VIII INTRODUCTION
si baroques, de VÉpistre au grand Maistre de Montmorency :
Il eft bien vray qu'il y a des orties, Mais ce ne font que celles qui picquarent Les mufequins qui de moy fe mocquarent,
ne sont que des affectations de la prononciation parisienne, empruntée au dialecte bourguignon. On les trouve déjà chez Villon et chez Jean Marot; on les retrouvera chez Rabelais et chez Montaigne (i).
Chose curieuse : les qualités de Marot, si fort prisées de son temps même et auxquelles on se plaît aujourd'hui à rendre justice, ne suffirent point à assurer son renom dans la postérité, du moins dans la postérité immédiate.
A peine mort, Marot est négligé. A cause de sa simplicité, sans doute. Gomment, en effet, ceux qui prônent Ronsard et son école, ceux qui s'engouent de leur grandiloquence, de leur vocabulaire frisant parfois l'extravagance, comment ceux-là ne dédaigneraient-ils pas Marot? En i55o, il est déjà démodé. Quelques érudits défendent bien sa mémoire de l'oubli total : Henri Estienne parle de lui avec éloges; Pierre
(i) Voyez Ch. Nisard, Étude patois de Paris et de sa bansur le langage populaire ou lieue, p. i35-i38.