‹ Les œuvres de Clement Marot de Cahors en QuercyChapitre 3 sur 67 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

imposé ou seulement d'après un canevas préparé, l'effort paralyse sa plume. Tel est l'homme, tel le poète; impatient de tout joug, rebelle à toute contrainte.

Ses pièces sacrées elles-mêmes sont ternes et grises, encore qu'il y mette son cœur de néophyte, parce qu'il s'applique en même temps à respecter les dogmes de la religion nouvelle et à garder certaine tenue de style qu'il juge noble et mieux adaptée à son sujet. Un exemple typique est le Sermon du bon pasteur et du mauvais : tant que Marot y parle du bon pasteur et nous vante ses vertus, il traîne et sa phrase lourdement chemine; mais s'agit-il de peindre le mauvais pasteur avec ses vices, toutes les vieilles rancunes amassées par le poète contre les gens d'Église, ses persécuteurs, lui remontent au cerveau et fouettent sa verve qui renaît, alerte et cinglante. Même observation pour le Balladin, dont la lecture morose n'est relevée que par le passage, vraiment éloquent, où Marot, lâchant la bride à son imagination, nous dépeint la « belle Christine », c'est-à-dire la Réforme, non point telle qu'elle est, mais telle qu'elle apparaît à sa rêverie de poète et parée de toutes les grâces.

Où Marot est réellement hors de pair, c'est quand il sollicite pour lui-même un don d'argent

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