POUR PIERRE VUYART A MADAME DE LORRAINE
Je ne l'ay plus, libéralle princesse, Je ne l'ay plus, par mort il a prins cesse . Le bon cheval que j'eu de vostre grâce. IN'en sçauroit-on recouvrer de la race?
Certainement, tandis que. je l'avoye, Je ne trouvois rien nuysant en la voye. En le menant par boys et par taillys Mes yeux n'estoient de branches assaillys. En luy faisant gravir roc ou montaigne Aultant m'estoit que trotter en campaigne. Aultant m'estoit torrents et grandes eaux Passer sur luy, comme petis ruisseaux ; Car il sembloit que les pierres se ostassent De tous les lieux, où ses piedz se boutassent.
Que diray plus? onc voyage ne feit Avecques moy, dont il ne vint proufict. Mais maintenant toutes choses me grèvent, Branches au boys les yeux quasy me crèvent