‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 53 sur 355 · I. Renée de Bourbon, femme du duc Antoine de Lorraine · texte numérisé non relu

I. Renée de Bourbon, femme du duc Antoine de Lorraine

Car le cheval que je pourmaine et maine Est malheureux et brunche en pleine plaine. Petis ruisseaux, grans rivières luy semblent; • Pierres, cailloux en son chemin s'assemblent; Et ne me donne en volages bon heur.

0 clame illustre, ô parangon d'honneur, Dont* procéda le grand bon heur secret Du cheval mort, où j'ay tant de regret? Il ne vint point de cheval ne de selle; J'ay ceste foy qu'il procéda de celle Par qui je l'euz. Or en suis desmonté, La mort l'a pris, la mort l'a surmonté; - Mais c'est tout ung, vostre bonté naifve Morte n'est pas; ainçoys est si tresvive Qu'elle pourroit non le résusciter, Mais d'ung pareil bien me faire hériter.

S'il advient donc que par la bonté vostre Monseigneur face un de ses chevaulx nostre, Treshumblement le supply qu'il luy plaise Ne me monter doulcement et à l'aise.

Je ne veulx point de ces doulcetz chevaulx. Tant que pourray endurer les travaulx; Je ne veulx point de mulle, ne mullet. Tant que je sois vieillard blanc comme laict; Je ne veulx point de blanche hacquenée. Tant que je soys damoy selle attournée.-

Que veulx-je donc? ung courtault furieux, Lng courtault brave, ung courtault glorieux. Qui ait en l'air ruade furieuse.

Glorieux trot, la bride glorieuse.

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