Il n'est rien demeuré excepté
76 ŒUVRES nE CLÉMENT MAROT.
Si je ne puis au printemps arriver,
Je suis taillé de mourir en y ver,
Et en danger, si en yver je meurs.
De ne veoir pas les premiers raisins meurs.
Yoilà comment, depuis neuf mois en çà, Je suis traicté. Or ce que me laissa Mon larronneau, long temps a, l'ay vendu, Et en sirops et julez despendu.
Ce néantmoins ce que je vous en mande N'est pour vous faire ou requeste , ou demande Je ne veulx point tant de gens ressembler, Qui n'ont soucy aultre que d'assembler; Tant qu'ilz vivront, ilz demanderont eulx, Mais je commence à devenir honteux Et ne veulx plus à voz dons m'arrester.
Je ne dy pas, si vbulez rien prester, Que ne le preigne. Il n'est point de presteur. S'il veult prester, qui ne fasse ung debteur. Et sçavez-vous, sire, comment je paye?
(Nul ne le sçait, si premier^ ne l'essaye.) Vous me debvrez, si je puis, de retour, - Et vous feray encores un bon tour :
A celle fin qu'il n'y ait f'aulte nulle , Je vous feray une belle cédulle A vous payer (sans usures, il s'entend). Quand on verra tout le monde content:
Ou si voulez, à payer ce sera, Quand vostre loz et renom cessei-a.
Et si sentez, que soys foible de reins Pour vous payer, les deux princes Lorrains^