‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 47 sur 355 · Deux fils de François r"", alors prisonniers en Espagne · texte numérisé non relu

Deux fils de François r"", alors prisonniers en Espagne

Ou parlerois, usant de plus hault stile, De maint conflict cruel, dur et hostile, Où l'on a veu charger et presses fendre l»fostre bon roy pour vous aultres deffendre. Ce temps pendant que preniés voz délictz Sans nul danger, en voz chambres et lictz.

Ou compterois de luy maint grand orage , De grand fortune, et son plus grand courage Qui soubz le fayz n'a esté veu ployer.

Voilà les poinctz où vouldrois m'emploier, Sans m'amuser à rimer voz Adieux.

Et faictes-moy mines de groingz et d'yeux Tant que vouldrez; oncques ne prins visée Pour vous lascher ur> seul traict de visée, Et m'en croyez; mais les langues qui sonnent. Comme ung cliquet, tousjours le bruyt me donnent De tous escripts , tant soient lourdement faictz ; Ainsi soustiens de asnes tout le faiz.

Or estes-vous dedans Paris six femmes.

Qui ung escript tout farcy de diffames M'avez transmys, et quand aulcun se boute A l'escouter, luy semble qu'il escoute, En plain marché, six ordes harangères Jecter le feu de leurs langues légères Contre quelqu'ung : « Va, vilain farcereau, Marault, bélistre, yvrongne, macquereau! » Comme une pie en cage injurieuse.

En vostre épistre aussi tant furieuse.

M'avez reprins que je veulx faire bragues Dessus l'amour sans chaînes et sans bagues.*

I, Me vanter d'être aimé sans faire des présents, ou bien vanter l'amour

i8 ŒUVRES DE CLÉMENT MAROT.

(( Ha, dy-je lors, il fault que chascun croye Qu'à tout oyseau il souvient de sa proye; Voz grands faulcons, qui furent faulconneaux , Voilent tousjours pour chaysnes et anneaulx. »*

Puis vous touchez et les mortz et les vifz. Respondez-moy, pourquoy en voz devis Blasmez-vous tant feu mon père honnoré, Qui vostre sexe a tant bien décoré Au livre dict : Des Dames l'Advocate? * J'estimeroys la récompense ingrate, Si pour vous six eust travaillé sa teste; Mais il parla de toute femme honneste.

Non que sur vous je treuve que redire, Ainçois^ chascun vous doibt nommer et dire Avant la mort les six canonisées Ou, pour le moins, les six chanoynisées.

Quant au resveur, qui pour telz vieulx registres Print tant de peine à faire des épistres Encontre moy, pour tous les menuz droicts De son labeur, seulement je vouldrois Qu'il eust couvert de vous six la plus saine. 11 auroit beau se laver d'eau de Seine Après le coup ! Ha, le vil blasonneur, C'est luy qui feit, sur les dames d'honneur, Tous les Adieux! et vous six l'en priastes; Puis dessus moy le grand haro criastes, Sachans de vray que pour vous seulement On n'eust crié dessus moy nullement.

Et de bon heur prinstes ung secrétaire

qui dédaigne la générosité. Allusion à l'un des plus jolis rondeaux de Marot. i. La Vraye disant, Advocate des Dames. 2. Mais.

Propre pour vous. Oncques ne se sceut taire ^

De composer en injure et meschance;

Je le congnois. Or prenons aultre chance :

Je suis d'advis que veniez appoinctant.-

Quant au courroux, en moy n'en a point tant

Que, pour le bien de vous six, je ne veille,

Et, qu'ainsi soit, en amy vous conseille

Que désormais vostre bec teniez coy;

Car vostre honneur ressemble un g ne sçay quoy

Lequel tant plus on le va remuant.

Moins il sent bon et tant plus est puant.

Et quand orrez ces miens présens alarmes,^ Ayez bon cueur et contenez voz larmes Que vous avez pour les Adieux rendues.

Las, mieulx vauldroit les avoir espandues Dessus les piedz de Christ, les essuyans De voz cheveulx et voz péchez fuyans, Par repentance, avecques Magdelaine.

Qu'attendez-vous? Quand on est hors d'alaine, La force fault. Quand vous serez hors d'aage Et que voz nerfz sembleront ung cordage. Plus de voz yeux larmoyer ne pourrez.

Car sans humeur seiches vous demourrez; Et quand voz yeux pourroient pleurer encores, Où prendrez-vous les cheveulx qu'avez ores, Pour essuier les piedz du Roy des cieulx ? Croiez qu'à tel mystère précieux Ne serez lors du Bon Ange appellées, Pource que trop serez vieilles pellées;

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