges, Et de ma part me semblent voz façons Sucre en doulceur, et en froideur glaçons. Si trompé suis, je dy que la couleuvre En voz jardins soubz doulces fleurs se cueuvre.

Certes je croy que vous cuydez, sans faincte. Que j'ay basty mes excuses par craincte. Bien peu s'en fault que ne dye en mes vers Propos de vous, qui monstre le revers.' Ma muse ardante aultre chose ne quiert. L'encre le veult, la plume m'en requiert; Et je leur dy que rien de vous ne sçay ; Mais Dieu vous gard que j'en face l'essay.*

IX'ay-je passé ma jeunesse abusée Autour de vous, laquelle j'eusse usée En meilleur lieu; peult estre en pire aussi ! Rien ne diray, n'ayez aucun soucy :

Et si ^ en sçay, bien je l'ose assurer,

\. Ne soyez pas si rigoreux

Au povre bergier doloreux.

(Farce de Pathelin.)

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