A MONSEIGNEUR LE CHANCELIER DUPRAT
Si ofliciers en l' Estât ^ seurement Sont tous couchés, fors le povre Clément Qui corne ung arbre est debout demeuré, Qu'en dictes- vous, prélat treshonnoré?
Doit son malheur estre estimé offence?
Je croy que non et dy pour ma défence: Sy ung pasteur, qui a fermé son parc , Trouve de nuict, loin g cinq ou six traicts d'arc. Une brebis des siennes esgarrée, Tant qu'il soit jour et la nuict séparrée,^ En quelque lieu la doibt loger et paistre. * Ainsy a faict nostre bon Roy et maistre : Me voyant loing de l'Estat jà fermé, Jusques au jour qu'il sera deffermé.
Ce temps pendant, à pasturer m'ordonne.
1. Je donne cette épître d'après une pièce manuscrite qu'a bien voulu me confier M. le marquis du Prat, et qui est conservée dans les archives de la maison du Prat comme étant la lettre même que Marot présenta au chancelier.