INTRODUCTION. VII
l'ancienne langue, l'autre d'usage courant, plus volontiers il se décidera pour l'ancienne; il parlera par exemple des grands roches hautaines et des grands froides montagnes, restituant à l'adjectif grand sa forme surannée, unique pour le masculin et le féminin. Ses démonstratifs, adjectifs ou pronoms, seront tantôt les démonstratifs encore usités aujourd'hui, tantôt des cil, des iceluy, des cestuy qui n'avaient plus guère cours à son époque. Dans ses verbes, il veut ignorer la désinence et il écrit : je vous pry, je voy, je dy, jefay (indicatif présent); jefu, jevey (passé défini) ; Dieu vous gard, il faut que scellons, afin que vous sçache^ (subjonctif présent). Plusieurs substantifs, déjà féminisés au xvie siècle, sont par Marot remis au masculin : le mien affaire, un gros erreur, le hault œuvre; inversement, il dit au féminin : Y amour vaine, en ta duché, avec ma guide, etc., etc.
Il serait fastidieux d'énumérer au long les autres particularités grammaticales ou syntaxiques que l'on peut relever dans l'œuvre de Marot. Aussi bien, répétons-le, ces particularités ne sont presque jamais propres à Marot, mais lui sont communes avec la plupart des écrivains, ses contemporains. Certaines bizarreries mêmes, telles que ces désinences en arent,