PIERRE S A N X A. Y DIT
SALUT
Par tous les siècles passez, Nature mère des choses, De ses thrésors amassez, Les portes a tenu closes.
L'homme comme un jeune enfant Sans grâce et intelligence, N'a fait geste triomphant, N'œuvre beau par excellence.
Hercules, ou comme on dit, Les neveux du premier homme, De dresser ont eu crédit Une, et une autre colomne.
La Grèce a receu l'honneur De quelques Cariatides :
L'Egypte, pour la grandeur De ses hautes Pyramides.
Du sépulchre Carien, N'est esteinte la mémoire :
L'amphithéâtre ancien Couronne César de gloire.
Mais cela n'approche point Des rustiques Figulines, Que tant et tant bien à poinct, Et dextrement imagines.
A chacun œuvre il faloit ' Mille milliers de personnes :
Mais le plus beau n'esgaloit Celuy que seul tu façonnes.
Le plus beau a bien esté Enrichi par éloquence :
Le tien a plus de beauté, Que la langue d'élégance.
Les anciens, qui nombroyent Sept merveilles en ce monde, La tiene veuë, ils diroyent Que nulle ne la seconde.
Appelles a eu le pris En bien peindant sur Parrhase, Parrhase sur Xeuzis :
Ton pinceau le leur surpasse.
Le rocher haut et espais Ne distille Peau tant claire, Que celuy là que tu fais, Jettra Teau de sa rivière.
Un Architas Tarentin Fit la colombe volante :
Tu fais en cours argentin Troupe de poissons nageante.
Les ranes en un estang, Ne sont point plus infinies :
Mais leur coax on n'entend, Car elles sont sériphies.
Mégère au chef tant hydeux Portoit les serpens nuisantes :
Mais toy non moins hazardeux, Les fais par tout reluisantes.
Le lizard sur le buisson N'a point un plus nayf lustre, Que les tiens en ta maison D'œuvre nouveau tout illustre.
Les herbes ne sont point mieux Par les champs et verdes prées, D'un esmail plus précieux, Que les tienes diaprées.
Le froid, l'humide, le chaud, Fait flestrir tout autre herbage :
Tout ce qui tombe d'en haut, Le tien de rien n'endommage.
Je me tairay donc, disant.
Que ta meilleure nature, D'un thrésor riche à présent Nous donne en toy ouverture.
A Dieu.